L'histoire de bureau du Dr Nabil Fanous, chirurgien esthétique - Baron Mag

L'histoire de bureau du Dr Nabil Fanous, expert en chirurgie esthétique

«La règle la plus importante, c’est l’élimination. Les gens pensent que pour optimiser leur temps, il faut qu’ils soient efficaces. Je ne pense pas que ce soit le secret.»
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Programme B

Dr Nabil Fanous en compagnie de Léa Clermont-Dion lors du tournage du film Beauté Fatale en juillet 2016

Dr Nabil Fanous en compagnie de Léa Clermont-Dion lors du tournage du film Beauté Fatale en juillet 2016

Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Je suis chirurgien expert en chirurgie esthétique. J’ai fait ma résidence en chirurgie au Canada, puis j’ai continué à l’Université Harvard pour faire une surspécialisation (fellowship) en chirurgie esthétique du visage. Ensuite, j’ai eu une offre de l’Université McGill pour enseigner et j’y enseigne depuis ce temps-là. Je suis maintenant chef de la division de chirurgie plastique du visage et professeur au département cervico-faciale. Je suis aussi directeur de l’Institut canadien de chirurgie esthétique.

Votre emploi actuel:

Chirurgien expert en chirurgie esthétique et chef de la division de chirurgie plastique faciale à McGill.

Tout ce qu’on fait ici, c’est de la chirurgie esthétique. Ça inclut les injections au Botox et autres. Les chirurgies les plus communes que nous faisons dans notre pratique sont celles du nez, le facelift, l’augmentation mammaire et la liposuccion. Après vient le drapage du ventre, des seins, des paupières et l’injection de graisse.

Dans quelle ville:

Montréal

Un mot pour définir quel type de travailleur vous êtes:

Innovateur

Quels outils sont essentiels à votre vie (app, logiciel, etc.)?

Dans mon travail, on fait des chirurgies minimalement invasives, c’est-à-dire: faire le moins possible de chirurgie avec un maximum de résultats. Pour faire ça, il faut utiliser des petites incisions, des petits équipements, etc. J’utilise aussi le site web PubMed. On doit être membre. On y trouve des articles sur les nouveautés médicales des journaux réputés seulement. Si un journal médical est accepté par PubMed, c’est qu’il est respectable.

À quoi ressemble votre espace de bureau?

C’est intéressant comme question! J’aimais beaucoup la vue du Mont-Royal, et un jour je me suis dit: «J’aimerais travailler dans une place où je peux voir cette vue!» Ça fait plus de 20 ans: il n’y avait pas Google Maps ou Google World. Je suis allé sur la montagne, j’ai pris une vieille caméra et j’ai pris une photo de la ville de là, de l’autre côté. Je me suis dit: «Si je peux les voir, ils peuvent me voir.» Il y avait cinq immeubles qui étaient comme candidats. Quand je suis venu ici [au 1 Westmount Square], j’ai dit: «Wow, ça c’est bon!»; cet immeuble est spécial, il a été fait par un monsieur très connu de Chicago [Ludwig Mies van der Rohe]. Il a fait tous les murs en verre et ça fait toute une différence. 

Les compagnies qui ont une belle vue donnent les bureaux avec vue au personnel, alors la salle d'attente à l’entrée n’est pas favorisée. Moi, j’ai renversé ça! J’ai mis les bureaux en arrière, ainsi les clients ont accès à la belle vue. 

J’ai commencé avec un petit bureau et petit à petit, on a grandi et ça m’a donné le temps de faire le design du bureau comme je le voulais. Quand j’ai décidé de faire le bureau, j’ai décidé de faire moi-même le design de mes meubles. J’apprécie le classique, mais je voulais que ce soit moderne, clair et un peu innovateur. Pour les gens qui viennent pour une chirurgie esthétique, c'est mieux que ce soit léger. Des couleurs claires, ça donne de l’optimisme!

Qu’écoutez-vous comme musique en travaillant?

Durant les chirurgies, il y a toujours de la musique. On a 4000 ou 5000 pièces de musique classique et de chansons: des gens que j’aime, mes favoris. J’écoute toutes sortes de musique, à l’exception du rap. Dans chaque style, j’ai deux ou trois favoris. 

Pour la musique classique, j’ai Bach, c’est mon grand favori, mais il y en a plein d’autres. Des opéras, j’aime beaucoup ça, particulièrement Puccini et Verdi. Je suis membre de l’Opéra de Montréal depuis 30 ans, j’écoute aussi des diffusions en direct. Dans la chanson contemporaine, j’ai beaucoup de favoris comme Charles Aznavour et Piaf. Le jazz, j’aime bien, mais je ne suis pas connaisseur: j’aime en écouter pour relaxer. Et puis la musique du monde: je suis d’origine égyptienne, donc j’aime la musique égyptienne, mais j’écoute aussi de la musique iranienne, chinoise...

Avez-vous une façon d’organiser vos journées pour optimiser votre travail?

Oui! Je donne même des cours sur ça à l’université, sur l’optimisation du temps. La règle la plus importante, c’est l’élimination. Les gens pensent que pour optimiser leur temps, il faut qu’ils soient efficaces. Je ne pense pas que ce soit le secret. Le secret, c’est d’éliminer des tâches. Si je lis trois journaux chaque matin, il faut que j’en coupe un, complètement. Il y a des choses que je fais et que je n’ai pas vraiment besoin de faire. Si je veux offrir mon temps pour trois ou quatre organisations scientifiques, je peux l’offrir pour deux. Il y a des choses qui sont faites tous les jours au travail, à la maison, qui n’ont pas besoin d’être faites. On ne va pas les faire faire par quelqu’un d’autre, non: on élimine.

La deuxième chose, c’est déléguer le travail. C’est un art de déléguer. Déléguer, ce n’est pas de donner du travail à quelqu’un. Déléguer, c’est enseigner à quelqu’un comment faire le travail bien et suivre le résultat de près. Ça demande un peu d’investissement au commencement et quelques secondes après à toutes les fois. Ça c’est le secret, ce n’est pas juste de dire: «Je te laisse faire».

Et la troisième chose, c’est de couper les coins. Pas en chirurgie! Par exemple, j’aime beaucoup lire, et je lis beaucoup. Si je lis chaque mot dans un livre, je ne pourrai pas lire deux livres par semaine. La plupart du temps, les vraies idées d’un livre sont dans quelques paragraphes ici et là.

Alors j’ai un système, que j’appelle le système des paragraphes. Quand je lis un livre, je commence chaque paragraphe. Si j’assume qu’il y a de la répétition, je saute à l’autre paragraphe. En commençant, le paragraphe, on peut savoir si ça vaut la peine, si quelque chose d’important va venir. C’est la technique la plus efficace au monde, à mon avis.

Quel est le meilleur ou le pire conseil qu’on vous ait donné?

Le pire conseil, je ne l’ai pas suivi. C’est un conseil qu’on donne aux chirurgiens qui commencent. C’est de charger plus pour que les gens apprécient ce qu’on fait. Charger comme les plus connus en ville. Ça, ce n’est pas un bon conseil parce que les gens ne sont pas stupides. Le marché décide. À mon avis, il faut laisser le marché décider. Ça, c’est ma règle et à mon avis, c’est ça qui m’a aidé. Vous voulez avoir plus, le marché doit venir chez vous: faites un bon travail, des beaux résultats, les gens vont venir plus. Quand on a plus de volume, on peut décider d’augmenter le prix. C’est toujours le marché qui décide.

Et le meilleur conseil, c’était aussi ça! J’avais deux points de vue. Dans les conférences, on disait de commencer fort, mais j’ai eu un autre point de vue d’un chirurgien avec qui j’ai fait mon entraînement à Boston à l’Université Harvard et lui il m’a dit: «Moi, je vous suggère ça.» Ça été le meilleur conseil.

Quelle est votre routine de début et de fin de journée?

Le matin, je me lève à 5h30. À 6h30, je quitte la maison et je vais dans un café pour prendre un café, d’habitude un déca, manger un petit sandwich et lire les journaux. Quand je lis les journaux, j’utilise le système des paragraphes. J’arrive au bureau à 7h45. S’il y a une chirurgie, on commence à 8h, je vois le patient, j’opère.

D’habitude je termine ma journée aux alentours de 17h. Entre 18h à 22h, ça dépend des jours: des fois je vais visiter ma mère, d’autres fois je regarde la télé, les nouvelles, je lis des livres, etc. Toujours entre 21h30 et 22h, j’ai un livre. 

Je fais aussi du sport deux fois par semaine, le soir. J’ai un entraîneur à la maison. J’ai un gym. J’ai décidé, il y 20 ans, qu’aller à un gym, ça ne marche pas. J’ai essayé. Quand je suis fatigué, j’oublie d’y aller. Quand ça ne fonctionne pas, il faut changer l’approche: j’ai donc changé mon approche. J’ai investi, j’ai acheté des machines, j’ai mis ça dans mon sous-sol, j’ai contacté un entraîneur. Pour les dernières 20 années, je n’ai jamais manqué un entraînement, tant que je suis à Montréal. Pourquoi? Parce que je suis pris! L’entraîneur vient à 20h, il sonne à ma porte. 

Mis à part votre ordinateur et votre téléphone, de quel gadget ne pouvez-vous pas vous passer?

L'application Siri pour prendre et envoyer des notes.

Dr Nabil Fanous

1 Westmount Square #1352, Westmount