Julien Venne, agronome

«Je veux que les brasseurs soient fiers des producteurs [de houblon]. Je veux aussi que les brasseurs se rendent bien compte que leur ouverture et leur implication ont permis de faire évoluer rapidement l’industrie du houblon.»
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image : site JulienVenne.com

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Qui êtes-vous et quel est votre parcours?

En 2008, j’ai terminé mes études universitaires à l’Université McGill. Mon baccalauréat et ma maîtrise étaient orientés en agronomie, plus précisément en sciences végétales. En 2009, j’ai été embauché comme agronome et chercheur par le CREDETAO, un organisme à but non-lucratif de l’Outaouais. Cet OBNL est spécialisé dans les projets de recherche et développement (R&D) en agriculture. C’est à ce moment que mon aventure dans le houblon commence: j’ai été en charge d’une étude de 3 ans qui visait à connaître la réponse de 10 variétés de houblon sous les conditions de culture du Québec. Ensuite, les choses ont évolué rapidement. J’ai rédigé un guide de production sur le houblon, fait des voyages de familiarisation en Europe et aux États-Unis, lancé des études de marché, etc. De 2009 à 2014, j’ai vraiment touché un peu à tout ce qui se rapproche du houblon, en plus de m’impliquer dans d’autres projets agricoles en Outaouais.

Votre emploi actuel:

Depuis le printemps 2015, je travaille à mon propre compte comme agronome indépendant. Cette position me permet aujourd’hui de travailler uniquement dans la filière du houblon. J’offre des services-conseils agronomiques aux producteurs du Québec, mais aussi de l’Ontario et des provinces maritimes. Je collabore aussi avec des universités et des centres de recherche pour lancer des projets de R&D. En plus de tout ça, je donne des formations, des ateliers et des conférences.

Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre conférence Houblon et orge: État de la situation au Québec?

La conférence sera scindée en deux parties. Pour ma part, je dresserai un portrait de la culture du houblon alors que M. Rudy Laixhay, président de Pierre du Moulin, présentera la partie sur l’orge brassicole. En ce qui me concerne, je vais présenter des statistiques générales sur l’industrie, en plus de démontrer le dynamisme qui habite ses acteurs. L’idée est de bien expliquer aux brasseurs les accomplissements des dernières années, puisque ces progrès sont tout à fait majeurs. Je veux que les brasseurs soient fiers des producteurs. Je veux aussi que les brasseurs se rendent bien compte que leur ouverture et leur implication ont permis de faire évoluer rapidement l’industrie du houblon.

Avec la croissance des microbrasseries au Québec et dans le reste du Canada, est-ce que la demande en houblon sera trop grande pour l'offre? Quelles sont les solutions?

La croissance des microbrasseries ouvre définitivement des portes aux agriculteurs canadiens. Ce que l’on constate présentement, c’est que les agriculteurs ont déjà saisi un grand pan de cette opportunité. Au Québec, les producteurs pourront bientôt fournir tout le houblon américain que les microbrasseurs consomment, excepté pour les variétés privées qui sont protégées par des brevets ou des marques déposées. Là où il reste de la place pour la croissance du houblon québécois, c’est au niveau de la production de variétés européennes. On en cultive encore très peu au Québec car leur vigueur au champ est souvent moins intéressante que celle des cultivars américains. Toutefois, ceux qui voudront produire davantage de houblon devront explorer les cultivars européens s’ils veulent se diversifier.

 3 conseils avant de se lancer dans la production de houblon?

D’abord et avant tout, il faut comprendre qu’une production commerciale de houblon nécessite énormément d’investissements. Il faut donc articuler son projet avec un bon plan d’affaires. Ensuite, il faut être conscient que comme dans toute autre production agricole, il faut se lancer par passion et non pas simplement en voulant saisir une opportunité d’affaire. Pourquoi? Parce que la culture du houblon requiert énormément de labeur et parce qu’il y a des risques inhérents à la production agricole. Troisièmement, je recommande de bien connaître le marché brassicole et les besoins des brasseurs avant de devenir fournisseur d’intrants. Le houblon est un produit délicat qui doit répondre à de hauts standards de qualité. En plus, le marché brassicole est complexe et il faut bien comprendre comment il évolue si on veut bien positionner un projet de houblonnière. 

julienvenne.com

La conférence de Julien Venne, Houblon et orge: État de la situation au Québec, se donnera le 21 novembre, à 11h30 à la salle 206 AB.