«Instant Community»: une réflexion sur nos liens virtuels à travers la danse - Baron Mag
Du 24 au 27 janvier, la technologie s’invite plus que jamais sur une scène de danse. La compagnie Montréal Danse et le chorégraphe Peter Quanz présentent à l’Agora de la danse «Instant Community», un spectacle où les cellulaires et les tablettes électroniques prennent part, au même titre que les corps des quatre interprètes, à une chorégraphie originale qui marie technologies et émotions humaines.

Programme B

«N’éteignez surtout pas vos cellulaires», prévient-on les spectateurs. Instant Community s’apprête à explorer les multiples possibilités qu’offrent les technologies de poche qui font désormais partie de notre quotidien - et de la création artistique. On incite même les spectateurs à ne pas rester immobiles, mais à s’inviter à cette investigation dansante low-tech.

«Le public a la possibilité de prendre des photos et des vidéos de tout ce qui lui plaira pendant le spectacle. De la même manière, ils sont libres de se déplacer dans l'espace de la représentation afin de regarder les différentes images créées pendant la pièce, détaille la directrice de Montréal Danse Kathy Casey. C’est un spectacle rigoureusement structuré, mais c’est aussi un spectacle conçu pour être «déplacé» [shifted], en fonction de comment l'audience choisie de documenter et d’archiver le travail en cours.»

En effet, tout semble envisageable avec Instant Community qui laisse libre cours à des jeux d’illusion virtuels sur scène, un déploiement inusité alors qu'on assiste généralement à un spectacle pour y voir des corps et non des écrans. Ainsi, des collages d’images, de sons, de vidéos et des projections viennent se superposer en temps réel aux prouesses corporelles, pour venir former un territoire d’exploration en constante évolution. Une évolution qui vient analyser nos rapports à ces frontières entre réalité et virtualité. «C’est en quelque sorte, une réflexion sur la façon dont nous voyons le monde qui nous entoure. De quelle manière nous le capturons, le partageons, le changeons, l’immortalisons», illustre Mme Casey.

Toutefois, il ne s’agit pas de juger, ni encore moins de prendre position, la danse contemporaine vient ici réfléchir la compréhension commune de ces environnements connus, mais artificiels, qui évoquent et questionnent les liens communs, la notion même de communauté. Tous ces outils fonctionnels, qui permettent de nous immerger aussitôt dans de multiples communautés, y arrivent-ils sincèrement? N’est-on pas submergé par cette instantanéité?

C’est à travers la communion de ces dispositifs mobiles, des mouvements des danseurs et du public que la chorégraphie se crée et que le lien humain est testé. «La chorégraphie devient en fait nécessaire pour créer des images dans les appareils et nous voyons les interprètes accomplir de véritables actions pour créer des paysages fictifs. Et c’est à travers ces environnements fictifs, que nous pourrons voir s'il y a un espace pour de vraies connexions, pour une "communauté instantanée" [instant community]», soulève la directrice.

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En devenant au fil du temps une grande partie de nos vies, la question de comment créer une performance à travers les technologies, les interrogations qu’elles suscitent et les codes qu’elles modifient s’est posée à Montréal Danse qui a donné carte blanche au chorégraphe Peter Quanz. «La compagnie encourage toujours la création d'œuvres qui reflètent les temps dans lesquels nous vivons», tient d'ailleurs à préciser la directrice.

Instant Community, par son caractère à la fois légèrement futuriste et résolument anticonformiste, fait parti de la série de trois spectacles «Résistances plurielles» de l’Agora de la danse. Trois oeuvres qui repoussent les limites des conventions et des attentes traditionnelles, sélectionnées pour leur audace et leur désir de surprendre. «Les Résistances plurielles, je le soupçonne, auront une synergie similaire», conclut avec enthousiasme Mme Casey. 

Instant Community

Du 24 au 27 janvier à l'Agora de la danse

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