C'est aux portes de l'hiver, avec douceur et authenticité, que le musicien multi-instrumentiste Cédric D. Lavoie nous offre «88», un premier album solo où le piano et ses inspirations ne font qu'un. On y entend les bruits de ses doigts et ceux des mécaniques du piano pour un résultat épuré et immersif au sein de neuf titres enchanteurs. On a discuté nourriture, puisque rien ne vaut un bon plat tout en se berçant de ses notes de musique.

Cédric D. Lavoie s'est fait connaitre notamment en tant que contrebassiste au sein du trio jazz MISC et a également accompagné la musicienne Alejandra Ribera. C'est à présent derrière le clavier que ce dernier nous offre à contempler l'ampleur de son imagination avec 88, un album à paraitre le 23 novembre prochain qu'il a lui-même réalisé. 

Entre influences de jazz, références au classique et pop subtile, l'artiste se permet l'audace et nous propose un voyage limpide et mélodieux pour insuffler un peu de calme dans les tempêtes.

🍝🌊🍺🎹

Photo: Moïa Jobin-Paré.

Photo: Moïa Jobin-Paré.

Qui êtes-vous, quel est votre parcours? 

Je suis un multi-instrumentiste natif de Montréal, principalement contrebassiste. J'aime toucher au plus grand nombre de styles musicaux possible, je me sens comme un musicien généraliste. J'ai passé le gros des dernières années sur la route avec, entre autres, le groupe folk Bon Débarras, la chanteuse Alejandra Ribera et plus récemment le trio jazz MISC. Je travaille aussi de plus en plus dans mon petit studio pour composer de la nouvelle musique et réaliser des albums pour d'autres artistes.

Comment décririez-vous votre univers musical?

J'ai un amour marqué pour les musiques instrumentales introspectives et j'aime explorer avec des combinaisons sonores atypiques. J'ai présenté un premier album de compositions avec l'ensemble Mismar qui comprend hautbois, clarinette basse, guitare, contrebasse et percussions. L'album 88 que je sors maintenant est un ensemble de pièces au piano sur lesquelles j'ai rajouté des couches et des couches de contrebasses et quelques traitements sonores. Mais peu importe l'approche musicale, j'essaie toujours de créer des progressions et des mélodies simples, mais le plus originales possible. Je crois que je suis en ce sens plus influencé par des musiciens qui peuvent être à des kilomètres de mon style musical, je pense entre autres à Trent Reznor de Nine Inch Nails qui est je trouve un très grand mélodiste.

Photo: Julie Blanche.

Photo: Julie Blanche.

Quelle est votre relation avec la nourriture? 

Fondamentale et ludique.

Êtes-vous aussi douée avec les fourneaux que sur scène?

Je ne crois pas, mais j'aime bien ça. 

Quelle musique écoutez-vous lorsque vous cuisinez?

C'est le moment où j'écoute des vinyles, beaucoup de folk et de vieux R&B, entre autres.

Si 88 était un plat, quel serait-il?

L'album 88 a une atmosphère épurée et un climat assez nordique, j'irais avec une entrée de gravlax.

Votre dernier repas et la dernière musique que vous écouteriez… Si vous deviez mourir demain?! 

Des pâtes carbonara parce que c'est le classique de ma famille. Pour la musique, c'est beaucoup trop de pression d'avoir à choisir à l'avance...

Avez-vous des demandes spéciales aux promoteurs de spectacles lorsque vous êtes en tournée?

Pas vraiment, mais je me rappelle que sur la route avec Bon Débarras, on avait fait la demande pour des produits locaux autant que possible, quitte à ce que ce soit en plus petite quantité. Du genre avoir six bières de la micro du coin plutôt que douze produits Molson. Je ne sais pas si ça a influencé des diffuseurs, mais c'est toujours le fun quand la tournée permet de découvrir les spécialités de chaque région.

Quel est votre plus gros «fail» culinaire?

J'ai mis une fois des têtes de violons dans un plat où ça fittait pas pantoute, sans bien les laver ni les blanchir. Le gout jurait, ça faisait pas mal «crounch» sous la dent, et j'aurais pu nous empoisonner maintenant que je sais que ça peut être toxique quand c'est mal cuit...

...Et votre plus gros «fail» musical?

Quand on m'a demandé avec huit autres musiciens de faire semblant de jouer sur un show parce qu'ils allaient mettre le disque en background à la place. Mais j'ai finalement refusé la gig, trop dur sur l'orgueil et pour l'honneur.

Si je vous invite à souper, qu’est-ce que je devrais cuisiner et faire passer comme musique pour vous impressionner?

Je préfèrerais me sentir bien à l'aise plutôt qu'impressionné, que ce soit un peu le bordel, que la musique tombe sur une toune vraiment quétaine. Mais sinon, un tajine de course serait le bienvenu, peu importe sa déclinaison. Avoir une belle sélection de sauce piquante serait aussi un atout. Du Talking Head en trame de fond me rendrait très heureux ou encore mieux, découvrir de la nouvelle musique.

🎹 Cédric D. Lavoie

bandcamp | facebook