Vitrine sur l’Art: Ancrer l’art contemporain dans le quotidien des Montréalais - Baron Mag
Jusqu’au 16 septembre, l’exposition urbaine Vitrine sur l’Art revient pour une troisième édition. Lancé sous l’initiative d’Art Souterrain, le projet vise à exposer une quinzaine d’artistes dans des vitrines de commerces à louer au centre-ville de Montréal, les transformant ainsi en galeries d’art transitoires. Soutenu par une thématique engagée et inspirante: «L’art de redéfinir le genre», Vitrine sur l’Art souhaite inciter les passants au questionnement.

Grâce à plusieurs projets artistiques annuels, l’organisme Art Souterrain cherche à rendre l’art contemporain accessible au grand public en le déployant ailleurs qu’au sein des lieux d’expositions traditionnels. Vitrine sur l’Art est l’une de ces initiatives. Divers locaux vacants ont ainsi été transformés en galeries temporaires pour une exposition gratuite tout l’été.

Créer un dialogue avec la rue

«Les musées, et encore plus les galeries sont souvent un processus intimidant. Être directement sur la place publique permet de soulever des questions», constate Marie Perrault, commissaire indépendante et consultante en art contemporain et art public.

En plus de mettre en valeur l'art québécois et de le faire connaître à un plus large bassin de citoyens, Vitrine sur l’Art souhaite également embellir les espaces commerciaux vides. L’équipe indique d’ailleurs qu’elle serait des plus heureuse si l’exposition permettait à l’un des espaces propriétaires de trouver un locataire. 

Avant tout, cette expo inusitée permet aux artistes de toucher une cible large. «Les artistes sont contents de l’opportunité. Beaucoup de personnes vont voir les oeuvres, même si elles ne vont pas forcément les interpréter correctement», déclare Marie Perrault. 

Or, pour permettre aux passants de comprendre le travail des artistes, des médiateurs sont présents devant chaque vitrine les samedis et dimanches de 12h à 17h. «Alors qu’une des oeuvres de Carl Boucher représente un cauchemar qu’il faisait étant enfant, une peur de chuter dans les escaliers et de soudainement se relever en tant que femme, une passante pensait qu’il s’agissait d’une prévention contre les accidents domestiques, confie-t-elle. Les médiateurs jouent donc un rôle important!»

Vitrine sur l'art (4)

Parallèlement, et toujours dans l’optique de répondre aux questions du public, des visites guidées sont prévues plusieurs dimanches d’été. Enfin, chaque mois, une activité spéciale permet de découvrir le parcours en abordant les œuvres autrement. Par exemple, le jeudi 16 août, une activité nocturne permettra de révéler une autre facette des vitrines.

Des lieux d’exposition en contraste avec leur thème

Avec «L’art de redéfinir le genre», Vitrine sur l’Art désire pousser les passants à la réflexion sans pour autant prendre position. «Le but est de désenclaver le sujet, de le rendre accessible pour faire naitre des questionnements», indique Frédéric Loury, fondateur et directeur général d’Art Souterrain. Il s’interroge toutefois: «Peut-on discuter de tout dans l’espace public?»

L’équipe d’Art Souterrain et la commissaire Marie Perrault ont sélectionné la quinzaine d’exposants non pas pour leur genre ou leur orientation sexuelle, mais simplement pour leur origine québécoise, estimant que «l’art se complexifie, s’enrichit avec des prises de position d’artistes non étiquetés ou qui ne justifient pas leur style par leur genre».

Vitrine sur l'art (5)

Alors que les vitrines sont des lieux qui mettent généralement en avant une certaine image de la femme et de l’homme, pour promouvoir un produit ou encore faire la publicité de services commerçants, Art Souterrain détourne leur usage traditionnel afin de faire passer un message différent grâce aux arts visuels. «Les vitrines sont un lieu de diffusion de stéréotypes liés au genre. Il est important d’y [instaurer] d’autres pratiques non militantes», estime Marie Perrault.

«Existe-t-il un art de femme ou un art d’homme?», se demandait Marie Perrault de manière rhétorique avant la toute première visite. 

Les œuvres éphémères s’élèvent et s’élèveront dans les prochains mois dans le quadrilatère bordé par les rues Bleury, Sainte-Catherine, Mackay et Sherbrooke permettant aux passants de s’interroger sur la question et, qui sait, de trouver leur propre réponse.

👉 Vitrine sur l'Art

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