Chaque année, pendant les FrancoFolies, le concours-vitrine L'Étoile montante Ford donne la chance à plusieurs auteurs-compositeurs-interprètes émergents de se faire remarquer, prix et prestation sur scène l’année suivante en résultant. Nous avons posé quelques questions au grand gagnant de cette dernière édition, Jean-Michel Fontaine.

Programme B

Jean-Michel Fontaine est un passionné des mots dont l’univers se situe entre le rap et la poésie. On a discuté avec lui de son souci de mettre des mots sur les situations, de slam et de l'amour inconditionnel qu'il porte à la langue française. Rencontre avec un mélomane qui chérit la musique depuis plus d'une décennie.

Comment pourrait-on définir ton style musical? Ton empreinte fait beaucoup penser au slam, même si tu sembles te définir comme musicien de rap/hip-hop…

En fait, la poésie est au cœur de tout ce que je fais! Ça fait 13 ans que j’écris des textes et j’écris vraiment chaque jour. Je ne veux pas nécessairement avoir l’étiquette de rappeur ou d’artiste pop, non, je suis un musicien dans l’âme avant tout, et tous les styles m’intéressent. J’ai fait justement beaucoup de slam car ce sont les mots qui sont mis en valeur avec un rythme. Les deux se marient tellement bien. Et le rap c'est un milieu où tu peux communiquer beaucoup, où tu peux jouer avec la rythmique, c’est simplement l’univers parfait où poésie et rythme se retrouvent ensemble. Mais encore une fois, j’essaye de rester large, de ne pas être coincé dans une étiquette et faire converger plusieurs styles pour aller au-delà des standards.

Quand as-tu commencé à faire du slam?

J’ai commencé à faire du slam en 2007, à la scène du Tremplin à Sherbrooke, qui est extraordinaire, très accueillante et vivante. On m’a dit de venir essayer mes textes et là je suis tombé en amour avec la scène et le milieu. Ils appellent ça la «slamille»! Tous passionnés de la langue française, comme moi.

Tu dis avoir une production très prolifique en matière d’écriture. Quels sont les sujets qui t’inspirent?

Plutôt des causes sociales. Au début c’était tout ce qui était non-dit à l’intérieur de moi, je ne parlais de moi en tant que tel, mais davantage de ce qui me faisait réagir, ce que j’avais envie de dénoncer. C’est une manière aussi de me conscientiser à plein de causes, je peux nommer l’intimidation, le suicide, les troubles alimentaires, l’environnement, l’itinérance, le racisme; le vivre ensemble, pour nommer cela en termes positifs... 

As-tu choisi de participer à ce concours parce qu’il est rattaché aux FrancoFolies?

Ah oui! C’est pour moi le concours le plus pertinent et à propos de la langue française. Ça a toujours été des beaux et grands spectacles les Francos. C’est un rêve qui se concrétise de pouvoir monter sur la scène du festival en 2018, quelle belle chance…

Crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin

Crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin

Tu vis à Drummondville et tu es enseignant dans la vie. Y vois-tu un lien avec ta carrière de musicien?

Totalement! L’enseignement ne se fait pas qu’à l’école et à travers la musique on peut partager des valeurs, on peut connecter. C’est un lieu très privilégié car on va toucher l’intimité des gens. Si les mots que tu utilises résonnent pour cette personne, c’est un immense privilège. J’aime cette énergie du partage. Le volet enseignant et musicien ne sont pas si éloignés que ça! Quand tu mets un crayon dans les mains des étudiants, ils en ont des choses à dire eux aussi! J’aime beaucoup utiliser l’expression «panser les maux», c’est cohérent avec tout ce que je fais.

En plus d’avoir gagné un prix en argent pour tes projets musicaux et de préparer un show de 60 minutes pour les prochaines FrancoFolies, as-tu eu déjà quelques retombées suite à ta victoire?

Oui, j’ai joué pour la Fête nationale du Québec à Montréal tout de suite après le concours, donc c’était assez majeur. Ça m’a apporté des contacts, de la reconnaissance. Je sens qu’il y a des portes qui s’ouvrent. Ça m’a donné aussi de la confiance et une drive supplémentaire, un peu comme une confirmation «ok j’ai les moyens de le faire, je peux le faire». Il y avait aussi des musiciens qui étaient là pour jouer les pièces live lors du concours et j’ai aimé cette ambiance, car le monde semblait très ouvert à travailler ensemble. J’aimerais idéalement avoir un band, un groupe officiel.

Justement, tu parles de te lancer et de mettre sur pied ta propre formation. Es-tu en train de travailler à sortir un album prochainement?

Je travaille avec Chafiik, qui est derrière la musique de Loco Locass. J'ai déjà beaucoup de chansons d’abouties avec lui et on est rendus au stade où pour continuer à collaborer et faire un album, ça prend un financement et une rémunération! Mais on a présentement un projet en cours avec Fred Simard sur des pièces réalisées avec Chafiik. Je travaille également avec un producteur de beat, Dj Horg, et reste ouvert à collaborer avec tout artiste qui voudra me présenter son matériel. Si ça clique et que ça m’inspire, c’est bon!

En ce moment, je suis en écriture et en enregistrement studio. Je vais sortir un EP solo bientôt!

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En attendant de pouvoir découvrir le premier EP de Jean-Michel Fontaine, et histoire de se préparer tranquillement pour les Francos de l’année prochaine, vous pouvez écouter certains de ses morceaux sur son bandcamp

Crédit photo en-tête: Frédérique Ménard-Aubin