Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM de leur petit nom) en sont déjà à mi-parcours, et pourtant, la deuxième moitié de la programmation regorge des trésors à ne pas négliger. Voici nos suggestions pour bien profiter de ce festival aussi instructif que divertissant.

15 novembre, 18h (et 16 novembre, 18h)

Austerlitz, de Sergei Loznitsa

AUSTERLITZ.jpg

Une réflexion sur le tourisme, filmée à travers des plans fixes mettant en arrière-scène des camps de concentration.

15 novembre, 18h30 (et 16 novembre, 21h)

The Botanist, de Maude Plante-Husaruk, Maxime Lacoste-Lebuis

THE_BOTANIST.jpg

Portrait intimiste d'un passionné de botanique (d'où le titre), bricoleur-ingénieur et professeur passionné, vivant dans un village isolé du Tadjikistan.

15 novembre, 20h30 (et 19 novembre 14h30)

Hissein Habré, une tragédie tchadienne, de Mahamat-Saleh Haroun

HisseinHabre.jpg

Réflexion sur la résilience et les bourreaux, dans un Tchad blessé qui peine à se remettre des atrocités commises entre 1982 et 1990.

15 novembre, 20h30 (et 16 novembre, 18h)

Entre les frontières, d'Avi Mograbi

Entre-les-frontieres.jpg

Le cinéaste Avi Mograbi se penche sur le cas de réfugiés coincés dans un centre de détention israélien dans le désert près de l'Égypte, alors qu'un statut légal leur est refusé depuis plusieurs années. Ils se mettent à jouer sous forme de pièce de théâtre leur histoire, témoignage de la puissance de l'art malgré leur impuissance administrative.

16 novembre, 18h

Rocks in my pockets, de Signe Baumane

RIMP11.jpg

Parcours en animation sur la prévalence de la dépression dans la famille de la cinéaste.

16 novembre, 20h30 (et 17 novembre, 17h30)

Gulîstan, terre de roses, de Zaynê Akyol

8036_GULISTAN.jpg

Comment se conjugue la guerre au féminin? Incursion privilégiée dans le quotidien des combattantes kurdes du PKK avec beaucoup de doigté.

16 novembre, 20h45 (et 18 novembre, 17h)

Speaking Is Difficult, d'AJ Schnack

Speaking-is-difficult.jpg

Une réflexion sur les tueries aux États-Unis, portée à l'image de façon poignante mais épurée.

17 novembre, 18h15 (et 19 novembre, 14h15)

Manuel de libération, d'Alexander Kuznetsov

Manuel-de-liberation.jpg

La lutte pour la liberté de deux orphelines russes qui ont été internées dans un hôpital psychiatrique pour des motifs douteux, un film s'étalant sur plusieurs années.

17 novembre, 18h30 (et 18 novembre, 18h30)

Andrew Keegan déménage, de Justine Harbonnier

Andrewkeegan.jpg

«La plus vieille résidence du quartier Griffintown à Montréal doit être déplacée, projets immobiliers obligent, pour être réintégrée dans une tour moderne, en guise de souvenir du bon vieux temps. Et la voilà qui se promène dans les rues, offrant la vision incongrue d’un toit qui glisse dans la ville. (...). Avec Andrew Keegan déménage, Justine Harbonnier signe un film empreint de poésie et propose une déambulation contemplative qui saisit avec simplicité et humour l’absurdité qui résulte d’un urbanisme guidé par la rentabilité. » (- ACO, RIDM)

17 novembre, 20h30 (et 20 novembre, 17h)

Starless Dreams, de Mehrdad Oskouei

Starless_Dreams_03_300.jpg

On suit le parcours d'adolescentes dans un centre de détention en Iran.

18 novembre, de 15h30 à 18h

Rencontre - Le réel animé décortiqué

réel animé décortiqué.jpg

Clôturant le volet rétrospective Le réel animé, l'un des plus intéressants du festival, le public pourra assister à une table ronde animée par la productrice Julie Roy, où des « cinéastes discuteront des possibilités qu’offre le cinéma d’animation au genre documentaire, et vice versa: de la nécessité de cinéastes d’animation à se confronter au réel au besoin de cinéastes documentaires de faire appel à l’animation.» Un échange qui s'annonce passionnant. 

18 novembre, 17h30 (et 20 novembre, 17h30)

Le goût d'un pays, de Francis Legault

Glles_er_Fred.jpg

Le lien entre le sirop d'érable et l'identité québécoise, avec en prime une discussion entre deux monuments des moments de notre culture: Gilles Vigneault et Fred Pellerin.

18 novembre, 18h15 (et 20 novembre, 20h30)

Raving Iran, Susanne Regina Meures

Raving_Iran_1.jpg

Documentaire musical sur deux djs iraniens (où la musique occidentale et les fêtes sont interdites par la loi), obligés de travailler dans la clandestinité. Lors d'un passage empli de succès dans un festival à Zurich, la question se pose: devraient-ils revenir ou bien rester?

18 novembre, 18h

Allegro ma troppo, de Paul De Roubaix

Allegro_ma_troppo_Paul_de_Roubaix_1962_009.jpg

«Le Paris des années 1960 entièrement filmé en accéléré, grâce à un procédé précurseur du time-lapse. De la frénésie des intersections à celle de la vie nocturne parisienne, une symphonie urbaine inédite et jouissive.» (- RIDM)

18 novembre, 18h (et 19 novembre, 14h)

95 AND 6 TO GO, Kimi Takesue

95_And_6_To_Go_Still4.jpg

La relation entre une jeune femme cinéaste et son grand-père bourru, d'origine japonaise mais habitant à Hawaï, où il est question d'amour, des souvenirs et de la grand-mère décédée mais toujours présente.

18 novembre, 20h

Projet Archipel, de Guillaume Campion et Guillaume Côté

Projet archipel.jpg

Ce qu'en dit le site des RIDM: «Avant Décarie et la Métropolitaine, il y avait les berges, leurs horizons, une mémoire. Aujourd’hui, les rives du fleuve sont tournées vers le futur : ces berges du Saint-Laurent offrent un potentiel unique de développement urbain. Véritable symphonie urbaine, Projet Archipel donne la parole à des politiciens, des visionnaires, des pêcheurs et des rêveurs… À l’aube de la grande célébration du 375ème anniversaire de la ville en 2017, les artistes Guillaume Côté et Guillaume Campion proposent un voyage documentaire sonore à l’intérieur de notre territoire, en trois chapitres : un concert-performance, un webdocumentaire et une application de réalité sonore augmentée. Entendre Montréal et ses berges, autrement.»

19 novembre, 15h30

NUTS! de Penny Lane

NUTS-1 (2).jpg

On vous recopie telle quelle la description du site des RIDM, trop parfaite: «Croisement improbable et totalement réussi entre South Park et Citizen Kane, NUTS! raconte la vie, les œuvres et les multiples arnaques de John Romulus Brinkley, un médecin américain qui prétendit en 1917 pouvoir guérir l’infertilité masculine grâce à une greffe de testicules de chèvres, avant de devenir politicien et propriétaire d’une radio mexicaine. (...) Prenant au sérieux son personnage, le film devient progressivement un hommage touchant au pouvoir de persuasion de ce charlatan qui, comme tout grand artiste, était passé maître dans l’art du récit et s’est brûlé les ailes au soleil du rêve américain.»

19 novembre, 17h (et 20 novembre 14h30)

Madame B, histoire d'une Nord-Coréenne, de Jero Yun

madame-B.jpg

Regard privilégié sur une femme nord-coréenne, devenue passeuse en Chine, et qui cherche à y faire venir ses enfants et son mari, restés en Corée.

19 novembre, 19h (et 20 novembre, 14h)

Un journaliste au front, Santiago Bertolino

Un-journaliste-au-front.jpg

Film de clôture, le cinéaste Santiago Bertolino suit le journaliste Jesse Rosenfeld, spécialisé en zones de conflits. «Un film à ne pas manquer pour mieux comprendre comment les grands enjeux du monde actuel sont interprétés par la presse écrite. (BD - RIDM)»

Des installations à ne pas manquer d'ici à dimanche:

Jusqu'au 20 novembre au Foyer Luce Guilbeault de la Cinémathèque québécoise

Décliner votre identité: une exposition audiophotographique

«Le collectif Art Entr’Elles, réunissant des femmes judiciarisées en réintégration sociale et des artistes professionnelles, et l’organisme artistique Projet Ose présentent une création collective composée de onze autoportraits audiophotographiques. Chaque œuvre exprime une sensation vécue par les artistes à un instant de leur vie perçu comme un moment de transformation. L’image, la voix, les expressions et les mots des créatrices proposent au spectateur une lecture différente de leurs identités, au-delà des apparences et des stéréotypes. Ce projet a été coréalisé avec Sandra Lachance, photographe, et Sarah Lalonde, auteure.»

Jusqu'au 20 novembre à la Place Pasteur

Gifoscope

Le gifoscope est de retour, cette machine permettant de créer mécaniquement une animation s'apparentant au gif animé. Cette année, ce sont les animations de visuelle Martine Dupuis, une finissante de l’UQAM, qui prennent vie sous les coups de manivelle.

Jusqu'au 20 novembre au Quartier général des RIDM

LUX: une installation vidéo de John Blouin

Une ode aux projectionnistes, une profession en voie d'extinction, à travers une installation où fonte et faisceaux lumineux se marient de manière poétique.

RIDM

Jusqu'au 20 novembre

site web | programmation | facebook | instagram

Toutes les images: gracieuseté des RIDM, sauf le compte-rendu dessiné de Manuel de libération: Julie Delporte