« Je n’ai pas envie de laisser mourir Quebecpunkscene.net. » - Martin Coutu, concepteur de Quebecpunkscene.net

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Quebecpunkscene.net fait partie du paysage musical depuis 1999. C’est immanquable, tout fan de la scène punk a déjà été cliquer de ce côté, question de voir ce qu’il y a de bon au programme dans les prochains jours. Concerts, fiches d’artistes et de joueurs de l’industrie, vidéoclips… Le site collaboratif est une mine d’or d’informations. Collabora-quoi? Collaboratif, dans le sens que tous les artistes, promoteurs et organisateurs d’événements sont invités à ajouter eux-mêmes le contenu sur la plateforme. Entrevue avec le concepteur de Quebecpunkscene.net, Martin Coutu.

Véritable référence en la matière, le site a eu les airs d’un Facebook avant le temps. « Ce serait quand même assez prétentieux de dire ça! (Rires) C’est du web 2.0 hein. Il y a beaucoup de sites collaboratifs. » Celui qui a repris au vol le site de Jean-Philippe McKenzie en 2000 en a fait son bébé: « Je suis tombé là-dessus et je me suis dit qu’il y avait mieux à faire. Aujourd’hui, on est rendu à la septième version du site. Le rêve pour Coutu, qui a étudié en design graphique. « J’ai toujours été proche de la scène punk. Quebecpunkscene.net, ça m’a permis d’allier deux passions: la programmation et la musique. »

Facebook, ce Dieu du web

Très vite, le site a connu un succès impressionnant. « Il n’y avait pas de site similaire. Ça a vraiment attiré les gens. On avait beaucoup de visites. Ça a vite baissé après la création de MySpace. Quand Facebook est devenu populaire, 90% de notre audience est disparue. On a dû trouver d’autres manières d’aller chercher les gens, comme des pages Facebook pour chaque région administrative. » Tout est dans tout, n’est-ce pas?

Virage numérique, le grand responsable? « C’est drôle, je n’ai jamais pensé à la situation de cette manière. J’ai plus vu cette évolution comme une ligne, ou au pire, comme un virage Facebook. Aujourd’hui, quelqu’un peut avoir passé 15 heures sur internet… Et n’avoir été que sur un site, Facebook. Avant, on se promenait davantage. C’est plutôt ça le virage que je vois. »

Une situation difficile, qui n’a pourtant pas découragé celui qui a fondé entretemps Lepointdevente.com et qui en vit aujourd’hui. « Je n’ai pas envie de laisser mourir Quebecpunkscene.net. Je ne me mets pas de limite: je ne fais pas une cenne avec ce site depuis 2000, mais c’est ce qui m’a donné la chance de me faire des contacts dans le milieu. C’est ce qui me permet de travailler dans le domaine aujourd’hui. »

« Il faut innover, être original. »

Lancer un site du genre aujourd’hui, une bonne idée? Pourquoi pas. Seulement, Coutu encourage toute personne qui pourrait caresser ce projet de regarder autour d’elle ce qui se fait. « C’est vraiment important de s’assurer qu’un autre site web ne fait pas exactement la même affaire. Les gens se copient un peu. Et après, certains se plaignent que ça ne fonctionne pas. Il faut innover, être original. »

Martin Coutu prévient tout de même tout courageux qui aurait envie de se lancer dans l’aventure: « Il ne faut pas s’attendre à ce que les organisateurs d’événements s’impliquent autant qu’on voudrait qu’ils le fassent. Beaucoup de groupes créent un événement Facebook et vont baser leur promotion là-dessus. C’est quand même hallucinant! » Apparemment, l’avènement de Facebook n’aura pas eu que du bon…