Le fil rouge: Pour tisser des liens avec les mots - Baron Mag
Afin de partager leur amour de la littérature, Marjorie Rhéaume et Martine Latendresse fondent en 2014 le blogue Le fil rouge. Au fil des années, elles développent des coffrets littéraires, des clubs de lecture ainsi que des ateliers d’écriture. Rencontre avec deux entrepreneuses allumées, pour qui la littérature est synonyme de bien-être.

Marjorie Rhéaume et Martine Latendresse, créatrices du Fil rouge, semblent être sur la même longueur d’onde. «On est habillées pareil, ce n’était pas voulu», nous lance la première lors de notre rencontre. En effet, même robe noire, même fond d’écran de téléphone, même appétit dévorant pour les mots des autres; les deux jeunes femmes étaient faites pour se rencontrer.

C’est sur les bancs de l’UQAM que l’inévitable se produit en 2012, lors d’un cours de littérature. Tout de suite, elles deviennent amies, et rapidement, elles réalisent que toutes deux sont allumées par un fort désir de posséder leur propre entreprise. D’abord tentées par l’organisation de mariages, leur trajectoire bifurque et l’idée d’un blogue est lancée.

«Au départ, Le fil rouge, ce n’était pas seulement un blogue littéraire. Il y avait une section Style de vie et une section Développement personnel en plus de la section Littérature. À un moment donné, environ six mois plus tard, nous avons réalisé que par la littérature nous pouvions également toucher au développement personnel, relatent-elles. La section Style de vie a vite été abandonnée; il y en a tellement sur le web que nous avions l’impression de ne rien ajouter de nouveau. Ça nous apportait un peu moins au point de vue personnel d’écrire un article sur la sangria que de rédiger un papier sur une nouveauté littéraire. En plus, c’était en lien direct avec nos études. Quatre ans plus tard, on aime encore ça et on réalise que nous avons pris la bonne décision.»

Les deux fondatrices. Courtoisie Le fil rouge.

Les deux fondatrices. Courtoisie Le fil rouge.

D’entrée de jeu, leurs objectifs d’entreprise étaient plutôt flous, car elles considéraient le blogue comme un passe-temps. C’est lorsque leurs études ont pris fin que Marjorie Rhéaume et Martine Latendresse ont eu l’idée de vendre des coffrets littéraires; le concept étant déjà bien établi en France et aux États-Unis, elles ont voulu l’amener dans les foyers québécois. 

Elles s’inscrivent alors à un programme d’entrepreneuriat au SAJE, maintenant nommé L’école des entrepreneurs de Montréal. «Tout a un peu été un défi, on ne savait pas du tout dans quoi on se lançait. Le cours nous a aidées à structurer l’entreprise, à créer un plan d’affaires, et nous a poussées à participer au défi Ose Entreprendre, expliquent les deux femmes. On lançait l’entreprise parce qu’on aime les livres avant tout et il fallait qu’on développe un peu plus notre fibre entrepreneuriale.»

Toutefois, la vente de coffrets littéraires s’avère être une tâche difficile à réaliser de façon profitable. En plus de contenir un livre, ceux-ci sont garnis de petites surprises, de produits d’artisans, de tisanes et d’un petit magazine portant sur le livre reçu. Refusant de compromettre la qualité des produits et des ouvrages offerts dans leurs coffrets, les entrepreneures décident en mars 2018 de limiter la production de ceux-ci à des coffrets personnalisés et à des coffrets thématiques, pour les fêtes, par exemple. «C’est beaucoup d’essais et d’erreurs, mais c’est très gratifiant en même temps», illustrent-elles.

Courtoisie Le fil rouge.

Courtoisie Le fil rouge.

Aujourd’hui, les activités payantes du Fil rouge sont axées principalement autour des clubs de lecture et d’ateliers d’écriture. «À chaque rencontre du club de lecture, on offre un PDF qui présente le livre et sa revue de presse, on lance des pistes de discussion. On a réellement créé une communauté avec les filles autour des livres. On répond à un besoin, pour parler de façon plus entrepreneuriale, soulignent les fondatrices. On se fait souvent dire que “ça fait longtemps que je cherche un endroit où parler de mon amour des livres”.»

Conscientes que la lecture n’est pas un «besoin vital», elles indiquent néanmoins qu’à travers Le fil rouge, les participants du club lecture semblent trouver beaucoup de joie à échanger sur diverses oeuvres littéraires en collectivité. «Ça fait du bien à beaucoup de gens.» 

Le club d’écriture, quant à lui, se veut une façon à la bonne franquette de désacraliser le mythe de l’écrivain, de créer une routine d’écriture et d’échanger autour de thèmes préétablis. Le tout, dans le plaisir.

Le fil rouge est très actif sur les réseaux sociaux. Le hashtag #lefilrougelit regroupe une communauté de lecteurs qui échangent sur les livres lus, en plus de proposer ponctuellement des défis littéraires. De plus, le blogue, très actif, publie chaque jour des articles de qualité traitant de littérature rédigés par l’une de leurs nombreuses collaboratrices bénévoles. Cette assiduité a permis au Fil rouge, selon ses investigatrices, de se créer une communauté vaste à travers le Québec en plus de fidéliser leur clientèle active. «En réalité, la raison pour laquelle nous avons créé Le fil rouge, c’est qu’on aime vraiment beaucoup lire. On voulait offrir une forme de bibliothérapie, proposer des lectures qui font du bien.»

Il demeure difficile, en 2018, de vivre de la littérature au Québec. Si Marjorie Rhéaume et Martine Latendresse ont, en marge de leurs engagements avec Le fil rouge, des emplois à temps plein, il reste que leur enthousiasme et leur amour des mots sont contagieux et que leur entreprise gagne en fidèles lectrices années après année. 

Petit à petit, Le fil rouge tisse sa toile et continue de créer, entre lecteurs et écrivains, des liens forts autour de l’amour des mots.

📚 Le fil rouge

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