Après le succès de «Banlieue! Ordre et désordre» en 2015, la grande exposition revient sous le titre «Triennale Banlieue! Là où se prépare le futur» à la Maison des arts de Laval jusqu’au 4 novembre prochain. À travers les œuvres d’une quinzaine d’artistes, on pose un regard nouveau sur la banlieue nord-américaine comme on ne se l’imagine pas.

À l’origine du projet, il y avait ce besoin d’acquérir une indépendance et d’enlever de l’imaginaire les images clichées de la banlieue qui n’est plus celle qu’elle a été. «Il y a une émancipation des banlieues aujourd’hui, à tout point de vue, au niveau des transports, et en ce qui nous concerne particulièrement, au niveau de l’offre culturelle qu’on se doit d’offrir aux citoyens», déclare la co-commissaire Jasmine Colizza.

La thématique s’est révélée assez riche pour que la muséologue responsable des arts visuels veuille retenter l’expérience de ce qui devait être un événement unique, en s’entourant cette fois-ci de deux autres commissaires, Julie Alary Lavallée et Nicole Thibault, dans une optique de faire grandir l’événement. «On s’aperçoit rapidement que la banlieue est riche, qu’on peut l’aborder et l’approfondir de plein de façons», soulève-t-elle.

Crédit photo: Rose Carine Henriquez

Crédit photo: Rose Carine Henriquez

Dialogue de disciplines

Comme lors de la première édition, l’interdisciplinarité est un élément central. En 2015, l’exposition côtoyait la littérature sous la responsabilité de l’auteure Catherine Cormier Larose. Cette année, le théâtre est à l’honneur avec le projet Enfabulation, une série de témoignages touchants de Lavallois-es qui racontent leur rapport à la banlieue.

La performance théâtrale est le résultat d’ateliers d’écriture dirigés par l’auteure Juliana Léveillé-Trudel. «C’est une forme de storytelling, explique Mme Colizza. Elle a adapté ce projet à la thématique de la mobilité de la banlieue avec des citoyens. Chacun d’eux parle de leur arrivée en banlieue surtout, et puis, comment ça a été vécu. C’est très émotif, car c’est sur un plan très personnel.»

Crédit photo: Rose Carine Henriquez

Crédit photo: Rose Carine Henriquez

Le mouvement des villes

C’est sous l’angle de la mobilité que se développe Triennale Banlieue! Là où se prépare le futur, de quelle manière celle-ci prend forme dans les actes quotidiens ou dans l’expérience migratoire. Par exemple, l’œuvre vidéo de Parisa Fouroutan, d’origine iranienne, explore son premier contact avec la banlieue. «Elle le voyait de loin comme un lieu de confort, mais en même temps, qui peut créer aussi quand on commence à le vivre, un sentiment d’inaccessibilité, commente Mme Colizza. Parce que la banlieue, ce n’est pas que pour les riches. Il y a des banlieues qui ont certaines problématiques sociales ou urbanistiques.»

De son côté, dans son installation qui fait appel à l’humour selon la co-commissaire, Julie Lequin raconte cette même désillusion. «Elle a déménagé à Boucherville avec beaucoup d’attentes, le désir de joindre une communauté de gens. Et finalement, elle aussi, ce désir-là est contrarié.»

Crédit photo: Rose Carine Henriquez

Crédit photo: Rose Carine Henriquez

La banlieue nourrit un fantasme que l’on retrouve dans L’île aux mouettes de Catherine Bolduc. «Tout son travail oscille souvent, entre enchantement et désenchantement, poursuit Mme Colizza. On trouvait ça assez intéressant en fait, d’avoir une œuvre qui ne soit pas littérale, mais qui ne nous fait pas tant réfléchir que ressentir une certaine beauté, une certaine aspiration à mieux.» Comme dans Compact Home de Mahmoud Obeidi, artiste irako-canadien qui rassemble les traces de sa migration dans un livre, trace de la douleur de la perte et de cette quête d’un chez soi.

Crédit photo: Rose Carine Henriquez

Crédit photo: Rose Carine Henriquez

Triennale Banlieue! Là où se prépare le futur

👉 À la Maison des arts de Laval – Jusqu'au 4 novembre. Plus d'infos par ici.

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