«Il ne faudrait pas être alarmiste!» - Marie-Eve Bourdages, relationniste de presse chez Ste-4 Musique - Baron Mag

«Il ne faudrait pas être alarmiste!» - Marie-Eve Bourdages, relationniste de presse chez Ste-4 Musique

C'est avec beaucoup d'aplomb que Marie-Eve Bourdages répond à mon coup de fil. «Tu me diras si ce que je te dis est correct. Je ne fais pas d'entrevues d'habitude, je les booke!» lance-t-elle en riant.
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Crédit photo: Simon Laroche

Crédit photo: Simon Laroche

La passionnée – qui a d'abord fait des études en histoire de l'art avant de s'investir dans la musique – a toujours su qu'elle voulait travailler dans le domaine culturel. Surtout à aider les artistes à aller le plus loin possible dans leur carrière.

C'est après des études en communication que Bourdages s'est vue offrir un poste à feu ZIQ.ca, une plateforme de musique en continu d'Archambault. «Dans mes temps libres, je me suis mise à faire des relations de presse pour des groupes hyper émergents. Des artistes qui n'avaient pas nécessairement l'argent pour ça. Je le faisais pro bono.» Parce qu'un des grands plaisirs de la mélomane est de permettre à des musiciens d'atteindre leur plein potentiel. «J'aime amener des artistes ailleurs. C'est vraiment le fun de travailler sur un projet qui débute. Il faut trouver des moyens originaux d'avoir une belle visibilité. Ça me donne un grand sentiment d'accomplissement.»

Un plaisir qu'elle peut maintenant vivre à temps plein dans son poste de relationniste de presse chez Ste-4 Musique. «Quand ça a commencé à aller moins bien chez ZIQ.ca, j'ai indiqué à Musicor que j'étais intéressée si un poste s'ouvrait chez Ste-4 Musique. Et c'est arrivé: j'ai fait le pont en 2014.» Ste-4 Musique, la «petite sœur» de Musicor, regroupe sous son aile Joseph Edgar, Maritza, Caravane, Clay and Friends, etc. La mission est claire: «Faire connaître des artistes d'un créneau plus émergent ou en développement.»

Comment choisir les artistes avec qui travailler? «Bien sûr, ça va beaucoup avec les coups de cœur. Parfois par contre, on a un énorme coup de cœur, mais c'est moins approprié pour Ste-4 Musique. On se demande vraiment si on peut servir cet artiste-là. On a une vision très réaliste. Vu qu'on est une petite équipe, tout le monde a son mot à dire. Ça donne vraiment l'impression qu'on est sur un pied d'égalité.»

D'indépendant à signé: le rêve?

On le sait: être un artiste indépendant a ses très bons, et très mauvais côtés. En mettant tous les chapeaux – parfois tant bien que mal – le musicien peut parfois manquer de recul sur sa propre carrière ou sur les réalités qui l'attendent, même en parvenant à décrocher un contrat. «Beaucoup ont l'impression que c'est facile quand t'es signé. Certains me disent: ''Ce serait bien de faire Belle et Bum!'' Je leur réponds que j'adorerais qu'ils puissent le faire, mais que ce n'est pas si simple. Parfois, il faut expliquer. On est plusieurs boîtes à pitcher à des médias qui sont de moins en moins nombreux. On est dans une transition de toutes parts: pas juste au niveau des ventes, au niveau des médias aussi.»

Bourdages souligne d'ailleurs la belle entraide qui existe entre artistes. «Ils sont à la recherche d'outils pour réussir et entre eux, ils s'échangent beaucoup de conseils. Le réseau est super important: ils s'aident, se rencontrent pour échanger.» Qui y vont simplement pour discuter, faire des rencontres ou tout simplement pour entendre, peut-être, the next best thing.

La scène locale, aujourd'hui

Marie-Eve Bourdages l'admet: elle n'adopte pas le discours négatif qui plombe l'industrie musicale depuis quelques (plusieurs) années. «La scène est très vivante et diversifiée. On dit souvent que ça va mal, mais ça ne reflète pas ce que je vois. Il ne faudrait pas être alarmiste! Il y a des projets supers, des gens qui font de la musique pour les bonnes raisons. C'est tout à fait possible d'arriver à ses fins même s'il n'y a pas de contrat de disque. Il y a tellement d'outils!»

Et d'ailleurs, a-t-elle des conseils pour quelqu'un qui rêverait d'occuper son poste? «J'adore mon travail, alors j'avoue que j'aurais tendance à dire: go! C'est certain que je serais positive. Et surtout, de ne pas trop adopter la vieille école. Il faut ouvrir ses horizons, faire preuve de créativité. Aujourd'hui, il ne faut plus juste envoyer un communiqué. Il faut aller plus loin.»

*Mise à jour (22 novembre 2016 à 12h28: une phrase a été retirée de la version originale.*