Virginie Goudreault et Sarah Fortin cultivent un magazine web à l’image de leur propre quête de bien-être, de simplicité et d’équilibre.

Avant d’oeuvrer dans le domaine du bien-être, Virginie Goudreault a complété un baccalauréat en communications, rédaction et multimédia à l’Université de Sherbrooke. Pendant ses études, elle offrait déjà ses services comme consultante et gestionnaire des médias sociaux pour diverses entreprises.

Elle s’est mise à s’intéresser au domaine du bien-être en étant confrontée à la fragilité de sa propre santé. «Je travaillais sur des contrats ainsi que sur mon blogue 25 à 30 h par semaine pendant mon diplôme universitaire, ce qui fait que je me suis rapidement essoufflée. Ayant toujours été une personne qui pratiquait un mode de vie sain et actif, le fait d’être surchargée m’a fait perdre mon équilibre et m’a porté à réflexion, constate-t-elle. Je me suis donc questionné sur ma carrière, mon avenir, à savoir si mes aspirations professionnelles valaient la peine de délaisser mon bien-être. Peu importe le travail qu’on fait, c’est difficile d’arriver à tout faire en même temps, d’être accomplie personnellement et professionnellement, d’être bien dans son corps, dans sa tête.»

Virginie Goudreault publie peu de temps après ses premiers billets, plus pour se détendre que pour en faire son gagne-pain. «C’était un blogue personnel qui n’avait pas de ligne éditoriale». Un an plus tard, elle rencontre Sarah Fortin, celle qui deviendra son associée et fera en sorte que ses idées deviennent réalité.

Cette dernière venait de donner sa démission à un poste de direction au festival littéraire des Correspondances d’Eastman. «Je ne la connaissais pas beaucoup à cette époque, on ne s’était vus seulement 2 ou 3 fois pour un projet professionnel, mais ça a tout de suite cliqué. Rapidement, nous avons mis sur papier où l’on voulait aller et comment on ferait pour s’y rendre. On est une équipe complémentaire à tous les niveaux.»

Virginie Goudreault s’est laissé guider par sa vision précise de ce qu’elle voulait offrir sur le web. «C’était clair que Blond Story n’allait pas être un blogue, mais bien un magazine en ligne, c’est-à-dire qu’on s’est entourés de gens certifiés pour parler des sujets qu’on souhaitait aborder.» Naturopathes, kinésiologues ou encore professeurs de yoga, ces collaborateurs et collaboratrices ont croisé la route des deux femmes, dans leur propre cheminement vers un mode de vie plus sain pour répondre à leurs questionnements, traiter leurs propres maux ou encore pour partager leur savoir et leurs connaissances.

Sarah Fortin et Virginie Goudreault, fondatrices de Blond Story. Crédit photo: Rachel Cheng. 

Sarah Fortin et Virginie Goudreault, fondatrices de Blond Story. Crédit photo: Rachel Cheng. 

Du contenu caméléon

De fil en aiguille, le contenu proposé par le magazine s’est décliné dans des événements, des ateliers et une boutique en ligne, B&CO. Deux fois par année, au printemps du 1er au 15 mai, et à l’automne du 1er au 15 novembre, Blond Story s’associe avec des artisans du Québec pour lancer une collection de produits bien-être exclusifs 100% faits au Québec.

Les associées organisent aussi régulièrement des ateliers d’une journée, dont les deux premières éditions ont eu lieu au Beatnik, à Bromont. «On ne voulait pas se lancer dans l’organisation de retraites, parce que ce n’est pas tout le monde qui a le temps ou le budget de prendre une semaine ou un weekend au complet hors du travail ou de la maison. La journée d’atelier bien-être qu’on donne offre un bagage d’informations accessible en plus court laps de temps», estime Virginie Goudreault.

Devenir «slowpreneure»

Au tournant de 2019, les entrepreneures espèrent suivre leurs propres conseils de lenteur et de douceur qui parsèment leurs articles. «Quand Sarah est tombée enceinte, on a commencé à planifier encore plus d’avance. On a arrêté de courir et on a appris à dire non plus souvent. On s’est tannées de travailler à 200 % et de ne pas prendre le temps de savourer nos petites victoires.» Les jeunes femmes ont donc développé différentes stratégies pour inviter les gens à se déconnecter et profiter davantage du moment présent.

La rédactrice en chef a d’abord diminué la fréquence des publications, au lieu de se battre contre la dictature des algorithmes. «Il y a tellement de contenu en ligne qu’on s’y perd. Au début, on faisait comme tout le monde et on publiait un article par jour, voire plus, maintenant on est passé à un ou deux contenus par semaine qui sont déclinés sous plusieurs angles dans les médias sociaux. Ainsi, on invite les lecteurs à prendre le temps de lire notre contenu d’une manière plus douce, quand leur horaire le leur permet», explique-t-elle.

La philosophie de Blond Story se prolonge aussi dans une série de podcasts enregistrés par les deux entrepreneures, dans le but d’encourager les auditeurs à prendre une pause des écrans. «Toutes nos activités se font sur le web, mais on veut quand même inspirer les gens à se déconnecter le plus souvent possible. On peut écouter le podcast par exemple en prenant une marche ou pour se changer les idées durant le trajet entre le bureau et la maison.» 

L’accent mis sur l’infolettre s’inscrit aussi dans cette stratégie. «Comme le courrier postal qu’on recevait autrefois, je prépare un récapitulatif de tout le contenu qui s’est fait et qui est envoyé une fois par mois», détaille Virginie Goudreault. Cette nouvelle façon de faire permet à leurs lecteurs de prendre le temps de lire les articles publiés durant le mois, à la manière dont on lit un magazine papier, sans avoir constamment les yeux rivés sur leurs écrans de cellulaire ou d’ordinateur pour ne pas rater une publication.

Afin de cartographier le foisonnement de tendances et d’informations sur la santé, l’équipe de Blond Story planche présentement sur un outil pour s’y retrouver. La nature exacte du projet ne peut pas être révélée tout de suite, mais il permettra de «se reprogrammer et de retourner à la source, d’arrêter de croire tout ce qu’on lit et surtout, d’arrêter de chercher la pilule magique», élude Virginie Goudreault.

La boutique B&CO sera de retour du 1er au 15 mai 2019 sur le site web. Produits pour le corps, le coeur et l’esprit s’arrimeront au slogan de cette prochaine collection «Inspire, Expire, Cultive». 

👉 Blond Story

Site web | Facebook | Instagram