Du 29 avril au 2 mai 2019, se tiendra la 10e édition du Trille Or qui se conclura par le célèbre Gala le 2 mai à 20 h au Centre des Arts Shenkman à Orléans (Ontario) et sera diffusé en direct sur Unis TV (télévision, site web et Facebook). Cet événement bisannuel a été mis en place par l'Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) dans le but de favoriser et de mettre en lumière la production artistique francophone dans tous le pays.

Programme B

Cette année ne fait pas exception, c'est encore une semaine foisonnante d'activités qui attend les artistes, les professionnels de l’industrie ainsi que le grand public avec un programme riche et varié qui comprend entre autres, des vitrines musicales, des panels, des laboratoires de travail, des cocktails de réseautage, la Soirée industrie, le Gala Trille Or et plus encore. 

Au total, ce sont 76 artistes et professionnels de l’industrie de la musique franco-canadienne qui seront en nominations dans 29 catégories. 

Un choix artistique et politique

« À partir du moment où l'on décide de chanter en français et en particulier hors du Québec, c'est un acte politique autant qu'un choix artistique », déclare Natalie Bernardin, directrice de l'APCM. Un choix que de plus en plus d'artistes décident d'embrasser grâce à des vitrines comme le Gala Trille Or. « C'est difficile pour un artiste de percer avec un répertoire francophone, explique Natalie Bernardin, mais je pense que si on demandait aux artistes pourquoi ils ont fait ce choix, ils diraient à peu près tous la même chose comme quoi politiquement c'est important, culturellement c'est important, et au niveau des valeurs, c'est important. Qu'il soit conscient ou inconscient, cela reste un acte politique ».

Natalie Bernadin

Natalie Bernadin

En effet, puisqu'en dehors du Québec où la langue française prédomine, il existe de nombreuses communautés francophones dans les différentes provinces du Canada dont parfois la reconnaissance de cette langue est difficile. 

« Beaucoup d'artistes se sont manifestés aux annonces de Doug Ford, constate Natalie Bernardin. Si un artiste veut vivre de son métier, il doit s'exporter au Québec ou en France. Il faut savoir que le salaire moyen d'un artiste c'est 24 000$ mais c'est très peu fréquent, en général c'est plus de l'ordre de 15 000$ par année, ce qui est en dessous du seuil de pauvreté.» Et d'ajouter «d'autant que trouver des endroits pour se produire est compliqué, car les artistes se retrouvent à chanter en français dans des endroits totalement anglophones.»

Un événement en constante évolution

Depuis sa première édition en 2001, l'événement n'a cessé de grandir, d'évoluer et d’accueillir de plus en plus de participants. «J'ai participé à mon premier Trille Or en 2009, raconte Natalie Bernardin. À l'époque nous étions heureux d'avoir inclus des artistes de l'Ouest Canadien dans notre programmation. Aujourd'hui, nous sommes fiers de compter des régions comme l'Acadie, le Nouveau-Brunswick ou le Québec.» Une politique d'ouverture exacerbée pour cette 10e édition. 

«C'est la première année où nous envoyons nos communiqués de presse dans les deux langues, affirme la directrice de l'APCM. Toujours dans ce but de continuer cette politique d'ouverture et de bénéficier d'une plus grande visibilité en se tournant vers des médias ou des événements anglophones comme Music Canada Live, l'Ottawa Music Industry Coalition (OMIC) ou encore le festival Megaphono.»

Une volonté de montrer que la musique francophone à toute sa place au sein de la production musicale canadienne. «Cette année nous avons pas moins de quatre artistes membres de l'APCM qui sont à la programmation du Blues Fest d'Ottawa, affirme Natalie Bernardin. Ça montre tout simplement que la musique francophone c'est avant tout de la musique pour tout le monde.»

Crédit photo: Julien Lavoie. Courtoisie de L'APCM

Crédit photo: Julien Lavoie. Courtoisie de L'APCM

Une volonté d'ouverture

Dans cette continuité d'évolution et d'ouverture, cette année marque aussi la suppression des catégories «meilleur interprète masculin» et «meilleure interprète féminine» au profit d'une seule catégorie «artiste solo» qui récompensera un-e seul-e artiste tous genre confondus.

«Certains ont dit que ça pourrait nuire à la visibilité des femmes, ajoute Natalie Bernardin. Mais lorsqu'on se penche sur la programmation, on voit bien au contraire qu'elles sont plus que présentes et que c'est une très bonne chose.»

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