L'entreprise sociale ÉAU présentait hier la première ferme verticale aquaponique au Québec, où la collaboration entre les poissons et les plantes permet des récoltes maximisées.
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Place Shamrock, à côté du Marché Jean-Talon, deux conteneurs empilés joyeusement illustrés prennent place. Récupérés puis soigneusement réfléchis, ils accueillent maintenant pas moins de 500 poissons, des tilapias, et près de 400 plants de légumes et fruits. La ferme sur deux étages obéit aux principes d'aquaponie, écosystème autonome où les rejets des poissons servent d'engrais aux plantes, qui à leur tour purifient l'eau pour les poissons.

Derrière cet ambitieux projet se trouve l'entreprise sociale ÉAU, pour Écosystèmes Alimentaires Urbains, fondée par Olivier Demers-Dubé et Émilie Nollet. Mme Nollet se consacre à l'écoalimentation et à la lutte contre l'exclusion sociale, alors M. Demers-Dubé se concentre sur l'agriculture urbaine et l'aquaponie. Et comme quoi un tout dépasse souvent la somme de ses parties, ÉAU se consacre activement à développer l'aquaponie en agriculture à travers un système de fermes verticales aquaponiques. La ferme de la Place Shamrock en est la première mouture.

En attendant d'opérer sa première ferme commerciale l'année prochaine, ÉAU a donc créé une ferme éducative, qui est maintenant ouverte au public sur la Place Shamrock, et ce jusqu'au 15 octobre. À travers des ateliers et des visites guidées (l'équipe souhaite en faire 3 par jour), l'entreprise désire éduquer les gens sur l'agriculture urbaine et l'aquaponie. Une autre visée du groupe est de sensibiliser les visiteurs à l'importance de la souveraineté alimentaire à l'échelle du Québec, soit d'être en mesure de répondre à nos besoins alimentaires sans dépendre des produits importés. (Voir l'excellente bande dessinée explicative illustrée par Cathon à ce sujet).

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Pour ÉAU, l'aquaponie s'avère une excellente piste de solution, puisqu'elle permet d'utiliser 80% moins d'eau que l'agriculture industrielle pour une production 10 fois plus productive en terme d'espace. Et c'est sans compter les autres avantages non-négligeables: possibilité de produire 12 mois par année, aucun engrais nécessaire et aucun déchet rejeté dans l'environnement. L'idée est séduisante.

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Parmi les ateliers qui seront donnés, notons une introduction à l'agriculture urbaine ce samedi, donnée par l'organisme Sentier Urbain, qui s'occupe notamment du volet agriculture aux Jardins Gamelin, et des ateliers pour les enfants les mardis.

À visiter quelques fois durant l'été pour constater l'évolution.


ÉAU - Écosystèmes Alimentaires Urbains

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Texte: Maryse Boyce

Photos: Caroline Dostie