Priscilla Guy, fondatrice de Mandoline Hybride - Baron Mag

Priscilla Guy, fondatrice de Mandoline Hybride

Elle participera au Forum: numérique et arts de la scène de RIDEAU le 13 février, de 9h45 à 10h45, dans la portion Posture Critique: Arts de la scène et technologies.
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Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

Je suis chorégraphe et cinéaste, originaire de Sherbrooke. J'ai étudié la danse contemporaine et les arts visuels avant de fonder ma compagnie à Montréal. Je présente mon travail à l'international depuis quelques années et je suis très investie dans le milieu artistique québécois comme artiste, commissaire, médiatrice, chercheuse et enseignante. Depuis 10 ans, j'ai eu l'occasion de collaborer à différents types de projets convoquant les technologies numériques et la danse.

Votre emploi actuel: 

Je suis la fondatrice de Mandoline Hybride (2007), une compagnie de création montréalaise que je dirige et qui porte mes projets artistiques divers: films, performances in situ, spectacles scéniques multidisciplinaires. Depuis 2015, je poursuis des études doctorales en cinéma à l'Université de Lille 3 en France et je m'intéresse en particulier à l'intersection entre la chorégraphie et l'image-mouvement.

Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre conférence?

J'ai la chance d'intervenir à deux reprises dans le cadre de ce Forum sur le numérique: une première fois alors que j'animerai le panel « Posture critique » qui vise à remettre l'artiste au centre de la discussion lorsqu'on aborde les enjeux du développement du numérique en arts vivants; une deuxième fois comme conférencière au sein du panel «L'oeuf ou la poule?», qui s'intéresse à l'intégration des technologies numériques dans les processus de création en arts vivants.

Quels sont les enjeux pour les arts de la scène et les artisans?

Dans ces deux panels, ma posture sera critique, dans le sens de poser un regard critique sur les impacts du virage numérique dans le milieu artistique. J'aimerais que cette journée puisse servir à jeter un éclairage sur certains angles morts qui occupent la réalité du "numérique" en arts vivants. Ayant moi-même participé à de nombreux projets mariant les arts scéniques et les nouvelles technologies, j'ai touché au potentiel artistique de plusieurs dispositifs innovants et cela m'a souvent enthousiasmée. Toutefois, j'ai aussi observé des problématiques importantes qui sont trop parfois «balayées sous le tapis». Je pense notamment à des questions économiques: qui profite réellement des nouvelles enveloppes dédiées au virage numérique en arts? Ces montants permettent-ils un développement pérenne de ce secteur? Je pense aussi à des questions artistiques: comment sont documentés les projets dans une optique de partage des expertises? Comment créer un langage commun et une hygiène de travail qui sied aux spécialistes du numérique comme aux artistes au sein des processus de création?

Je crois que le défi du milieu des arts vivants est d'embrasser les possibilités du numérique, tout en assurant une vigilance constante quant aux réalités des artistes, leurs conditions de travail et situation économique au sein de ce virage, puisqu'ils et elles sont à la source de toute la chaîne de production. Quels impacts les décisions liées au numérique auront-elles sur la capacité des artistes de la scène à créer, à se ressourcer, à diffuser leurs oeuvres sur le territoire québécois ? 

3 conseils pour les membres de RIDEAU?

1- Identifiez vos goûts personnels en matière de création numérique. Si vous êtes diffuseur, il faut s'initier, c'est crucial. Voyez des oeuvres, renseignez-vous, découvrez vos préférences! 

2- Une fois vos intérêts identifiés, ouvrez-vous à d'autres types d'approches, laissez-vous surprendre par des projets qui peuvent sembler loin de vos préférences, mais qui vous permettront d'adopter un autre point de vue sur la création contemporaine et les nouvelles technologies. 

3- Lorsque vous avez développé un certain sens critique et que vous avez découvert un répertoire large de projets scéniques en lien avec le numérique, mettez ces projets sur la table et identifiez les enjeux (économiques et artistiques) qui les sous-tendent. Demandez-vous quels impacts vos décisions auront sur les artistes et l'équilibre de votre milieu. Évitez de voir le numérique comme une panacée, voyez-le comme une donnée stimulante avec laquelle composer parmi un large ensemble de propositions artistiques.

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Priscilla Guy participera au Forum: numérique et arts de la scène de RIDEAU le 13 février, de 13h30 à 14h30, dans la portion Technologie et création: l'œuf ou la poule? Pour consulter l'horaire complet, c'est par ici.