Fondée en 2015 et avec une première collection lancée en 2017, l’entreprise québécoise de mode Gaia & Dubos s’est donné comme mission de transformer l’industrie en offrant une gamme de vêtements écologiques et éthiques. La fondatrice, créatrice de mode et chercheuse Léonie Daignault-Leclerc se confie.

Bonjour Léonie! Quelle place prend Gaia & Dubos au sein du développement durable?

Léonie Daignault-Leclerc: Gaia & Dubos est une marque de mode durable pour les femmes. On fait des vêtements et des accessoires qui sont entièrement écologiques et fabriqués au Québec dans des conditions de travail éthiques. Et le style de vêtement, je le décris souvent par élégant, féminin, tout aller, et surtout responsable. 

Pour vous donner un exemple, ce n’est pas juste le tissu qui est écologique, «mais les fils sont faits avec du matériau recyclé, on a des boutons qui sont faits avec du verre recyclé fait à la main par un artisan au Ghana, toutes nos doublures sont faites avec des bouteilles de plastiques recyclés.» Tous les produits sont teints avec des produits non toxiques.

Courtoisie.

Courtoisie.

Et quelle est la mission de la marque?

L. D-L.: C’est vraiment de changer le portrait de l’industrie de la mode en offrant des produits qui sont issus du développement durable. Je regarde tout le temps les trois piliers du mouvement. En anglais, on dit «People, planet and profit». Il s’agit vraiment de ne pas avoir d’impact sur l’humanité et sur la planète et tout en faisant quand même des profits pour avoir un impact positif après.

Est-ce qu’il y a des contraintes dans le mariage créations haut de gamme et créations écologiques?

L. D-L.: Pour moi, un vêtement qui se dit écologique et qui n’est pas haut de gamme n’est pas intrinsèquement écologique parce que ça passe aussi par sa qualité, sa durée de vie. S’il est de faible confection et que le tissu n’est pas de haute qualité, peut-être qu’il n’y a pas eu de pesticide ou quoi que ce soit pour le fabriquer, mais s’il ne dure pas des années, ça annule l’effet! Pour moi, ce n’est pas un choix stratégique de faire du haut de gamme, c’est vraiment [lié] au concept de développement durable.

Courtoisie.

Courtoisie.

Depuis sa création, quel rôle penses-tu que la marque a endossé dans le paysage de la mode et dans la sensibilisation à une consommation durable?

L. D-L.: Je pense que ça a un grand rôle à jouer. On est encore peu connu, mais sur le marché québécois, de plus en plus, je suis invitée à parler à des conférences. Gaia et Dubos sort souvent dans les designers écologiques, on a beaucoup de couvertures médiatiques. Je suis invitée aussi parfois dans les écoles. Je pense que de plus en plus, les gens commencent à associer la marque à de la mode durable. Et ça a aussi un rôle avec l’éducation que Gaia & Dubos joue dans la vie des gens. Et l’intention, c’était vraiment ça, d’éduquer les gens sur l’industrie de la mode et qu’ils soient mieux outillés pour faire de meilleurs choix.

Votre blogue joue donc un rôle d’information et d’éducation ?

L. D-L.: Avec ce blogue, j’ai commencé tout de suite à travailler sur ma marque, parce que je savais que je voulais être designer et je l’ai partie à travers mon mémoire de maitrise. J’ai fait les deux parallèlement. Mon mémoire c’était une étude de marché sur ce que les Québécois-es voulaient et aimaient en terme de mode et de mode durable surtout. Ainsi qu'une étude sur comment bâtir une collection qui soit la plus écologique et éthique possible. Donc, ma recherche de maitrise se traduisait tout de suite en articles et vidéos. La collection est venue un peu plus tard.

Courtoisie.

Courtoisie.

Comment décrierais-tu ta première expérience en création d’entreprise?

L. D-L.: C’est drôle, mais on dirait que je ne saurais pas comment répondre à ta question parce que j’ai toujours su que je voulais faire ça. Depuis que j’ai 13 ans, je fais mes propres vêtements. Et à 15 ans, j’ai commencé à faire des vêtements pour des clientes, des robes de bal, des robes de mariée. C’était déjà dans ma nature l’esprit entrepreneurial. C’est sûr que c’était le côté financier qui a été très «challengeant», mais sinon j’adore ça, c’est de la création à l’état pur.

D’où vient le nom Gaia & Dubos?

L. D-L.: Gaïa est la déesse de la planète dans la mythologie grecque. Elle symbolise pour moi la protection de la planète mais aussi de l'humanité. René Dubos était un environnementaliste français au 20e siècle dont les valeurs répondent parfaitement à mes principes d'entreprise. Il a mis sur pied le célèbre slogan «penser global, agir local», global voulant dire ici de façon holistique, circulaire, complète. Il croyait aussi que chaque être humain avait la responsabilité de protéger son environnement, ce qui était innovateur à l'époque. 

👚👗 Gaia & Dubos

site web | facebook | instagram

🔹 Continuez votre lecture: Accueillir la «slow fashion» avec Bienséance