Saviez-vous que le cacao était un aliment vénéré par les Aztèques et les Mayas? De quelle façon cette fève aux nombreuses vertus a-t-elle évolué? C'est ce que vous découvrirez en visitant le Musée du chocolat de Québec. Ce dernier contient une imposante collection d'artefacts qui retracent le chemin de la fève du cacaoyer. Entretien avec Cédric Allain, chocolatier-pâtissier et copropriétaire d'Érico, chocolaterie créative et Musée du chocolat.

Dans le paysage du Vieux-Québec, une chocolaterie créative fait figure de proue depuis trente ans. Érico contient d'ailleurs en ses murs le Musée du chocolat, qui fête ses 18 ans cette année.

Perpétuer la philosophie d'Éric Normand

Le commerce a été mis sur pied par Éric Normand en 1987. Éric Louinet et Cédric Allain en sont aujourd'hui copropriétaires. Ce dernier a étudié dans ce domaine pendant cinq ans en France. «J'ai d'abord commencé en cuisine, ensuite j'ai étudié en pâtisserie, pour finalement me spécialiser dans le chocolat. Cela fait plus de 20 ans que je suis dans le milieu. On peut dire que je fais partie des anciens! [rires]» Les deux chocolatiers-pâtissiers ont pris le flambeau à la suite du départ du créateur de l'entreprise, en juin 2014. «On maintient les bonnes fondations», assure-t-il.

À ses débuts, Éric Normand fabriquait des sucres à la crème et des fudges qu'il vendait dans environ cinquante points de vente autour de Québec. En 1988, la petite entreprise se spécialise dans les chocolats fins, et offre davantage de produits: crème glacée artisanale, brownies et biscuits. Puis, un comptoir de vente ouvre dans un café du quartier Saint-Jean-Baptiste. Grâce à la popularité du concept, Érico déménage en 1993 dans un local plus spacieux, et en 2000, le Musée du chocolat Érico est inauguré.

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Découvrir l'histoire du cacao

Dans le petit espace d'interprétation annexé à la chocolaterie, on peut en apprendre plus sur l'histoire du chocolat, des Mayas à aujourd'hui. Réalisé par des designers muséologues, le Musée propose une collection où sont exposés plus de 200 artefacts anciens et contemporains, provenant des Caraïbes, du Mexique et de l’Europe. 

On apprend également les procédés de fabrication du chocolat, et les diverses étapes de transformation pour arriver à un produit fini. Cédric Allain explique davantage le concept: «Si on est très studieux et qu'on lit tous les panneaux, la visite peut prendre jusqu'à trente minutes. On peut visionner des vidéos sur la fabrication du chocolat, et prendre part à des petits jeux et des quiz!». La fève de cacao est notamment analysée dans un contexte historique, notamment à travers «l'histoire de la Nouvelle-France et du Canada [guerre des colonies françaises et anglaises], ainsi que certains pays d'Amérique Centrale. On explique aussi l'arrivée du cacao au Canada.» 

Le cofondateur mentionne d'ailleurs que le métier de chocolatier y est vulgarisé, et qu'on peut observer les artisans à l'oeuvre. «Une petite fenêtre donne sur le musée, alors on peut voir les chocolatiers travailler», précise-t-il. Les plus curieux pourront alors épier les chefs et se mettre l'eau à la bouche.

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Travailler avec soin et précision

Cédric Allain mentionne que le défi principal d'un chocolatier est de respecter le produit. «Le chocolat est une matière première très noble. On travaille avec un produit naturel de qualité, et on doit s'assurer de sa fraîcheur», précise-t-il. 

Le commerce offre également des pâtisseries, des chocolats chauds et diverses sortes de desserts glacés. Il est également possible de personnaliser des chocolats. «Nos journées sont très organisées. ll y a parfois des demandes particulières, comme l'impression en haute définition[!] sur un gâteau.» Une gâterie à la croisée de la technologie, de l'art et de la gastronomie.

Dans un autre ordre d'idées, Cédric Allain explique que certaines périodes de l'année sont plus propices à la croissance des affaires. «Il y a trois départements principaux. La pâtisserie, c'est toute l'année. Pour la chocolaterie, les affaires se font surtout d'octobre à avril, de Halloween à Pâques. Finalement, la crème glacée se vend à partir de juin.» Des activités de dégustation et des ateliers de fabrication sont également offerts, et on peut même y louer une fontaine de chocolat. De quoi ravir les amoureux des plaisirs chocolatés!

Les différents organismes et concours ne tarissent pas d'éloges sur cette chocolaterie originale. En effet, Érico a gagné de nombreuses reconnaissances: lauréat régional 2007 des Grands Prix du Tourisme Québécois, finaliste pour le Chef Pâtissier de l'année 2011 (province de Québec), et élu Chef Pâtissier en 2009 (région de Québec) par la SCCPQ. «On reçoit le Lauréat du Certificat d'Excellence TripAdvisor à chaque année depuis 2013. Aussi, étant donné qu'on a un musée, on est répertorié dans plusieurs magazines et guides touristiques.» En effet, certaines visites guidées dans le Vieux-Québec comprennent un arrêt à la fabrique. «On veut faire découvrir la culture québécoise», dit-il.

Chocolaterie et Musée du Chocolat Érico 

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La salle d’exposition est en visite libre et gratuite.