«Concentrez-vous sur votre art plutôt que sur votre carrière.» - Geneviève Racette, femme à tout faire chez MusicopratiK - Baron Mag

«Concentrez-vous sur votre art plutôt que sur votre carrière.» - Geneviève Racette, femme à tout faire chez MusicopratiK

«Oubliez les médias, les likes sur votre page Facebook, les relations publiques, les maisons de disques, les radios, etc. Commencez par la première étape: faites de la musique. Composez, écoutez de la musique, chantez!»
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Geneviève Racette - Crédit photo: Éva-Maude tc. Photographe

Geneviève Racette - Crédit photo: Éva-Maude tc. Photographe

C'est un peu par hasard que Geneviève Racette s'est retrouvée à travailler chez MusicopratiK, une compagnie qui offre la location de studios de répétition et d'équipement sonore, des services de sonorisation et un point de service pour divers cours de musique. 

C'est en cherchant un studio de répétition avec feu Les Gourmandes que l'auteure-compositrice-interprète est tombée sur l'entreprise à quelques pas du métro De l'Église à Verdun. «Je me suis toujours sentie chez moi au MusicopratiK. Quelques semaines de pratique plus tard, j’ai entendu dire entre les branches qu’ils cherchaient un employé et j’ai mentionné que je me cherchais un travail temps partiel. Je suis fière d’être la première femme employée chez MusicopratiK. J'aime beaucoup travailler là.»

Celle qui s'est fait remarquer par son EP homonyme (mai 2014) et son album Aurores boréales (mai 2016) décrirait comment son emploi actuel chez MusicopratiK? «On fait pas mal tout! Technicien de son, commis, service à la clientèle, etc.» C'est en ayant à cœur de réaliser la mission de l'entreprise que tout le monde met la main à la pâte. «MusicopratiK est une entreprise visant à promouvoir la culture musicale, émergente comme professionnelle, et mettant de l’avant les talents musicaux locaux. Notre équipe travaille à créer un environnement propice à la création musicale et à la collaboration et l’échange entre musiciens de différents backgrounds ajoute Yann Pouliot, un collègue de Geneviève Racette.

Et vraiment, ça ne manque pas. Depuis la fermeture de studios de répétition importants dans les dernières années, comme le Basbin ou le Studio Économik, MusicopratiK a eu droit à une importante vague de popularité. Presque tous les jours, les salles sont remplies de groupes émergents et plus établis, selon un quota d'environ 75% contre 25%. «Ces fermetures font mousser notre chiffre d’affaire, certes, mais il faut surtout voir cela comme un phénomène inquiétant pour l’industrie de la musique au Québec, entraînant des questionnements sur la façon dont celle-ci se porte» indique Pouliot, honnête.

Quand ça se pousse vers (ou loin de) la lumière

Parce que s'il y a moins d'endroits où pratiquer, ça ne veut vraiment pas dire qu'il y a moins d'artistes qui ont besoin d'espace pour créer. Et MusicopratiK est là pour ça, laissant toute liberté aux musiciens. «La scène va mieux que jamais!» lance Racette. «Il y a tellement de talent au Québec, que ce soit francophone ou anglophone. Grâce aux dizaines de bars et salles de spectacles à Montréal, c'est possible de trouver un bon concert, de qualité, n'importe quel soir de la semaine.»

Ce qui nous amène encore au problème de l'offre et de la demande, qui est totalement déséquilibrée en ce moment dans l'industrie de la musique. «C'est extrêmement difficile en tant qu'artiste de la relève d'atteindre le grand public. Les musiciens qui ont fait des concours comme La Voix, Star Académie ou même le Festival de la chanson de Granby ont pas mal plus de chance. C’est difficile pour eux de se lancer avec des artistes moins connus par le public... Mais ça ne laisse pas la chance au public de les découvrir. Le cercle vicieux des médias du Québec.»

Un cercle vicieux qui semble être fortement menacé par la vague de webzines et de blogues, qui ne cesse de faire compétition aux médias plus traditionnels. «Ce sont des médias approchables, motivés et surtout sympathiques. Les blogues et webzines sont souvent intéressés par la culture plus underground. Que ce soit du côté du cinéma, de la danse, de la musique ou autre, ça donne la chance au public de DÉCOUVRIR.. .chose qui ne se fait pas souvent avec les gros médias (on ne donnera pas de noms).»

Dans cette optique, celle qui rencontre des tonnes d'artistes chez MusicopratiK les encourage à oser: «Oubliez les médias, les likes sur votre page Facebook, les relations publiques, les maisons de disques, les radios, etc. Commencez par la première étape: faites de la musique. Composez, écoutez de la musique, chantez! Même si c’est vraiment difficile, concentrez-vous sur votre art plutôt que sur votre carrière. Au bout du compte, c’est le plus important.»