Juste à temps pour les jours froids, la pétillante Reney Ray nous revient avec la suite de son ver d'oreille estival «Le monde est con». Autrefois cuisinière, l'autrice-compositrice-interprète nous fait une place à sa table le temps d'une entrevue.

Sur une pop teintée de country et de folk, Reney Ray compose une poésie lucide, mais jamais triste sur la résilience et la beauté du quotidien.  L'artiste franco-ontarienne lancera son album homonyme le 2 novembre au Lion d'Or dans le cadre de Coup de coeur francophone. À ses yeux, la nourriture et la musique s'avèrent toutes deux une source inépuisable de réconfort et d'harmonie. On lui a posé nos questions pas banales.

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Pochette de l'album «Reney Ray».

Pochette de l'album «Reney Ray».

Qui es-tu et quel est ton parcours? 

Je suis Reney Ray, autrice-compositrice-interprète. Je joue de la guitare, du piano et de la batterie, et je suis aussi mère monoparentale d’une belle fille de 14 ans. Mon parcours n’en a pas été un de level one, disons… Ça tombe plutôt dans la catégorie «expert difficile» [rires].

Je suis une femme consciente. J’ai toujours cherché à concilier ma vie de femme, de mère, d’artiste et d’humaine. J’ai toujours refusé d’être game over pour ce qui me tient à cœur. J’essaye donc d’être la meilleure version de moi-même, notamment pour donner l’exemple à ma fille et lui montrer que peu importe le jeu ou le niveau de difficulté, on peut réessayer si on échoue. C’est une question de persévérance. Je crois fortement que mon parcours a été une préparation pour tout ce qui s’en vient. Je crois aussi que mes textes et mes chansons pourraient faire du bien à ceux qui veulent bien les écouter. Et c’est ça qui rend mon parcours vraiment extraordinaire à mes yeux et ma mission, accomplie. Genre, je veux battre le big boss! 😉

Comment décris-tu ton univers musical?

Mon univers musical est très spontané! Souvent, une phrase et une mélodie émergent dans ma tête et le reste en découle pratiquement tout seul. Mon style musical en rassemble plusieurs. J’adore raconter des histoires et parler de sujets importants, ceux qui viennent nous toucher ou qui peuvent provoquer des prises de conscience. Je trouve que ça fait du bien et qu’on en a besoin.

Quelle est votre relation avec la nourriture?

J’ADORE MANGER! Le fromage et moi avons une relation TRÈS impressionnante, qui dure depuis plus de 30 ans. L’idée de mon repas part souvent avec «Hmmm… Qu’est-ce que je pourrais bien faire avec du fromage dedans?»

Es-tu aussi douée aux fourneaux que sur scène?

Je ne prétends pas être une chef, mais je peux dire que oui, je suis pas pire en cuisine! J’ai travaillé comme cuisinière pendant près d’un an dans un café-resto pour les gens en difficulté financière. Je devais monter les menus et préparer les repas de l'entrée au dessert (il n’y avait pas toujours du fromage dans ceux-là). Ma mère est aussi très douée en cuisine, alors j’ai eu la chance de bien apprendre d'elle.

Quelle musique écoutes-tu lorsque tu cuisines?

Quand je fais à manger, j’écoute du blues ou du country! Ces temps-ci, c’est Chris Stapleton, plus particulièrement qui me rend de bonne humeur et fait goûter ma bouffe meilleure! Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais personne n’a le goût de se chicaner sur du country. Tu ne peux juste pas, c’est comme impossible d’être en maudit si ça joue… Ça ne va pas ensemble!

Si tes tounes étaient un plat, quel serait-il?

Si mes tounes étaient un plat, je pense que ce serait un bon pâté chinois. Le steak serait mon expérience de vie, le blé d’Inde, mon cheminement personnel et les patates, une grosse dose d’amour bien généreuse extra fluffy! Le tout est d’une simplicité remarquable, mais c’est donc bien réconfortant!

Si Reney Ray était une recette, quels en seraient les ingrédients?

Si j’étais une recette, les ingrédients seraient difficiles à trouver, parce qu’il n’y en a pas deux comme moi! Il n’y aurait pas beaucoup d’épices, car je ne suis pas capricieuse. C’est plutôt chaque élément frais qui donnerait la saveur finale. Et chaque bouchée serait différente! La portion de la recette serait pour une seule personne, car je suis une personne loyale et fidèle. Et ce serait un plat chaud, car je suis très chaleureuse. Finalement, je serais à déguster avec un bon verre de vin, celui de votre choix. Devant un feu de foyer, préférablement.

Ton dernier repas et la dernière musique que tu écouterais… Si tu devais mourir demain?!

Mon dernier repas serait des rigatoni au jus de tomate avec du fromage fondu sul’ top en écoutant la chanson «Natural Beauty» de Neil Young.

As-tu des demandes spéciales aux promoteurs de spectacles lorsque vous êtes en tournée?

Je ne suis pas encore rendue au stade de demander des M&M, mais juste les bleus, et de l’eau minérale à 7,3 degrés… Peut-être l’année prochaine (rires)! Cependant, si je pouvais faire une demande spéciale aux photographes, ce serait ceci: «pas trop de close-up SVP!». 

Quel est ton pire «fail» culinaire? 

Quand j’ai invité des amis à venir souper à la maison et que j’ai fait des pâtes rosées. Avec bien sûr du fromage, voyons. L’affaire c’est que, sans que je m’en rende compte, la sauce a collé dans le fond de la poêle et je dois l’avoir grattée, car lorsqu'on s’est mis à manger, c’était vraiment débile à quel point on avait tous l’impression de lécher le fond d’un chaudron brûlé. Je me suis finalement résignée à commander de la pizza extra fromage!

...Et ton plus gros «fail» musical?

Il y a quelques années, je suis allée jouer en Ontario pour la Fête du Canada avec ma formation anglo de l'époque, Bloodstone and Ray. Dans ce projet-là, j’étais souvent au piano. Il faisait froid dehors ce soir-là et j’avais les doigts gelés. La chanson-titre de l’album était un peu compliquée à jouer. Les doigts vont vite et ça peut devenir mêlant. Bref, j’ai un peu raté le flow une ou deux fois pendant la toune, mais bon, je me disais que ce n’était pas si pire pour une fille qui ne sentait plus ses doigts. J’avais TRÈS hâte de finir la toune. Une fois rendue à la fin, le groupe devait arrêter pour laisser résonner le piano tout seul, et à ce moment précis, mon doigt a glissé et j’ai tapé la note à côté. Résultat, une méga fausse note sans pouvoir passer inaperçue. Tout le monde s'est mis à rire comme des enfants. On riait tellement que la foule s’est mise à rire avec nous. Inarrêtables! J’ai levé les bras dans les airs et j’ai remercié le public d’être aussi indulgent. C’est mon plus gros fail musical, mais c’est surtout devenu un super beau souvenir!

Si on t'invite à souper, qu’est-ce que qu'il faut cuisiner et faire passer comme musique pour t'impressionner?

S'il y a du fromage, je vais être vraiment contente. Pour m’impressionner, je pense que je suis quelqu’un qui va apprécier n’importe quoi si quiconque prend le temps de me faire à manger. Et pour le choix de musique, j’aime bien l’indie folk, alors quand je suis quelque part et qu’une playlist dans ce genre-là joue, je me sens complètement dans mon élément! 

🍝 Reney Ray 

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