Nathalie Bilodeau, cofondatrice de Rebelle des bois - Baron Mag
«Au départ, on avait plusieurs idées pour Rebelle des bois. Finalement, c’est devenu une collection de bijoux en bois. On avait aussi l’idée d’être une vitrine pour d’autres artisans.»

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En collaboration avec l'École d'ébénisterie d'art de Montréal.

Depuis maintenant dix ans, Rebelle des bois, un atelier-boutique situé au Saguenay, conçoit des collections de bijoux utilisant le bois comme matériau principal. La boutique sert également de vitrine pour plus de 60 artisans québécois qui y exposent leurs créations.

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Quel parcours vous a mené vers l’ébénisterie?

C’est le travail manuel qui m’a attiré au début; j’ai toujours beaucoup fait les choses par moi-même dont la couture et mes propres plans pour la construction de ma maison. J’avais envie de fabriquer des choses. Au début, j’avais tout simplement envie de suivre un cours d’ébénisterie. Je pensais plutôt prendre ça le soir, mais finalement, j’ai choisi d’aller faire mon cours d’ébénisterie au cégep. J'ai donc fait le cours complet d’ébénisterie de 3 ans au cégep à Alma. Par contre, lorsque j’ai fait mon cours, ce n’était pas du tout dans mes plans de travailler dans ce domaine à l'avenir; c’était d'abord pour mon propre plaisir.

Quelle est l’histoire de Rebelle des bois?

Avant Rebelle des bois, j’ai travaillé dans le domaine de l’ébénisterie pendant quelques années, surtout comme travailleuse autonome. Quand j’ai déménagé à l’Anse Saint-Jean, les clients se situaient plus à l’extérieur puisque c’est un petit village. C’est à ce moment que j’ai commencé à penser à faire autre chose. Claudia Labrèche, la cofondatrice de Rebelle des bois, était gérante d’un bistro dans le village et pensait, elle aussi, à se trouver autre chose. 

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On s’est rencontré en enseignant des cours de ski au Mont Édouard. Nous nous sommes ainsi partagé nos projets respectifs, puis j’ai fait quelques petites rénovations chez elle. C’est par la suite qu’on a décidé de partir en affaires ensemble. J’avais également fait une exposition de peinture à son bistro. C’est grâce à elle que j’ai vendu beaucoup de mes toiles; elle est très vendeuse contrairement à moi! Ça fait maintenant onze ans qu’on travaille ensemble et on se complète bien.

Au départ, on avait plusieurs idées pour Rebelle des bois. Finalement, c’est devenu une collection de bijoux en bois. On avait aussi l’idée d’être une vitrine pour d’autres artisans. Quand on a commencé, c’était tout petit; on avait nos bijoux et on présentait les créations de quelques artisans de l’endroit et d’autres qu’on rencontrait dans les salons de métiers d’art. Bien que le projet ait grandi, le concept a toujours été de créer un atelier-boutique.

Comme c’est un produit qui est petit, nous avons un atelier où nous faisons la création et la construction des pièces des bijoux, mais le montage se fait dans la boutique. Cela permet d’être ouvert tout au long de l'année, même si nous n’avons pas de clients.

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Quelle est la réalité d’une femme œuvrant dans l’ébénisterie? Vous êtes-vous heurtée à des difficultés en tant que femme entrepreneure?

De mon côté, je n’ai pas vraiment rencontré de difficultés reliées au fait que j’étais une femme. J’ai longtemps été travailleuse autonome; je n’ai jamais vraiment travaillé dans une grosse entreprise d’ébénisterie. Au Canada, on retrouve beaucoup plus de grosses industries avec des productions plus importantes, contrairement à l'Europe. Si on veut être plus « puriste » dans l’ébénisterie, on finit souvent seule ou avec une très petite équipe puisque le milieu est très restreint. Aussi, les hommes du milieu m’ont toujours respectée. Je pense que je démontrais bien que j’avais les connaissances nécessaires pour bien faire mon métier.

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Je ne me suis donc pas heurtée aux stéréotypes négatifs entourant la femme et le domaine du travail manuel. Au contraire, je crois que je recevais plus de commentaires étonnés, mais positifs, que du dénigrement. Dans le domaine, je vois de plus en plus de femmes, l’ébénisterie étant un travail de minutie. Je crois qu’un domaine demandant un travail plus physique comme la menuiserie serait plus sujet aux stéréotypes que l’ébénisterie.

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Selon vous, y aurait-il des moyens d’améliorer la situation des femmes entrepreneures?

En région, c’est très différent que dans une grande ville, la compétition n’étant pas la même. Ici, on est conscients du milieu qui nous entoure puisqu’il est très petit; on sait que si on décide de créer une entreprise, c’est parce qu’il y a de la place pour celle-ci. 

Personnellement, je n’ai jamais vécu ce que c’était que d’être entrepreneure dans une grande ville avec toute la compétition autour. Dans mon environnement, à Anse Saint-Jean, le fait que je sois une femme ébéniste et entrepreneure n’affecte pas mon quotidien ou du moins, je n’en ai jamais pris conscience.

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Quels sont vos projets à venir?

Pour Rebelle des bois, tout va très bien en ce moment. On travaille beaucoup au niveau du développement de produit. Claudia, c’est quelqu’un qui a toujours beaucoup d’idées et de projets. C’est aussi pour cette raison que j’aime beaucoup travailler avec elle et exécuter les projets qu’elle me présente. On a donc plusieurs projets à venir avec Rebelle des bois. Je chéris beaucoup l’idée de recommencer à faire des meubles, mais ça risque d’être plus pour moi-même pour le moment. 

Rebelle des bois

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