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Ballet Hop: Pour désacraliser le ballet

Ballet Hop: Pour désacraliser le ballet

Camille Rouleau a fondé l’école de danse Ballet Hop en 2015 avec l’objectif d’offrir des cours de danse décomplexés, axés sur le plaisir et le bien-être avant tout. Zoom sur une entreprise qui fait briller toutes les ballerines intérieures.

Camille Rouleau aime le ballet depuis qu’elle est toute petite. C’est en pratiquant les pliés et ronds de jambe avec ses petites pattes d’enfant que la passion s’est déclenchée. Elle pratique pour le plaisir, puis devient plus sérieuse. Adolescente, elle fait le choix de cesser le ballet de façon intensive pour participer à un programme d’études internationales. Ayant déjà une forte fibre entrepreneuriale, elle poursuit ensuite des études universitaires en commerce.

Lorsqu’elle reprend les cours de façon récréative, rendue adulte, qu’elle remarque de l’incompréhension venant des femmes autour d’elle. «J’ai constaté que les femmes étaient de plus en plus mal à l’aise par rapport au ballet», explique Camille Rouleau.

Danser, simplement

Elle observe et tente de comprendre pourquoi les femmes de son entourage n’osent pas franchir les portes d’un studio de ballet alors que l’envie de danser est présente. «J’ai entendu toutes sortes de raisons comme “je suis trop ronde, pas assez flexible, trop âgée, je n’aurai jamais le niveau nécessaire”», indique l’entrepreneure. Si le ballet professionnel impose une rigueur et est un sport sélectif, la question se pose: peut-on pratiquer pour le plaisir, malgré les imperfections?

En 2015, elle décide de franchir le pas et d’offrir des cours de ballet, avec l’idée d’inclure toutes les femmes. Du ballet qui ne se souhaite surtout pas prétentieux. «Je voulais qu’on soit une gang de filles qui fait du ballet et qui se soutient», résume-t-elle.

L’entrepreneure désire insuffler à ses cours une ambiance de ligue de garage où la danse rime avec dépassement de soi. C’est ainsi que naît Ballet Hop, dans des salles de danse louées des quartiers Villeray et Verdun. Le concept se dessine modeste et ludique: il s’agit avant tout d’une «brigade» de ballerines du dimanche qui forcent des cuisses – et de tout le reste! – avec le sourire et qui s’encourage lorsque les pas deviennent compliqués.

Offrir un «safe-space» aux femmes

Après une période de bouleversements professionnels, Camille Rouleau décide d’investir l’entièreté de son temps à l’évolution de son entreprise: Ballet Hop devient un studio de danse à part entière en 2016. On y offre des cours de ballet de multiples niveaux, en plus de cours plus spécifiques pour l’entraînement musculaire. Elle embauche aussi quelques kinésiologues certifiées afin de superviser les progrès de ses élèves.

L’entrepreneure reçoit, pour l’ouverture de ses studios, l’aide de bailleurs de fonds, comme PME MTL, la Fondation Montréal inc. et le Réseau M, et du financement de Desjardins, BDC et Futurpreneur. Une aide appréciée, mais qui apporte son lot de défis puisque la bureaucratie associée à ces fonds a donné du fil à retordre à la professeure de danse. Toutefois, ces efforts ne sont pas en vain, car Ballet Hop reçoit en 2016 le prix OSEntreprendre, volet création d’entreprise, dans la catégorie Service aux individus.

Au-delà des cours, Ballet Hop devient rapidement un endroit où les femmes peuvent s’exprimer, être elles-mêmes, s’épanouir et se rencontrer. Au coeur du studio se trouve le café Les Impertinentes, tenu par Laurence Doucette-Rouleau, soeur de la fondatrice. «J’avais envie d’un espace vivant et animé, et ça incluait automatiquement un café, révèle Camille Rouleau. Ma soeur venait de terminer l’université et elle a saisi l’occasion d’être sa propre patronne, de travailler dans un milieu stimulant et sans prétention, et de mettre de l’avant ses valeurs féministes.»

Elle confie que tout le monde est le bienvenu dans ce lieu de partage. Grandes, petites, rondes et minces, les femmes flexibles comme des algues et les femmes deux par quatre. Même les hommes, d’ailleurs. «Au final, les cours offerts par Ballet Hop sont similaires à ceux qu’on peut retrouver dans les autres écoles, raconte-t-elle. Nous cherchons à éliminer le côté élitiste et austère du ballet. Ici, on peut faire du ballet sur du Beyoncé, vêtu de sweat-pants ou du ballet plus traditionnel avec de la musique classique et la barre. Nous tentons d’avoir le meilleur des deux mondes.»

Le bien-être pour la tête, le corps, le cœur

Camille Rouleau le confirme, ses clientes expriment ressortir changées de leurs entraînements de ballet. Certaines femmes apprennent à se voir dans le miroir et à célébrer leur personne, leur corps et ses bons coups. Car si la danse a des vertus au niveau du physique; elle assouplit, renforce les muscles, amène des bienfaits au niveau postural, travaille l’équilibre et la coordination, elle a également des effets sur le mental.

D’ailleurs, chez Ballet Hop, la compétition est «out». Les plus avancées aident et encouragent les débutantes. «Nous voyons le ballet vraiment comme un sport d’équipe, assure la fondatrice. Le but n’est pas de former des danseurs parfaits. Nous voulons rendre les femmes plus confiantes en elles, plus heureuses dans leurs corps et si en passant elles apprennent un plié et un tendu, c’est tant mieux pour elles, mais ce n’est pas notre objectif premier

Ballet Hop offre également des cours à Verdun, Longueuil et au YMCA de NDG, en plus de proposer un programme danse-études pour les ballerines de la cinquième année du primaire à la cinquième année du secondaire. Inutile de dire que Camille Rouleau a le vent dans les voiles et continue de démocratiser, une arabesque à la fois, le ballet.

Ballet Hop

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