Créer une entreprise n'est jamais évident, passer au travers de sa première année d'activité encore moins. Pour nous, plusieurs compagnies reviennent sur leurs douze premiers mois d'entrepreneuriat et se confient sur leurs échecs, mais aussi leurs aspirations, tout en offrant quelques conseils au passage. Aujourd’hui, on donne la parole aux fondatrices de CREACO, une plateforme web qui permet de magasiner ses ateliers créatifs.

Lancée en janvier 2018 par Joannie Morneau et Claudia Désilets, la plateforme CREACO était tout d'abord un moyen rapide de se retrouver dans l’offre d’ateliers créatifs à travers le Québec. Toujours en défendant des valeurs écoresponsables et durables, l’entreprise a évolué, faisant son chemin dans l’univers du marché local et rassemblant une belle communauté créative. Rencontre.

📸 (Re)découvrez nos photos du lancement de CREACO. 📸

Atelier CREACO. Crédit: Claudia Désilets.

Atelier CREACO. Crédit: Claudia Désilets.

Une phrase pour résumer les débuts de votre compagnie?

On les résume plutôt en 6 mots: intense, excitant, stimulant, passionnant, formateur et challengeant.

Après un an en affaires, comment votre perception de votre compagnie et de votre projet a-t-elle évolué?

Au départ, le projet était très axé sur les ateliers créatifs. On voulait apporter une solution à un problème que nous avions, soit de trouver facilement des ateliers dans notre région. C’était une idée d’entreprise créative, mais avec le temps, cette simple idée s’est transformée en «mission de vie». 

Au fil des rencontres, on a réalisé que notre projet était beaucoup plus profond et qu’il avait un réel impact positif sur la société. Toute la conscientisation qui se fait à travers les ateliers, dans diverses industries, est tellement importante. Quand les gens participent à un atelier, ils comprennent non seulement le temps et l’expertise nécessaire à la production d’un bien, mais ils s’instruisent aussi quant à l’histoire et aux enjeux qui touchent ces industries. On comprend beaucoup mieux la valeur et le prix d’un bien local après avoir participé à un atelier offert sur CREACO. Les créateurs conscientisent les gens à la valeur du fait main et à l’importance de l’achat local. Après un an, on se rend compte qu’on a bâti une entreprise qui a évolué avec des valeurs qui nous rejoignent à 100%.

Quelle est la chose la plus importante que vous ayez apprise pendant la première année?

Les contrats… Malgré la confiance que l’on peut bâtir avec des fournisseurs ou des partenaires, les ententes écrites doivent être ultra détaillées, pour le bien des deux parties. Il faut absolument inclure des clauses quant aux retards de livraisons possibles, car ça peut réellement nuire au bon développement de l’entreprise.

Atelier CREACO. Crédit: Claudia Désilets.

Atelier CREACO. Crédit: Claudia Désilets.

Est-ce que vos expériences professionnelles passées vous ont été utiles afin de bien diriger votre projet?

Totalement. Ça nous a permis de bâtir un réseau d’affaires intéressant. On avait des expériences, entre autres, en gestion de projets, en vente et en service à la clientèle. Mais ce qui nous a réellement aidés, c’est notre débrouillardise et le fait que l’on soit autodidactes et curieuses d’apprendre.

Pensez-vous qu’une formation en gestion ou en affaires vous aurait été utile?

On a toutes les deux fait une technique administrative en gestion de commerces, qui nous a clairement donné les bases. En plus de l’aspect gestion, nos études universitaires en communication, marketing et photographie nous ont certainement aidées à bâtir notre image de marque et à nous lancer. 

Comme les technologies évoluent rapidement, on s’est aussi formées en ligne pour tout l’aspect web et marketing digital. Enfin, on a participé à plusieurs conférences gratuites données par le McGill Dobson Center for Entrepreneurship pour compléter sur les sujets qui nous étaient moins familiers.

Quel a été votre plus grand défi jusqu'à présent?

On a une grande vision avec ce projet et parfois, on a l’impression que ça n’avance pas assez vite à notre goût. On chapeaute tous les aspects de l’entreprise à deux et par moment, il est difficile de savoir quoi prioriser et sur quelles tâches on devrait réellement travailler. Le plus grand défi, c’est d’avoir un million d’idées en tête, mais d’accepter qu’on ne puisse pas les implanter toutes en même temps. La réalité, c’est qu’il y a du travail pour beaucoup plus que deux personnes à temps plein à chaque semaine! On travaille donc très fort sur le lâcher-prise, l’acceptation et les baby-steps.

Atelier CREACO. Crédit: Claudia Désilets.

Atelier CREACO. Crédit: Claudia Désilets.

Qu’est-ce qui vous inspire et motive à aller au travail chaque jour?

La vision qu’on a de ce projet. Comme on disait, c’est devenu non seulement une entreprise, mais une mission de vie. On arrive à se projeter très loin et c’est hyper motivant! C’est aussi le fait de travailler pour aider les artisans à vivre de leur art, de créer une communauté et d’inspirer les gens à stimuler leur créativité. Avec notre entreprise, on contribue au partage du savoir à travers notre société et on redonne le pouvoir de faire aux gens. On aide aussi un peu à sauver la planète en conscientisant les gens, un atelier à la fois.

Ce qui nous motive aussi, c’est certainement de travailler pour nous-mêmes et de toucher à tous les aspects de la gestion d’une entreprise. C’est diversifié et tellement gratifiant! Tu récoltes l’entièreté des efforts que tu mets, il n’y a rien de plus motivant que ça pour travailler fort. Puis, cette réponse ne serait pas complète si on ne parlait pas de la complicité que nous avons. On s’appelle 15 fois par jour et ça nous donne toujours plus d’énergie, souvent même jusqu’à minuit.

Quel conseil auriez-vous aimé recevoir juste avant de développer CREACO?

On conseille une planification stratégique au sens large d’une entreprise, pour optimiser le temps et les rendements. Dans les premiers mois, on se lançait partout et on avait l’impression de toujours courir après le temps.

Lors des premiers mois d'activité, quelle a été votre principale erreur et comment avez-vous réussi à rebondir?

On a passé énormément de temps à se déplacer pour rencontrer des gens en personne et pour être présentes dans divers événements. On ne qualifierait pas ça réellement comme une erreur, mais on aurait certainement pu mieux gérer notre temps et être plus efficace en changeant simplement quelques-unes de ces rencontres par un appel. Mais on ne regrette pas, car on a tissé de bons liens grâce à ces échanges. On continue également de rencontrer des gens en personnes, mais dans certains cas, une rencontre téléphonique suffit amplement.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite lancer sa propre compagnie?

Entourez-vous bien! On est choyé à Montréal, il y a plusieurs ressources disponibles. Ça nous a tellement aidés depuis le début. On a un mentor chez PME MTL à qui on peut se référer à tout moment et on bénéficie de services pro bono auprès du cabinet d’avocat NOVAlex.

Il existe plusieurs autres ressources spécialement en démarrage d’entreprise, allez les chercher dès le départ, ça vous aidera sur toute la ligne. Finalement, n’ayez pas peur d’approcher des entrepreneurs qui vous inspirent et de leur poser des questions. Il existe une belle communauté entrepreneuriale à Montréal.

🖌✂👩‍🍳 CREACO

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