«Le média imprimé est de plus en plus difficile. Si l’industrie nous lâche, on tombe. Dans un contexte où notre ligne éditoriale se doit d’être indépendante, c’est un très beau challenge chaque jour.»

Quelle est l’histoire derrière votre magazine?

L’histoire derrière le magazine est assez intéressante car dictée par beaucoup de spontanéité. En juin 2006, je créais le site internet www.bieresetplaisirs.com. Il regroupait plusieurs actualités et chroniques, d’abord proposées par moi, ensuite rejoint par une petite équipe de chroniqueurs. Nous étions 4 passionnés de bières: Dominique Gosselin, Yan Guénard, Sylvain Cloutier et moi-même.

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Se faisant un petit bonhomme de chemin à travers les nombreux spécialistes de bières de l’époque, nous avons acquis une réputation assez rapidement car notre philosophie était d’être proche des brasseurs tout en étant neutre dans leurs choix, leurs plans d’actions et le marché de la bière, sans oublier notre mission première: parler au consommateur en tenant compte de son intérêt mais également de ses connaissances. Ça nous a réussi.

En 2009, j’ai rencontré un jeune éditeur d’un petit journal sur la bière à Québec du nom de Bières et Impressions, Sébastien Huot, devenu aujourd’hui mon ami et partenaire. Nous avons décidé de joindre nos forces et de créer la première publication gratuite francophone à grande échelle. Nous sommes aujourd’hui la plus grande publication francophone sur la bière. En 2016, nous avons décidé d’offrir le premier magazine sur la bière au Québec. On l’a appelé « Bières et Plaisirs Hors Série »

Aujourd’hui, c’est plus de 150 000 lecteurs fidèles qui lisent notre média, sans compter les milliers de pages consultées du site internet.

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Comment décririez-vous votre ligne éditoriale? 

Ayant été élevé dans un milieu journalistique très pointu et très critique, j’ai toujours appliqué le même discours: nous ne serons pas les premiers à annoncer la nouvelle mais nous serons les plus fiables. Je peux compter sur les doigts de la main les erratums que nous avons dû faire depuis 10 ans. C’est notre fierté, on est reconnu comme la référence car ce que nous offrons comme actualité en est une vérifiée, pertinente et neutre. La ligne éditoriale est d’ailleurs très pointue à ce sujet. Nous ne publions pas sur demande mais si cela plait à nos lecteurs.

Aujourd’hui, au milieu des nombreux médias qui proposent une actualité très légère et parfois trop proche du publireportage, nous sommes fiers de ce que nous offrons. Notre équipe de chroniqueurs et pigistes est formée des meilleurs spécialistes francophones du Québec, j’en suis très fier.

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Pourquoi avoir choisi le média imprimé?

En 2009, c’était la catastrophe du côté des médias imprimés. On entendait parler de fermetures, de fusions, de revenus publicitaires en chute libre. Et nous avons décidé de lancer, à l’échelle provinciale, un média gratuit distribué à des dizaines de milliers d’exemplaires. On était complètement fou! J’avais aucune connaissance du monde de l’édition, mais je me suis dit qu’il fallait réussir. Encore aujourd’hui, nous imprimons chaque numéro en prenant des risques, le média imprimé a mauvaise presse mais, si celui-ci est bien fait, il a quelque chose de spécial.

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Quand je vois nos résultats de sondages et que je lis que plus de 95% de nos lecteurs apprécient « très fortement » notre publication et que plus de 80% des lecteurs découvrent de nouveaux produits à acheter, à chaque numéro, je me dis qu’on se doit de continuer.

Et puis j’adore tenir un journal dans les mains. Je suis un grand consommateur de médias électroniques mais l’odeur, le bruit, la texture, la portabilité du papier me procure un feeling incroyable.

Mais le média imprimé est de plus en plus difficile. Si l’industrie nous lâche, on tombe. Dans un contexte où notre ligne éditoriale se doit d’être indépendante, c’est un très beau challenge chaque jour.

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Quelle est la réaction du public? 

Sincèrement, c’est le public qui nous motive et qui nous invite à continuer. Il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive un message de gentillesses et de remerciements.

Nous avons offert à beaucoup de consommateurs au Québec une culture bière à découvrir et à apprécier, c’est le moteur de notre motivation et je profite de cette tribune pour dire merci à tous nos lecteurs. Vous êtes incroyables.

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Quelle est votre stratégie de vente et de croissance? Publicité ou cobranding?

La seule stratégie de vente que l’on a, c’est de s’assurer de sortir un numéro tous les 2 mois. Dans le contexte actuel, c’est un très beau défi. Au niveau de la croissance, en toute honnêteté, si nous augmentons les revenus publicitaires, nous augmentons le nombre de pages et donc l’espace disponible pour parler de bières. Nous aimons ce que nous faisons et continuerons à le faire.

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Quels sont vos projets à venir?

Bières et Plaisirs est reconnu aujourd’hui comme un média pertinent sur la bière. Nous voulons continuer d’offrir une actualité pertinente et reconnue, mais nous allons également diversifier nos activités car notre journal est avant tout un projet de passionnés avant d’être une source de revenu

Nous avons commencé, en 2016, à offrir des activités liées à la bière tels que des voyages, des visites, un tournoi de golf et notre fameux Rallye de la Bière. 2017 sera une année de transition, on se dirige de plus en plus vers un volet formation et éducation. Plusieurs projets sont en cours, mais il est encore trop tôt pour en parler.

Conférence de Philippe Wouters: Un marché en pleine mutation: aperçus et tendances. 

21 novembre 2016 (10 h - 11 h) au Congrès de l'AMBQ

facebook.com/bieresetplaisirs