Sophie Chapados, ébéniste et propriétaire de S. Chapados - Baron Mag
«J’ai toujours été attirée par la durabilité et la versatilité du bois. Ses différentes essences offrent chacune des teintes et des caractéristiques particulières. Ce large éventail m’offre beaucoup de possibilités d’expression.»

Programme B

En collaboration avec l'École d'ébénisterie d'art de Montréal

S. Chapados réalise des séries limitées de pièces de mobilier et d’accessoires utilitaires et décoratifs, ainsi que des projets sur mesure. Combinant techniques modernes et savoir-faire classiques, Sophie Chapados cherche à promouvoir l'habileté québécoise traditionnelle tout en réalisant des pièces contemporaines. 

Crédit photo: Maryse Cléro-Nobrega

Crédit photo: Maryse Cléro-Nobrega

Quel parcours vous a mené vers l'ébénisterie? 

Suite à un baccalauréat en architecture, je réalise qu’en plus de concevoir, je veux donner corps à mes concepts. Je me dirige tout naturellement vers l’ébénisterie qui me semble être le métier d’art le plus approprié pour exprimer mes idées. J’ai toujours été attirée par la durabilité et la versatilité du bois. Ses différentes essences offrent chacune des teintes et des caractéristiques particulières. Ce large éventail m’offre beaucoup de possibilités d’expression.

Crédit photo: Maryse Cléro-Nobrega

Crédit photo: Maryse Cléro-Nobrega

Quelle est l'histoire de l'entreprise S. Chapados?

Alors même que j’étudiais encore en ébénisterie, j’avais déjà le souhait d’utiliser autant que possible le bois massif dans mon travail et de mener mes projets de la conception jusqu’à la réalisation. Une fois mon diplôme obtenu, j’ai eu l’opportunité de travailler pour un artisan-rempailleur, auprès de qui j’ai appris différentes techniques de tressage traditionnel.

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Parallèlement à cet emploi, ma volonté de création m’amène à enregistrer mon entreprise S. Chapados. Je réalise des meubles actuels aux lignes épurées pour lesquels j’intègre souvent des méthodes de tressage plus traditionnelles. Dans d’autres cas, je vais faire appel à des techniques modernes, comme la gravure au laser, pour évoquer de façon plus subtile certains motifs de cannage ou de tressage. En intégrant ces tressages à du mobilier contemporain, je cherche à réactualiser un savoir-faire traditionnel québécois.

J’utilise plusieurs modes de distribution qui me permettent de rejoindre différentes clientèles. Certains de mes produits se retrouvent en consignation dans des boutiques spécialisées comme Espace Pépin à Montréal ou la boutique du MNBAQ à Québec. J’utilise également la plateforme Etsy avec laquelle je rejoins notamment une clientèle dans le reste du Canada et aux États-Unis. Enfin, ma participation à différents salons de métiers d’art m’offre l’opportunité d’échanger avec ma clientèle sur mes techniques et l’ébénisterie en général. Ce que j’apprécie particulièrement. Outre la production de mobilier et d’accessoires, j’enseigne également à l’lnstitut Québécois d’Ébénisterie (IQÉ). 

Crédit photo: Maryse Cléro-Nobrega

Crédit photo: Maryse Cléro-Nobrega

Selon vous, quelle est la réalité d'une femme œuvrant dans l'ébénisterie?

Présentement, étant travailleuse autonome, ma réalité n’est pas vraiment différente de la réalité de mes collègues masculins. Par contre, des expériences antérieures de travail dans des «shops» d’armoires de cuisine m’exposaient à une réalité différente avec son lot de remarques stéréotypées.

Ma principale difficulté, en tant que femme, mère de famille et entrepreneure, est le fait que mes journées de travail soient écourtées. Cette difficulté est largement compensée par la richesse personnelle que m’apportent mes enfants et l’inspiration qu’ils m’insufflent!

Je tente de trouver un équilibre entre ma vie personnelle et professionnelle et d’être très concentrée lors de mes journées de travail. Le soutien de mon conjoint dans mon projet d’entreprise et dans l’organisation familiale est essentiel.  

Y'aurait-il des moyens d'améliorer la situation des femmes entrepreneures?

Je milite pour des journées de 48h! Plus sérieusement, je pense que le principal moyen d’améliorer la situation des femmes entrepreneures est le soutien du conjoint dans le projet entrepreneurial. Ce soutien peut se traduire de différentes façons, afin d’alléger la conciliation travail-famille. 

Crédit photo: Maryse Cléro-Nobrega

Crédit photo: Maryse Cléro-Nobrega

Quels sont vos projets à venir?

J’ai plusieurs projets en cours dont une collaboration pour la réalisation d’une série d’objets uniques avec la quincaillerie culinaire la Folle Fourchette et une autre avec un hôtel de Québec. Les prochains mois seront également occupés par les cours que j’offre à l’IQÉ. Parallèlement à tout cela, je souhaite me lancer dans une nouvelle phase de conception pour élargir ma gamme de produits. Enfin, le salon nouveau genre arrive à grands pas puisqu’il se tiendra début décembre à Québec. Un beau mélange entre création, production et enseignement!

S. Chapados

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