Muni de son appareil photo, Franck Billaud valorise les personnes et les communautés grâce à la puissance de l’image. Le «photographe optimiste» nous raconte la richesse de son parcours d’études au Carrefour des Arts de la Scène et de l’Entrepreneuriat (CASE).

Programme B

Avec un pincement au coeur, Franck Billaud a complété cette semaine les dernières heures de la formation en représentation et en gérance d’artistes du CASE. La veille de notre entretien, la plus récente cohorte de ce programme gratuit s’est rassemblée pour souligner la fin d'un parcours d'études qu'ils suivaient ensemble depuis mars dernier. Bilan d’une expérience passionnante

Franck Billaud. Crédit photo: Adriana Cruz.

Franck Billaud. Crédit photo: Adriana Cruz.

Bonjour Franck! Pouvez-vous nous décrire un peu votre parcours professionnel?

Après une formation en design industriel, j’ai œuvré dans les domaines de la communication en France. Au Québec, j’ai mis mes compétences au service de l’économie sociale et de la coopération internationale où j’ai été responsable des communications de Micro Recyc Coopération, un organisme qui donne une seconde vie à l’équipement informatique dans des communautés dans le besoin. On a d’ailleurs ouvert deux centres au Cameroun et en Haïti qui valorisent l’humain et partagent les savoirs via les technologies de l’information. À ce moment-là, je faisais déjà beaucoup de photo pour les différents projets de l’entreprise. Il y a deux ans, j’ai dû quitter mes fonctions quand l’OBNL a éprouvé des difficultés financières, et j’en ai donc profité pour me lancer à mon compte comme photographe.

Vous êtes un photographe d’expérience. Pourquoi avoir choisi le CASE?

J’ai d’abord entrepris le SAJE (maintenant appelée l’École des entrepreneurs), un programme destiné aux nouveaux entrepreneurs, où j’ai eu l’occasion de m’exercer. Je me suis toutefois rendu compte qu’il me manquait des outils que je n’arrivais pas encore à identifier. Plus tard, j’ai aperçu une annonce du CASE sur Internet et le fait que la formation s’adresse spécifiquement aux artistes a tout de suite attiré mon attention. J’étais bien loin d’imaginer un programme aussi riche et vibrant, mais aussi semé de défis.

Selon vous, quelles sont les forces du programme?

Les méthodes d’enseignement du CASE sont uniques, d’une part parce qu’il permet aux gens de se retrouver devant une problématique commune: le métier d’artiste. C’est l’une des seules écoles qui prend en considération les réalités concrètes du marché. On aborde des stratégies gagnantes, conventionnelles ou non, pour se financer et vendre son art. Ça paraît déstabilisant au départ, mais les retours des professeurs et des collègues se révèlent très formateurs. 

Les cours sont de nature pratique. À partir d’analyses de cas, nous avons improvisé dans des mises en situation. C’est comme avoir accès à des mini-études de marché instantanées. De plus, d’anciens élèves viennent partager leurs expériences en classe. Enfin, les enseignants détiennent une grande connaissance dans le milieu culturel en tant qu’artistes, mais aussi dans des métiers connexes comme celui d’avocat spécialisé dans le domaine des arts dans le cas d’Hubert Mansion.

Quels points seraient à améliorer?

Le CASE devrait offrir un suivi, trois ou six mois après la fin des cours. Certains professeurs le font déjà bénévolement, mais on pourrait l’inclure systématiquement dans les services aux étudiants. Je bonifierais aussi le parcours avec davantage de cours.

Comment décririez-vous le format du programme?

Au début de la session, les classes comptaient 40 élèves. Les leçons et les ateliers se donnent à Verdun deux jours complets par semaine et une soirée en vidéoconférence.

Avez-vous continué à travailler pendant vos études?

Oui, mais ça demande beaucoup sur le plan de la gestion du temps. C’est un grand investissement personnel et professionnel, les deux étant souvent intimement liés chez les artistes.

À qui s’adresse le CASE?

À tout le monde, et plus particulièrement à ceux qui désirent valider un projet ou un service. Ça ne nécessite pas non plus un sens inné des affaires. N’importe quels entrepreneur ou travailleur autonome ouverts d’esprit peuvent bénéficier de la formation. Elle s’adapte bien à d’autres domaines comme le soin, de la pédagogie ou la psychologie. Par exemple, une personne dans ma cohorte s’occupe de la finance et offre son expertise aux artistes.

À quoi ressemblent vos projets d’avenir?

Je repars avec une tonne d’inspiration, et de motivation! Je désire prendre tout ce que j’ai pu avoir comme matière pour la mettre en pratique, aussi bien dans les services que je propose que dans la façon dont je me présente. Le CASE a profondément changé la façon dont je bâtis mon réseau, et je vends plus facilement mes services aux prestataires. J’ai également eu des élans de collaboration avec d’autres artistes de ma cohorte, dont un projet de documentaire. En parallèle, je continue la photographie et je donne des ateliers d’introduction au tableau de vision, une technique qui utilise l’image comme outil de motivation aux nouveaux arrivants et aux enfants.

Vous pouvez rejoindre la prochaine cohorte du CASE jusqu’au 11 septembre 2018. Pour plus de détails ou pour vous inscrire, visitez le site web de l’école!

👉 Le Carrefour des Arts de la Scène et de l’Entrepreneuriat

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