La Tasse est une nouvelle initiative qui réunit plusieurs cafés indépendants de Villeray autour d’un premier système de gobelets à cafés consignés au Québec. Un objet «ostentatoire» volontairement visible avec sa couleur bleu ciel dont le lancement aura lieu le 30 août au café Chez L’éditeur, l'un des membres.

C’est le 5 juin dernier lors de la journée mondiale de l’environnement que l’Éco-quartier de Villeray a fait l’annonce de cette initiative, dont l’idée originale vient du café Oui mais non. «Oui mais Non avait déjà un système de consigne dans leur café, mais ils en voyaient les limites, raconte le responsable de l’Éco-quartier de Villeray, Blaise Rémillard. Ils n’arrivaient pas à avoir un prix intéressant, les gens partaient avec la tasse et ne la ramenaient pas. Ça ne challengeait pas beaucoup les utilisateurs du gobelet jetable. Et ils ont vu que ce qui manquait, c’était l’effet de réseau.» Une dizaine de commerçants se sont ainsi joints au projet, comme le café Perko, le comptoir Sainte-Cécile ou encore Les Faiseurs.

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Le fonctionnement de La Tasse est simple. On l’obtient au coût de 5$ dans l’un des commerces du réseau et on est ensuite libre de la ramener dans un autre café et être remboursé de son dépôt. Même si l’initiative ne se retrouve que dans Villeray pour le moment, l’objectif est d’avoir un système universel à l’échelle du Québec selon M. Rémillard, et de pouvoir laisser sa tasse à destination, peu importe où celle-ci se trouve.

Offrir une alternative

En réponse à un sondage réalisé par l’Éco-quartier de Villeray au début du projet, 97% des répondants se disaient intéressés par une telle initiative, preuve d’une prise de conscience. «Ça nous a permis de voir l’impact symbolique que ça pouvait avoir de se dire qu’il y a une option réutilisable pour tout. Nous, notre exemple, c’est le gobelet jetable. Mais pour tous les produits jetables, il y a des options», déclare M. Rémillard.

Les prochains mois seront décisifs pour l’initiative, mais on ressent déjà un grand intérêt de la part des consommateurs selon M. Rémillard. C’est aussi l’occasion de continuer l’éducation citoyenne et d'amener les Montréalais à considérer un autre choix de consommation.

«C’est certain que le client qui va se faire proposer [cette tasse réutilisable], qu’il la prenne ou pas, ça va inciter une réflexion, pas seulement sur l’usage des gobelets jetables, mais sur toute une panoplie de choses. Ça va amener une discussion.» Cela se remarque davantage sur les réseaux sociaux où les internautes se font curieux et s’enquièrent déjà des prochaines étapes, mais aussi du processus de production de La Tasse.

Des enjeux de conception

Avoir un nouveau produit sur le marché amène son lot de questionnements et de critères. Il fallait que ce soit solide, étanche et pratique, mais il devait aussi répondre à son but premier; réduire l'empreinte écologique. «On voulait un produit qui avait vraiment un très faible impact, précise M. Rémillard. On s’est renseigné, on a consulté des études sur le cycle de vie. On s’est rendu compte que c’est vraiment ce plastique-là, le no5 qui a le plus faible impact.» Il s’agit également de l’un des plastiques sans danger pour l’usage alimentaire.

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Un réseau solidaire

La mise en place de ce système est possible entre autres grâce à la solidarité née entre les commerces participants. Un véritable esprit de communauté, remarque le responsable de l’Éco-quartier. «C’était un constat très agréable de voir que les commerçants qui étaient dans le projet n’étaient pas là pour une raison d’image, mais pour offrir un nouveau produit et apporter une solution à un problème environnemental, exprime M. Rémillard. Ils collaboraient extrêmement bien entre eux. Ils n’étaient pas dans une logique de compétition à travers ça, mais vraiment dans l’idée de faire un système qui convienne à plus de gens possibles. Ils le faisaient avec cœur et conviction.»

👉 La Tasse

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Le lancement officiel aura lieu le 30 aout dès 11h au café Chez l'Éditeur.