Le virage numérique, qui n'en finit plus de virer, aura eu beaucoup de conséquences. Entre la crise des médias, les nouvelles manières de consommer l'art et de percevoir notre rapport aux autres à travers les réseaux sociaux, on aura aussi pu voir l'éclosion de nouveaux métiers. La gestion de communauté est devenue un incontournable de toute entreprise qui se respecte. Qui sont ces gens qui ont pris le pas sur cette profession somme toute récente? À quoi ressemble leur quotidien? Et surtout, comment pratiquer un métier qui n'offre pas de formation claire? Dossier sur un métier en plein essor.

On peine déjà à s’adapter au virage numérique qui fluctue de jour en jour que déjà, il faut tout de même penser à l’avenir. De quoi sera fait demain? Entre Facebook qui tient sa communauté au creux de sa main, Instagram qui est en train de devenir un géant, Twitter qui perd de plus en plus de galon et tous les autres qui tentent de tirer leur épingle du jeu, qu’est-ce qui attend les gestionnaires de communauté?

Nadine Mathurin, conseillère réseaux sociaux et contenu web marketing chez Radio-Canada, a l’impression que les gestionnaires vont éventuellement devoir se spécialiser davantage par rapport aux plateformes qu’aux produits. «Pour l’instant, les gestionnaires de communauté sont attitrés à des marques et des produits. J’ai l’impression que ça va évoluer en se spécialisant davantage sur une plateforme sociale, et non une marque ou un produit. Mais ça bouge tellement vite, pour vrai, qui sait?»

Le métier risque-t-il de se définir encore davantage avec le temps? Nicolas Chikhani, chargé d’équipe de la stratégie numérique chez Hydro-Québec, est convaincu que oui. «Je crois que le métier va se scinder en deux spécialités. La gestion de communauté en tant que telle (publier des contenus et gérer les échange avec les internautes) d’un côté et la stratégie de l’autre (plan de communication, production du contenu, calendrier éditorial, etc.). C’est d’ailleurs ainsi qu’est structuré notre équipe.»

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Une opinion que partage Jean-François Bossé, conseiller info clientèle et réseaux sociaux à la Société de transport de Montréal. «Le métier est à cheval sur plusieurs types d’emplois et le restera; affaires publiques, marketing, stratégie numérique, ressources humaines et service à la clientèle, entre autres. Cependant, les attentes de la clientèle et le développement de technologies amèneront de nouvelles tâches et responsabilités. Le gestionnaire de communauté est et demeure l'une des grandes portes d’entrée du client vers l’entreprise.»

Un peu plus d'humanité, peut-être?

Les réseaux sociaux sont de plus en plus présents – si ce n’est même omniprésent – dans nos existences. Selon Étienne Lessard, gestionnaire de communauté à ESI Marketing, il faudra changer le statut et la vision des gestionnaires pour s’adapter à cette nouvelle réalité. «J'ai peut-être le naïf espoir que les médias sociaux vont s'humaniser avec le temps. Pour l'instant, nous les traitons encore comme des machines. Et pourtant, ils suivent exactement notre rythme de vie, nos habitudes, nos intérêts... Les médias sociaux sont en train de devenir un prolongement de soi. Il faudra donc ajuster, ou répartir, la tâche de gestion de communauté pour ne pas qu'on devienne des machines travaillant 24/7.»

C’est un beau rêve, n’est-ce pas? Si l’avenir du métier de gestionnaire de communauté demeure plutôt flou aujourd’hui, on peut déjà s’appuyer sur une certitude: ce sera très intéressant de le voir évoluer. 

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