Arnaud Monnet, finissant de l'École d'Ébénisterie d'Art de Montréal - Baron Mag
«Les notions d'équilibre et de flottement se retrouvent souvent dans les projets que je conçois, comme si je cherchais à donner une sorte d'instabilité à l'objet alors qu'en réalité il tiendra parfaitement en place.»
Crédit: ÉÉAM

Crédit: ÉÉAM

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Arnaud Monnet, finissant à l'ÉÉAM. J'ai quitté la France pour venir m'installer à Montréal en 2015. Après mes études secondaires, j'ai eu un peu de difficulté à trouver une filière d'études qui me correspondait vraiment. J'ai donc arrêté les études en arts plastiques que j'avais commencées en France pour prendre une année de pause et aller apprendre l'anglais en Angleterre. Là bas, j'ai eu beaucoup de temps pour faire le point et réfléchir à ce que je souhaitais faire. De fil en aiguille, l'idée de faire de l'ébénisterie a germé dans mon esprit, et j'ai donc choisi de me lancer dans cette voie qui réunissait à elle seule tous mes centres d'intérêt, à savoir la création, le dessin, et le travail manuel. 

Aujourd'hui, je développe une véritable passion pour cette matière, je suis pleinement épanoui et ne regrette aucunement mon choix d'être venu apprendre le travail du bois au Canada.

Un mot pour définir le type de travailleuse que vous êtes...

Enthousiaste. En essayant de l'être en toutes circonstances!

Quels outils sont essentiels à votre vie?

Mes stylos et feutres de dessins, je suis constamment en train de gribouiller des petites choses. Des carnets aussi, car j'écris beaucoup et dessine dès que j'en ai l'occasion. Plus subjectif et moins en rapport avec l'ébénisterie, je dirai mon vélo, car c'est le meilleur moyen de déplacement à Montréal!

Crédit photo: Annie Rossano

Crédit photo: Annie Rossano

À quoi ressemble votre espace de travail?

J'essaye d'être le plus organisé possible, et j'aime que chaque chose soit à sa place. Mais j'ai cette tendance à m'éparpiller un peu, ça arrive souvent que j'arrête ce que je suis en train de faire pour remettre un peu d'ordre sur mon établi par exemple! Je redémarre ainsi ma tâche avec un espace plus rangé. (Et ça redevient le fouillis ensuite!)

Qu’écoutez­-vous comme musique en travaillant?

En atelier, je n'ai que le bruit des machines et de mes pensées pour m'accompagner dans mon travail. Lorsque je dessine, j'aime bien écouter de la musique électronique par exemple, et lorsque j'écris, quelque chose de plus doux comme du jazz ou de la musique classique. À vrai dire, je n'ai pas de préférence particulière, le choix du style de musique se fera en fonction de mon humeur sur le moment.

Qu’est-ce qui vous inspire à créer?

Je suis assez attentif aux choses qui m'entourent et j'essaye de puiser mon inspiration partout où j'en ai l'occasion. Les notions d'équilibre et de flottement se retrouvent souvent dans les projets que je conçois, comme si je cherchais à donner une sorte d'instabilité à l'objet alors qu'en réalité il tiendra parfaitement en place. En général, je suis plus attiré par les formes angulaires; les origamis sont une bonne source d'inspiration pour ça. Mais ça arrive que des lignes plus organiques prennent part à mes créations. Également, j'aime beaucoup les meubles ou objets qui allient plusieurs matériaux, ou plusieurs essences de bois.

Crédit photo: Annie Rossano 

Crédit photo: Annie Rossano 

D’où provient cette envie de travailler le bois? 

L'idée de travailler avec cette matière m'est apparue pour la première fois après une grande discussion avec un créateur anglais de décors de cinéma. Au-delà du fait que je considère cette matière comme incroyable, tant par ses caractéristiques physiques que visuelles, c'est aussi toutes ces notions d'aménagement d'espaces et création d'environnements chaleureux qui me plaisent et m'attirent dans ce milieu.

Qu’est-ce que L’École d’ébénisterie d’Art de Montréal vous a apporté?

Lorsque je suis arrivé à l'ÉÉAM, je n'avais aucune compétence manuelle dans le travail du bois. C'est là-bas que j'ai appris toutes les techniques nécessaires pour mener à bien un projet. Nous sommes entourés de professeurs compétents qui ont un savoir-faire immense dans leur domaine respectif.

Ce que j'aime de cette école, c'est que nous ne sommes pas uniquement formés au travail en atelier. Il y a aussi une grande part de développement conceptuel en amont de chaque projet. C'est très excitant de voir évoluer une simple idée et d'aboutir à un projet fini après tout un processus de création mêlant joie et frustration.

Quels sont vos projets pour la suite?

Après l'école, je souhaiterais rester à Montréal encore quelques années pour continuer à profiter pleinement de mon expérience ici. À terme, mon objectif serait d'avoir mon atelier et vivre de mes propres créations. Cependant, je n'écarte pas la possibilité de partir travailler ailleurs pour découvrir ce qui se fait en matière d'art dans d'autres villes ou pays. Depuis mon enfance, j'ai beaucoup déménagé avec mes parents et je pense que ce besoin de changement d'environnement est ancré en moi et me suivra encore longtemps. 

ÉÉAM

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5445 avenue Lorimier - Montréal