Les débuts de la Ferme des Praz remontent à 2012, année où la famille Groux achète ses premières vaches. C'est ensuite, en 2017, qu'ils deviennent propriétaires d'un abattoir. Nous avons rencontré Christel Groux, copropriétaire de la ferme et de la boucherie Des Praz, lors de la Foire Gourmande de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est Ontarien.

Bonjour! Pouvez-vous nous parler de votre parcours?

Je suis Christel Groux, copropriétaire de la ferme et de la boucherie Des Praz avec mon conjoint. On est producteurs de boeuf à Rémigny dans le Témiscamingue. Ça fait déjà longtemps et on voulait commercialiser notre boeuf donc a décidé de voir ce qu’on pouvait faire pour se rendre le plus près possible du consommateur. En région, il n'y avait pas d'abattoir provincial où on pouvait faire abattre les animaux, il fallait les envoyer loin, mais il y avait un abattoir de proximité à Rouyn-Noranda.

En décembre 2015, on est allés rencontrer le propriétaire et quand on lui a demandé s’il voulait travailler avec nous, il nous a dit qu’il voulait vendre pour prendre sa retraite. Mon chum et moi, ce n'était pas le projet qu’on avait en tête initialement, mais finalement après réflexion on l’a rappelé et on a dit ok! En janvier 2016, on a préparé l’offre d’achat et l’année a servi à préparer le plan d’affaires et chercher le financement. On est tombés propriétaires début janvier 2017. Depuis, on opère l’abattoir, la boucherie pis tout!

Un mot pour définir le type de travailleuse que vous êtes…

Acharnée.

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D’où provient votre amour pour la boucherie?

Je suis fille de producteur agricole et je viens de la Suisse. Ça faisait longtemps que dans ma famille on était éleveurs donc ça, c’est tout le temps quelque chose qui est resté. Moi l’aspect de l'élevage c’est quelque chose qui m’intéressait beaucoup, puis l’aspect boucherie c'était une façon pour pouvoir rendre le produit au consommateur. C’est venu un peu tout seul, en fait. 

Dans ma famille, j’ai des oncles qui font un peu de boucheries, et le grand-père de mon conjoint et l'un de ses oncles étaient bouchers. Quand on était tout jeune, c’était quelque chose qui gravitait autour de nous et qu’on connaissait un peu. Avant de me lancer à temps plein dans l’aventure, j’ai travaillé dans des organisations qui faisaient la promotion du boeuf en région donc je savais qu’il y avait des choses à faire.

Qu’est-ce qui rend vos produits uniques?

C’est la seule boucherie au Québec qui appartient à des producteurs agricoles et qui possède aussi leur propre abattoir dans la production bovine.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné avant de lancer votre entreprise?

On nous a surtout fait beaucoup peur! D’être tenace, je pense. Quand on présentait le projet à d’autres mondes que le monde agricole, ils trouvaient tous que ça tenait la route, mais quand on le présentait au monde agricole, ils avaient tendance à nous décourager. Ça m’a un peu surpris. Il faut être persévérant.

C’est aussi le conseil que vous donneriez à quelqu’un qui souhaite démarrer son affaire?

Tout à fait! J’ai justement une amie qui se bâtit une petite usine laitière et parfois elle m’appelle et elle est découragée. Je lui dis que ça va être ça; des hauts et des bas, mais il ne faut pas lâcher. C’est le fun! 

On se lève le matin et on est content, on sait que parfois c’est pas facile. La plus belle paie, c’est la tape du client sur notre épaule. Quand on produisait juste du boeuf, on n’avait pas ça parce qu’on produisait l’animal, après ça on le vendait et on ne savait pas finalement ce qui arrivait avec et qui en profitait. Tandis que là, on a un contact tangible avec les clients et c’est super.

Avez-vous des nouveautés à venir?

Notre participation à la Foire Gourmande de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est Ontarien, c’est tout nouveau. Étant donné qu’on est un abattoir de proximité, normalement on peut vendre notre viande uniquement sur le site de l’abattoir, à moins que le ministre nous autorise un deuxième site d’exploitation. 

Je trouvais ça dommage parce que ce qu'on souhaite, c’est d’aller plus dans le marché de proximité. On fait des livraisons dans les marchés publics, mais on ne pouvait pas avoir un assortiment de produits puis vendre ou amener des produits et les faire déguster. Là on a déposé une demande pour avoir un permis afin de pouvoir vendre plus facilement, mais pas à une adresse fixe. On va pouvoir faire des marchés de Noël, des boutiques pop-up, on a plein d'idées!

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👉 Boucherie Des Praz

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