«On entre dans un processus de culture pour tous, par tous» - Lucas Perrot et Clément Samko de The Blue Corner Lounge - Baron Mag

«On entre dans un processus de culture pour tous, par tous» - Lucas Perrot et Clément Samko de The Blue Corner Lounge

The Blue Corner Lounge, TBCL pour les intimes, a vu le jour à Bordeaux, en France, en 2014. Le webzine, qui se concentre sur les actualités et les événements dans le monde de la musique et cinéma, a déjà une résonance importante dans son coin de pays. Comment c'est, avoir un webzine à Bordeaux? Entrevue avec Lucas Perrot et Clément Samko.
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«The Blue Corner Lounge est parti d’une envie de partager ce qu’on écoutait et regardait, que ce soit en musique (rock, rap, musique électronique) ou cinéma & série. Nous avions aussi une partie lifestyle pour parler de mode ou de lieux qu’on fréquentait», explique Lucas. «À la base, on a vraiment cherché à être le plus éclectique possible, également au sein d'un même domaine, à rassembler sous une enseigne commune tous les secteurs que l'on appréciait. Ça allait donc de la musique au cinéma et séries télé, en passant par une rubrique lifestyle et même des écrits personnels. Comme l'écriture appelle à la diffusion et au partage, on a commencé à relayer nos articles. Ce qui était important pour nous, c'était que les gens lisent ces articles et comprennent pourquoi on avait mis telle ou telle chose en valeur», ajoute Clément.

La mission de The Blue Corner Lounge? Selon Lucas, c'est plutôt simple. «Nous voulons être prescripteur, au sens où, quand quelqu’un vient sur notre site, il sait qu’on lui propose des choses qu’on aime, qu’on écoute, qu’on défend. Au final, c’est comme une ordonnance, tu ne sais pas ce dont tu as besoin, mais tu as une liste de choses que tu peux aimer.» Clément ajoute que l'important, c'est d'offrir du contenu pertinent. «Nos articles sont réfléchis, on ne va pas écrire parce qu'il faut écrire. On prend le temps de découvrir, de cogiter de notre côté pour ensuite le partager à nos lecteurs. C'est une démarche vraiment sincère parce que l'on va prendre le temps d'apprécier un artiste, une sortie musicale ou ciné, et on va inviter notre lecteur à découvrir pourquoi on a fait ce choix, pourquoi on soutient ça plutôt qu'autre chose, pourquoi ça nous tient à cœur de le diffuser.» D'où une sélection très portée sur les coups de cœur: «Nous parlons uniquement de ce que l’on aime. Quand je dis «on», c’est un de nos rédacteurs. On reste sur des coups de cœur principalement», explique Lucas.

Changer le paysage médiatique? Pas nécessairement

Si beaucoup de webzines et de blogues ont pour but de combler un manque ou de présenter une couverture différente, Lucas et Clément admettent que The Blue Corner Lounge ne fait pas partie de ce courant de révolte contre l'ordre établi. « Il n'y a aucune prétention à vouloir bousculer le paysage médiatique. On n'est pas là à sortir un article dès qu'un gros poisson vient de publier quelque chose (sauf si ça nous a interpellé..!). On demeure dans cette ligne directrice sincère et honnête, où l'on va mettre en avant ce qui nous plaît en premier lieu. Il y a forcément des artistes ou des sorties moins connus que d'autres mais, selon nous, ils méritent tout autant d'intérêt et de lumière que les autres», avoue Clément.

Les deux têtes derrière TBCL sont catégoriques: la vague de médias indépendants est importante.

«C’est une excellente chose que les blogues et webzines se développent un peu partout en France, ça montre bien qu'il y a un véritable engouement pour la culture et l'art! Aussi, ces petits médias mettent généralement en avant des personnalités artistiques moins médiatisées et cela crée une dynamique pour valoriser tous les acteurs culturels. Sur Bordeaux, il me semble qu'aucun autre blogue ou webzine ne traite des mêmes sujets que nous et inversement, ce qui montre bien que le spectre culturel qui est exploité se veut le plus large possible. C'est également une voie plus intime et proche pour le public d'accéder à la culture. Les blogues et webzines sont très actifs sur les réseaux, là même où se trouve la majeure partie de leurs publics. On peut directement échanger avec eux, l'interaction est facilitée. On entre dans un processus de «culture pour tous, par tous» qui est vraiment bonifiant pour ce domaine», ajoute Clément.

La scène aujourd'hui

Si les opportunités ne courent pas les rues pour nos artistes québécois, ça semble malheureusement être le même scénario en France: «La musique indépendante est à la fois porteuse de beaux projets, mais elle n’est pas vraiment aidée par les institutions. Sans les associations, les promoteurs et les salles indépendantes, la musique indé n’aurait pas beaucoup de chance de survie. Il faut justement ces petits médias, ces blogues et webzines, ces associations et ces promoteurs pour continuer à faire vivre la musique indépendante», partage Lucas.

Selon Lucas, une des bonnes manières de s'en sortir en tant qu'artiste indépendant est de se faire connaître auprès des personnes pertinentes: «Ne pas baisser les bras, se donner toutes les chances, être au bon endroit au bon moment. Privilégier les médias de niche et les médias de proximité, démarcher des salles indépendantes, ne pas croire que jouer dans des bars est dévalorisant.» Clément abonde dans ce sens: «Savoir se construire un réseau: parfois c'est en parlant à une seule bonne personne plutôt qu'à 10 que tu auras un coup de pouce.»

The Blue Corner Lounge

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