Cet artiste montréalais est passé maître dans l'art de lier des éléments de la culture populaire pour faire sourire, grincer des dents ou réfléchir. Exposant régulier orbitant autour de la galerie Fresh Paint et du street art en général, il a également participé à la série d'expositions B5 qui soulignait les 5 ans de Baron. Il répond à notre questionnaire.

Comment en es-tu venu à faire du street art? Quelle est ta formation?

Mon rêve était de créer une série de dessins animés pour la télévision. Vers l'âge de 16 ans, j'ai eu la chance de rencontrer un artiste professionnel qui est devenu mon mentor. Comme mes notes n'étaient pas assez bonnes pour entrer au cégep du Vieux-Montréal, j'ai suivi ses suggestions et je me suis acheté quelques livres pour apprendre le dessin et l'animation. Après 2-3 ans d'études, j'ai commencé à travailler dans ce domaine. Après un certain temps, j'ai réalisé à quel point c'était difficile de développer un projet de série. C'est là que je me suis tourné vers la peinture. Une des premières expositions à laquelle j'ai participé a été plutôt déterminante. C'était en 2011 à la galerie Fresh Paint. C'est à la suite de cet événement que j'ai eu plusieurs opportunités d'exposer un peu partout et de faire des murales.

Comment me décrirais-tu ton style?

Remix, mash-up et pop-art conceptuel.

Sur quoi travailles-tu actuellement?

Un contrat de murale corporative: 5 murs à peindre dans des bureaux, puis éventuellement un sixième qui mesure deux étages de haut.

Quelles sont tes stratégies pour faire voir ton travail?

Je n'ai pas vraiment de stratégie. J'essaie d'appliquer dès que je vois un appel de dossier qui m'inspire.

Quel est ton message?

Je ne pense pas avoir de message particulier. J’aime créer des œuvres qui font à la fois rire et réfléchir.

Qu'est-ce qui t'inspire?

Les gens qui m'entourent, les idées qui m'habitent, la culture populaire, l'actualité, etc.

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Comment Montréal affecte ta façon de créer?

J'ai la chance d'être entouré de plusieurs artistes géniaux, ultra talentueux. Ça m'inspire beaucoup et ça m'encourage à me dépasser.

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Comment décrirais-tu la scène street-art à Montréal?

Variée, prolifique, mais pas assez grande! Il y a encore de la place pour de la nouveauté. Je suis certain qu'il y a beaucoup d'artistes très talentueux qui ont quelque chose à dire mais qui ne se sont pas encore manifestés.

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Un conseil aux jeunes artistes qui souhaiteraient débuter à Montréal?

Oser avant tout, et ne pas avoir peur de faire des erreurs. C'est dommage que ce soit souvent les personnes les plus talentueuses qui doutent le plus d'elles-mêmes.

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi?

J'ai plusieurs projets qui dorment, car j'enchaîne les contrats depuis un certain temps. J'ai hâte de commencer une nouvelle production!

Où te vois-tu dans 5 ans?

Je me rappelle il y a 5 ans, je n'avais même pas commencé à exposer encore. Jamais je n'aurais pu m'imaginer être rendu où j'en suis. Dans cinq ans, je souhaite la même chose; me retrouver dans une situation qui dépasse toutes mes attentes.

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Aurais-tu quelque chose d’autre à rajouter?

C'est extrêmement important d'acheter des œuvres. Pas besoin d'être riche, beaucoup d'artistes proposent des pièces originales à prix abordables... parfois moins cher qu'une reproduction IKEA. On parle souvent des coupures qui sont faites dans la culture, mais on oublie parfois notre pouvoir individuel. Il faut encourager les artistes que l'on aime! :)

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Emmanuel Laflamme | site web | facebook

Crédit photo principale: Fred Dupere 

La galerie Fresh Paint: site web | facebook

Événements à venir à la galerie:

Beaux Dégâts #40, édition 4e anniversaire: 25 mai aux Foufounes électriques. Tous les détails ici.

Marché Fresh Paint: le samedi 28 mai au Théâtre Sainte-Catherine. Détails à venir.