«Vive l’art»! La 57e Biennale de Venise célèbre cette année la figure de l’artiste en lui offrant la liberté totale de réinventer le monde.

La joie de créer et de vivre l’art, voici la thématique, intitulée «Viva Arte Viva», que célèbrent les 120 artistes participant à cette édition venus de 51 pays différents. 103 de ces créateurs n’ont encore jamais pris part à la biennale, ce qui confère à l’événement une atmosphère particulièrement festive, de la fraîcheur et de l’enthousiasme.

La Biennale est une occasion de réunir des artistes dispersés dans le monde entier et de prendre le pouls de la situation artistique générale. Quelles en sont les tendances, les enjeux? Que souhaitent aujourd’hui exprimer les artistes figurant pour la première fois à cet événement et comment?

L’art, sa raison d’être, et l’artiste sont au centre des questionnements cette année. Les expositions figurant dans neuf pavillons aux noms poétiques (le pavillon des joies et des peurs, celui des couleurs, de la terre et des chamans) présentent ainsi des chapitres d’un même ouvrage qui reflète la complexité des pratiques et des approches artistiques, ainsi que celle du monde contemporain entourant l’artiste.

L’exposition est d’ailleurs organisée comme un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur de l’individu, explique dans son introduction à l’exposition la commissaire française Christine Macel. Les artistes abordent diverses thématiques telles que l’écologie, la spiritualité, l’organisation et la valeur de la société, la féminité et la sensualité, le temps et l’infini à travers différentes matières et structures, dessins et gravures, installations.

Série de peintures "Our Naufrage 1-10" de l'artiste montréalaise Hajra Waheed

Série de peintures "Our Naufrage 1-10" de l'artiste montréalaise Hajra Waheed

Le Canada participe pleinement à cette fête artistique. Il est cette année officiellement représenté par l'artiste conceptuel et multimédia de Vancouver Geoffrey Farmer, mais également par d’autres comme Jeremy Shaw, originaire de Vancouver et lauréat du prix Sobey 2016, la Montréalaise Hajra Waheed et de façon posthume le graveur inuit de Cape Dorset Kananginak Pootoogook.

Une lithographie de l'artiste inuit Kananginak Pootoogook

Une lithographie de l'artiste inuit Kananginak Pootoogook

Le pavillon canadien est par ailleurs transformé cette année en grande installation nommée Une issue à travers ce miroir par Geoffrey Farmer. L’artiste a fait enlever le toit du bâtiment construit en 1958, ainsi que les parois vitrées de la façade. Il symbolise ainsi l’ouverture retrouvée de son pays dans une ère où les frontières et les esprits se ferment de plus en plus. Mais cette installation évoque également le vécu intime de l’artiste, inspirée par le passé et les souvenirs de sa famille. Au centre de l’installation jaillit une fontaine reproduite de la cour intérieure du San Francisco Art Institute où le jeune Geoffrey Farmer a jadis étudié. L’eau retombe sur des planches en bronze qui rappellent l’accident qu’a subi en 1955 le grand-père de l’artiste alors que son camion chargé de planches en bois a heurté un train. Il a survécu, mais est mort quelques mois plus tard. L’homme n’échappe pas au destin et à l’imprévisible de la vie…

L'installation "Une issue à travers ce miroir" par l'artiste canadien Geoffrey Farmer

L'installation "Une issue à travers ce miroir" par l'artiste canadien Geoffrey Farmer

Voici quelques exemples d'oeuvres qu'il sera possible de voir durant la Biennale 2017:

57e édition de la Biennale de Venise

jusqu'au 26 novembre 2017

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