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Sarah Labelle, directrice artistique et coordonnatrice générale pour le Festival Vue sur la Relève - Baron Mag

Sarah Labelle, directrice artistique et coordonnatrice générale pour le Festival Vue sur la Relève

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Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Bonjour, je suis Sarah Labelle. J’ai 26 ans. J’ai étudié en histoire de l’art et diffusion de l’art à l’UQAM avant de faire un DESS en gestion d’organismes culturels à HEC Montréal. J’ai travaillé pendant 3 ans à contrat sur différents festivals (Festival Juste pour rire, Festival des films du monde, RIDM, etc.) à la production et à la logistique avant d’être engagée l’an dernier comme adjointe au Festival Vue sur la Relève. Depuis juillet, je suis désormais directrice artistique et coordonnatrice du festival. J’ai également entamé une formation (Profession: Diffuseur) offerte par RIDEAU et le Groupe Collegia, et je suis depuis peu gérante d’un artiste connu sous le nom de Tambour.

Votre emploi actuel:

Directrice artistique et coordonnatrice générale pour le Festival Vue sur la Relève.

Festival Vue sur la Relève 

Le Festival Vue sur la Relève existe depuis 1996 et tiendra sa 22e édition du 9 au 20 mai 2017. Il s’agit d’un festival pluridisciplinaire qui présente de jeunes artistes professionnels dans différentes disciplines des arts de la scène. Il est destiné essentiellement:

· À l’intégration professionnelle des jeunes artistes professionnels des arts de la scène dans l’industrie du disque et du spectacle;

· À la promotion et la diffusion de spectacles pluridisciplinaires, conçus par de jeunes créateurs provenant majoritairement du Québec francophone, de la francophonie canadienne et, depuis 2008, de la scène internationale;

· À présenter une programmation qui reflète les tendances artistiques;

· Au développement du public des 18-35 ans.

Depuis 1996, le Festival Vue sur la Relève aura permis à près de 1500 artistes de faire connaître 500 nouveaux spectacles à près de 40 000 spectateurs, dans un cadre de présentation professionnelle optimale. Le festival a ainsi fait découvrir au grand public: Alex Nevsky, Fred Pellerin, Evelyne de la Chenelière, Yann Perreau, Virginie Brunelle, Klô Pelgag, Mélanie Demers, Vincent Vallières, Emmanuel Jouthe, Pierre Lapointe, etc.

 Quels sont les enjeux pour les arts de la scène et les artisans?

Wow! C’est une question vraiment large! Je dirais qu’un enjeu majeur, pour les artistes en chanson/musique principalement, est sans aucun doute le numérique. Toutes les plateformes (Spotify, Deezer, iTunes, Google Play) qui permettent un streaming ou des achats à très bas prix, c’est un enjeu majeur. Je crois qu’il faut cependant arrêter de le percevoir comme seulement négatif ou comme quelque chose qui est en constante compétition avec les modes d’écoute et de diffusion traditionnels. En 2017, on s’en sortira pas si on a comme mentalité qu’il faut se battre contre ces plateformes. Je crois qu’il faut plutôt mieux les comprendre et les légiférer. Les artistes (et même les éditeurs, les maisons de disque, etc.) ont un mal incroyable à bien comprendre la répartition des revenus de ces différentes plateformes et conséquemment de choisir celle qui leur rapporte le plus. Il faut donc trouver un moyen de les réguler, d’en prendre un certain contrôle pour que les intérêts de l’artiste passent en premier. Mais c’est ardu, j’en suis consciente. Il faut également se faire à l’idée que ces artistes font désormais leur argent par le spectacle et non la vente de musique.

Un autre enjeu, pour les arts de la scène de façon globale, est la fréquentation des spectacles vivants. Avec une population vieillissante, c’est un défi d’aller développer de nouveaux publics dès le jeune âge et de le fidéliser (particulièrement les jeunes adultes). Je sais que beaucoup se penchent sur la question mais il n’y a pas de formule miracle. Il faut sans cesse renouveler les stratégies, les approches, les programmations.

Un autre enjeu serait la capacité d’exportation de nos spectacles. Qu’on le veuille où non, un spectacle francophone québécois dispose d’un marché très restreint pour sa diffusion. Rares sont ceux qui sont présentés ailleurs dans la francophonie internationale (Belgique, France, etc.) et les opportunités sont limitées. Un dernier enjeu, bien entendu, au niveau du financement des compagnies de création et des organismes de production et de diffusion. À l’ère des coupures gouvernementales dans la culture au Québec, les arts de la scène et les artistes se retrouvent pour la plupart dans une situation assez précaire.

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