Le premier festival de la décroissance au Québec a eu lieu le 6 octobre dernier au Campus MIL de l’Université de Montréal. L’événement s’est créé de manière spontanée et s’est organisé en trois mois. On revient sur cette journée de rencontre marquée par l’optimisme malgré tout, alors que les nouvelles sont loin d’être toujours bonnes.

On entend beaucoup parler de la décroissance depuis quelques mois. L’intérêt s’en retrouve amplifié par les nombreux reportages qui y sont consacrés. Pourtant, le mouvement n’est pas jeune, mais expérimente un souffle nouveau. C’est avec ce regain que le philosophe québécois de la décroissance Louis Marion, ainsi que le Collectif décroissance conviviale, ont conçu cet événement, qui se veut un appel à la mobilisation.

Renaissance du mouvement québécois

Le premier colloque sur la décroissance avait eu lieu à Lyon, en France, en 2003 – malgré que la théorie soit née dans les années 70 – et au Québec, c’est en 2005 que le premier groupe de réflexion sur le sujet fait son apparition. 

«Je fais partie de ceux et celles qui, depuis quelques années, essaient de faire comprendre que sur une planète fermée, ronde et limitée, et aux ressources finies, on ne peut avoir une croissance infinie.» C’est sur ce ton que commence l’allocution de l’écrivain et médecin Serge Mongeau, co-auteur du Manifeste pour une décroissance conviviale.

Crédit photo: Rose Carine Henriquez.

Crédit photo: Rose Carine Henriquez.

Dans sa brève histoire de la décroissance, on en retient la jeunesse d’un mouvement qui s’est essoufflé, du moins au Québec, mais qui revient inévitablement avec une nouvelle génération engagée et prête aux changements. Pour lui, le concept représente un pas de côté et une manière de concevoir la vie différemment. «Nous parlons de décroissance conviviale, car il s’agit de changements à faire ensemble, de trouver des solutions collectives à mettre en marche.» Et d’après l’écrivain, ce changement est possible en passant par la simplicité volontaire. 

Comprendre nos défis

La programmation du festival de la décroissance, qui a réuni une dizaine de conférenciers, abordait des pistes solutions, mais faisait également le portrait des enjeux réels auxquels nous faisons face en tant qu’espèce. Et l'un des plus grands défis demeurent les dérèglements climatiques, assure Jérémy Bouchez, membre du collectif et co-organisateur de l’évènement. «Nous avons mis simultanément le feu à d’autres pièces de la maison, explique-t-il. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que les dérèglements climatiques viennent exacerber certaines autres problématiques. Ils rajoutent de la pression sur les écosystèmes déjà fragilisés et toutes les espèces qu’ils abritent.»

Détenteur d’une maitrise en sciences de l’environnement à l’UQAM, il en a fait son sujet de maitrise. Sa conférence avait pour sujet central l’emballement climatique, un phénomène qui semble inévitable. Prenons la fonte des glaces en Arctique qui est un exemple de cette accélération de nos changements climatiques. «Il faudrait être fou à lier en 2018 pour croire qu’on pourrait continuer encore quelques années seulement, estime Jérémy Bouchez. Levons-nous, indignons-nous, changeons et organisons la décroissance au lieu de la subir.»

Le Collectif de la décroissance conviviale a le souhait d’organiser d’autres conférences à l'avenir et le succès de ce premier évènement démontre un intérêt et une soif de comprendre de la part des citoyens.