Des membres des Pussy Riot de passage à Montréal ce mercredi - Baron Mag
Le groupe d'activistes russes Pussy Riot, qu'on a connu pour ses interventions punk cagoulées et colorées en 2012, a bien évolué depuis. Deux de ses membres seront de passage à la Place des arts mercredi pour une conversation devant public animée par George Stroumboulopoulos.

Programme B

Ce sont Maria Alekhina et Sasha Bogino qui discuteront avec l'animateur de CBC mercredi, au lendemain de la très attendue élection américaine, pour laquelle elles se sont déjà prononcées en faveur de Clinton, puisque Trump se rapproche à leur avis de Vladimir Poutine.

La rencontre se concentrera sur les aspects artistique et humanitaire des Pussy Riot et sera suivie d'une période de questions du public. Ce sera également l'occasion de voir en primeur la bande-annonce d'un documentaire sur l'histoire de la formation Pussy Riot, Act and Punishment, de Yevgeny Mitta.

Sasha Bogino et Maria Alekhina font toutes deux partie de l'agence MediaZona, que cette dernière a fondé avec sa comparse Pussy Riot Nadejda Tolokonnikova à leur sortie de prison. Elles avaient été toutes deux emprisonnées suite à leur performance à la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, qui avait pris la forme d'une prière punk anti-Poutine dénonçant les liens trop grands entre l'État et l'Église peu avant les élections russes.

MediaZona s'intéresse particulièrement aux questions judiciaires russes, notamment aux conditions de détention que subissent les prisonniers, un enjeu qu'ont vécu de près les deux femmes. L'agence emploie, selon une récente entrevue qu'a donné Maria Alekhina à Nathalie Collard de La Presse, 17 journalistes et éditeurs, qui doivent jongler avec une liberté de presse très limitée. Sasha Bogino, qui accompagnera Mme Alekhina lors de la rencontre, est également journaliste pour MediaZona.

Si la fibre activiste d'Alekhina et Tolokonnikova ne s'est pas affaiblie, la direction qu'ont prise les membres du collectif Pussy Riot a divergé. Nadejda Tolokonnikova a poursuivi sur sa lancée musicale - elle a fait paraître dernièrement, toujours sous l'appelation Pussy Riot, une nouvelle chanson, assortie d'un vidéoclip particulièrement critique des politiques de Trump, Make America Great Again - en plus de ses activités à MediaZona, alors que Maria Alekhina a délaissé ce volet pour se consacrer aux activités de l'agence de presse, en plus de s'engager dans une troupe de théâtre humanitaire. Pour elle, Pussy Riot n'est plus un groupe, mais un mouvement plus large, comme elle le mentionne ici à La Presse.

Rappelons les grandes lignes du mouvement Pussy Riot, collectif féministe et activiste à géométrie variable fondé en 2011.

Le 12 février 2012, le groupe attire l'attention médiatique du monde entier en faisant une prestation remarquée de moins de deux minutes dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou. 5 femmes cagoulées y font une prière punk anti-Poutine, et elles seront toutes évacuées par des gardiens de sécurité. Trois d'entre elles sont arrêtées début mars: Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Maria Alekhina, 24 ans, toutes deux mères de jeunes enfants, et Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans. Elles sont condamnées pour "hooliganisme". Si Samoutsevitch est libérée à l'automne 2012, il faudra attendre décembre 2013 avant que les deux premières soient amnistiées par le président Vladimir Poutine, peu de temps avant les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi.

Loin de leur donner envie de se taire, les Pussy Riot font à nouveau une vidéo, début 2014, à Sotchi, dans laquelle elles dénoncent une fois de plus Vladimir Poutine.

Elle prendront part à un concert de Madonna, en mars 2014, et paraîtront dans la troisième saison de la populaire série House of Cards. 

Il s'agit d'un rare passage à Montréal pour l'une des membres du collectif.

UN ENTRETIEN AVEC PUSSY RIOT avec George Stroumboulopoulos

Le 9 novembre au Théâtre Maisonneuve de la Place des arts

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Crédit photo en-tête: AP Photo | Misha Japaridze