Depuis trois ans, l’OBNL La Piscine se déploie dans le milieu entrepreneurial avec la mission d’accompagner des entrepreneurs culturels et créatifs tout en élaborant un écosystème propice et une communauté à l’aide de l’ouverture d’un premier lieu dédié à ce secteur d’activité.

Comme un maitre-nageur accompagne ses apprentis dans leurs premières expériences de nage, La Piscine, à travers ses services et ses programmes, propose un accompagnement aux entrepreneurs provenant des milieux culturels et créatifs. Arborant des noms comme «Le petit bassin», «Plouf» ou le «Le Deep Dive», les offres de l’entreprise varient en temps, investissements et expertises.

Pour continuer dans l’analogie, la clientèle ciblée par La Piscine doit cependant déjà avoir un pied dans l’eau et c’est pour cela que la plateforme se définit comme un accélérateur et pas simplement comme un incubateur. «Ils ont déjà testé quelque chose, ils ont déjà des clients. Ils sont déjà sur la scène internationale, ils ont signé des contrats un peu partout, développe le co-directeur général David Moss, responsable du développement stratégique et des opérations de La Piscine. Mais ils n’ont pas la capacité entrepreneuriale ni de gestion pour créer un organisme qui peut capturer la valeur de leur idée par exemple.»

David Moss. Crédit: Susan Moss.

David Moss. Crédit: Susan Moss.

Une initiative telle que La Piscine répond à la réalité et à l’effervescence de Montréal en matière d’entrepreneuriat. «Il y a ici un bassin de talents extrêmement impressionnants et distinctifs», relève M. Moss. Mais le milieu culturel a ses propres problématiques, comme l’union délicate entre l’artiste et l’entrepreneur, un besoin auquel l’organisme tente de répondre. «Les artistes et les créateurs peuvent avoir un manque de connaissances et de compréhension, par définition de leur métier, de comment on gère notre affaire comme un entrepreneur, pense M. Moss. Cet esprit-là, ce n’est pas un savoir-faire, c’est un savoir-être.»

Le Rodier, un lieu et une portée sociale

À cette raison d’être s’ajoute un désir de créer une communauté entrepreneuriale en lui consacrant un lieu physique où se réunir et se développer, ce qui est une première dans le milieu. «Notre deuxième mandat est de catalyser le développement et le soutien d’un écosystème dévoué à l’entrepreneuriat culturel et créatif et le Rodier est l’outil, si on peut le dire, pour mobiliser une communauté», déclare M. Ross.

Le bâtiment patrimonial situé dans le quartier Griffintown, dont on espère une ouverture au printemps 2019, offrira plusieurs types d’espaces: un espace destiné à la formation, un espace public et collaboratif et un espace locatif. «Il y a une volonté sérieuse d’avoir un rôle civique. On parle de l’impact de la culture et la créativité. Ce n’est pas juste économique, c’est social, avance M. Moss. Il faut avoir une résonnance et une pertinence hyper locale pour avoir du succès ailleurs.» La manière dont le Rodier s’insère dans le Quartier de l’Innovation et les collaborations qui en résultent seront essentielles selon le co-directeur. 

Le Rodier. Crédit: Cabinet d'architecture Provencher Roy.

Le Rodier. Crédit: Cabinet d'architecture Provencher Roy.

La Piscine au présent 

Encore en pleine extension – on s’attend à plusieurs annonces à l’automne 2018, dont le lancement du premier programme thématique «Le Petit bassin» – la plateforme soutient déjà quelques entreprises. 

«Ce sont de vrais innovateurs, de jeunes entreprises qui ont déjà un certain rythme, explique-t-il. On les avait identifiés comme des organismes qui peuvent profiter de nos expertises. Il y a déjà cette demande-là.» Parmi eux, on compte le studio de conception multimédia Hub Studio ou la compagnie de créations artistiques et performatives Human Playground. Les projets partagent tous comme fil conducteur le numérique remarque d'ailleurs David Moss. 

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