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La grande journée des petits entrepreneurs: Semer la créativité

La grande journée des petits entrepreneurs: Semer la créativité

Enfants, Mathieu Ouellet, Catherine Morrissette et Isabelle Genest prenaient un malin plaisir à vendre tout ce qui pouvait leur tomber sous la main. Pour cette dernière, c’étaient notamment des billets de concert promis aux membres de sa famille musiciens… Pour un spectacle qui n’existait pas encore! Après avoir chacun fondé une famille, ces souvenirs précieux les ont poussés à créer La grande journée des petits entrepreneurs qui encourage les jeunes à faire de même et se lancer dans la passion qui les anime, le temps d’une journée d’été.

Isabelle Genest, aujourd’hui vice-présidente de Centraide, souligne que le but de La grande journée n’est pas seulement d’inciter les enfants à choisir l’entrepreneuriat comme voie professionnelle: «On suscite beaucoup de vocations et d’ambitions, mais le but c’est que les enfants aient du plaisir et se sentent soutenus dans un projet qu’ils ont bâti de A à Z.»

Un succès instantané

Ce qui devait être un petit rassemblement local d’une centaine de personnes à Québec s’est répandu un peu partout dans la province dès la deuxième année pour mobiliser des communautés entières. Inutile de dire que l’ampleur de l’initiative a pratiquement explosé en cinq ans, avec 5000 inscrits répartis dans 80 carrefours cette année.

Forte d’un tel engouement, La grande journée des petits entrepreneurs bénéficie du soutien grandissant du monde des affaires québécois. Probablement parce que les gestionnaires d’entreprises ont, eux aussi, été des enfants qui voyaient grand. Des partenaires influents comme la Caisse de dépôt et placement du Québec identifient l’initiative comme un investissement à long terme qui peut rapporter gros à l’économie québécoise dans l’avenir. «C’est notre apport au tissu économique et social du Québec de demain», affirme Isabelle Genest.

Dans une entreprise près de chez vous

Le sens du voisinage est omniprésent dans les rassemblements, et c’est logique. Qui appelle-t-on en premier lorsqu’on lance une campagne de recrutement ou de levée de fonds? Les proches immédiats, ou ce qu’on appelle le «love money» dans le jargon marketing, sont les plus susceptibles de débourser de leurs poches ou d’alimenter le bouche-à-oreille pour une entreprise naissante. Grâce à l’application mobile de l’évènement, le public peut également se créer un itinéraire en consultant la carte des petites entreprises par quartier.

Confiseries sans allergènes, bombes de bain artisanales et ensembles de piñatas, les «mauvais» projets n’existent pas, dans la mesure où l’enfant éprouve du plaisir dans ce qu’il accomplit.

Candides et visionnaires, les participants ne se font pas prier pour sortir des sentiers battus. Quelques enfants s’improvisent philanthropes en herbe en versant une partie de leurs profits à différentes causes qui leur tient à coeur. Une petite entreprise a notamment amassé 287$ pour l’Hôpital Sainte-Justine. D’autres ont payé de leur propre poche les frais de leur camp d’équitation, une belle leçon pour inculquer le sens de l’épargne. Enfin, certains explorent déjà des stratégies marketing comme les commandes en ligne par l’entremise des médias sociaux et la distribution d’échantillons.

La grande journée s’avère aussi un catalyseur d’amitiés. Isabelle Genest remarque des mentorats se former entre frères et soeurs ou amis, entre les enfants initiés ayant participé aux éditions précédentes et les débutants. «Il y a même des coentreprises qui se forment!», s’exclame-t-elle, en faisant référence à ces enfants qui décident de s’associer après avoir fait connaissance pendant un rassemblement.

Rite de passage estival

Dans la même veine, les organisateurs proposent des outils destinés aux enfants, parents et enseignants pour réaliser et faire connaître les projets. Sur le site web de l’évènement, ils peuvent notamment télécharger des modèles de budget et d’échéancier, des exemples de plan marketing, et des exercices de mathématiques et de français en lien avec la création d’entreprises.

Pour la suite, Isabelle Genest et les autres fondateurs aspirent à faire de La grande journée des petits entrepreneurs une tradition annuelle, au même titre que le 1er juillet, journée officielle du déménagement au Québec, ou que les ventes de garage printanières. Les rassemblements risquent également de déborder en Ontario pour éventuellement grandir jusqu’à l’échelle nationale.

«On veut non seulement montrer que c’est bien simple de monter un projet intéressant, mais que ce genre d’initiative transmet des valeurs essentielles au développement de l’enfant, souligne-t-elle. C’est important d’être ambitieux et d’être fier d’avoir du succès et de gagner ses propres sous, peu importe l’âge. Si ces valeurs sont transmises, le but primordial de l’évènement est atteint.» Dans le contexte créatif et entrepreneurial actuel, même si elles ne germent pas sous forme de nouvelles entreprises, le Québec va forcément bénéficier des ces graines d’imagination et d’entraide semées. 

https://www.instagram.com/p/BGzN5vvvi0s

La grande journée des petits entrepreneurs

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⏩ Le 16 juin 2018. Pour connaitre les localisations des jeunes entreprises.

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