Martin Lessard, directeur général de MT Lab

«J'étais codeur et je créais des sites web bien avant que tout le monde sache c'était quoi Internet.»
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Semaine mondiale de l'entrepreneuriat Montréal 2018 x Baron Mag

Durant la Semaine mondiale de l'entrepreneuriat du 12 au 16 novembre, plusieurs événements seront proposés à la communauté entrepreneuriale. Soyez à l'affût!

Qui êtes-vous et quel est votre parcours entrepreneurial?

Je suis Martin Lessard, directeur général de MT Lab, l'incubateur d'innovation en tourisme, culture et divertissement, le premier du genre en Amérique du Nord. 

Mon parcours est particulier, car je ne suis pas un entrepreneur au sens propre du terme, mais j'aide ceux qui le sont. J'ai toujours porté plusieurs chapeaux. J'ai complété une maîtrise en communications et multimédia qui m’a mené vers le web. J'étais codeur et je créais des sites web bien avant que tout le monde sache c'était quoi Internet. J'ai aussi occupé le poste de directeur de la publicité interactive chez Cossette bien avant que celle-ci devienne à la mode avant de me lancer comme conseiller en médias sociaux à mon compte. 

J'ai donc évolué longtemps dans le monde l'innovation et du web, puis, on m’a proposé d’assister à la naissance d’un nouvel incubateur, le MT LAB. D'une certaine manière, c’était une startup en soi où l'on ne partait avec pas grand-chose. Deux ans plus tard, nous en sommes déjà à notre deuxième cohorte et nous comptons 9 grands partenaires tels que Air Canada, Air Transat, SEPAQ et l'Aéroport de Montréal.

Martin Lessard. 

Martin Lessard. 

Parlez-nous un peu de l'histoire et des activités de MT LAB. 

À Paris, en 2015, des membres de la communauté d'affaires montréalaise découvrent l'incubateur Welcome City Lab qui se spécialise dans l'industrie du tourisme et connait beaucoup de succès. Dès leur retour en avion, ce fut le coup de foudre pour Tourisme Montréal et l'UQÀM. Tourisme Montréal qui ont importé le concept à Montréal. Tourisme Montréal pilote le projet, l'UQÀM fournit les locaux et paie leur aménagement, et la Ville de Montréal injecte les premiers investissements pour soutenir l'innovation en culture, tourisme et en divertissement. 

Notre mission se résume à créer des rencontres entre la grande et la petite entreprise. Pour faciliter le tout, on se base sur deux constats: les grandes entreprises ont de la misère à innover ou à chercher l’innovation et les startups n'arrivent pas à percer et à entrer en contact avec des plus gros joueurs. On a donc créé le lieu de rencontre, le carré de sable pour que les partenaires puissent avoir un endroit structuré pour échanger entre startups et partenaires.

Plus tard, nous avons ajusté notre mission quand nous avons découvert le vrai besoin des startups: survivre. Si on fait une courbe de survie de la startup, elle part d'une idée où tout est possible et plus elle est avancée, les chances de survie diminuent, surtout à l'étape du prototype et de l'adéquation au marché. Nous aidons les entreprises à s'ajuster au marché afin de passer à travers cette phase périlleuse qu'on appelle la vallée de la mort dans le jargon entrepreneurial.

Avez­-vous une façon particulière d’organiser vos journées afin d’optimiser votre travail?

Je travaille selon la méthode de management de l'itération rapide, qui se déploie selon les étapes suivantes: 

  1. Observer ce qui marche ou pas
  2. Décider ce qu’il faut améliorer
  3. Trouver la meilleure idée pour l’améliorer
  4. Décider du changement à appliquer
  5. L’appliquer
  6. Évaluer les résultats

Quand j'ai démarré MT LAB, je disposais d'argent de partenaires, mais je n'ai jamais pris pour acquis ce que le marché avait besoin. Au moment de former la première cohorte de l'incubateur, j'ai appliqué la méthode par itération rapide pour trouver le meilleur fit. Quand un jumelage ne fonctionne pas, je cible ce qui n'a pas fonctionné, j'identifie les améliorations à apporter et je tente de les implanter dans les prochains projets. 

Comment contrôlez-vous la croissance de votre compagnie?

En ne faisant pas tout d'un coup. MT LAB pourrait croître beaucoup plus rapidement, mais comme c'est une OBNL, et que je bénéficie de partenaires, je ne suis pas en mode expansion à tout prix. J'embauche un nouvel employé à chaque six mois pour prendre le temps de bien le former et de l'intégrer à l'équipe et je découvre que ça génère bien plus d'interactions intéressantes dans l'équipe. Ça augmente bien sûr le temps de gestion, mais je préfère suivre mon intuition et faire plutôt grandir la structure de mon offre pour la rendre la plus optimale. 

Qu’est-ce qui vous inspire et vous motive à aller au travail chaque jour?

Tout est à inventer! Je suis aussi inspiré de pouvoir appliquer tout ce que j’ai appris dans les dix dernières années et de l'adapter pour construire une culture d'entreprise dont je suis fier et qui marche. 

Selon vous, quelle est l'importance d'un événement comme la Semaine mondiale de l'entrepreneuriat?

L'événement démontre qu’il existe d’autres manières de travailler comme le bénévolat, partir une entreprise ou travailler à son compte. C'est aussi un espace de discussion neutre, car ce n'est pas associé à un partenaire en particulier. Si c'est fait pour toi, tu vas le sentir en côtoyant ou rencontrant les gens présents. En tant que conférencier, j'ai voulu redonner à ceux qui souhaitent se lancer, mais aussi ceux qui désirent redécouvrir leur passion. 

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