« Moi aussi, j'en ai mangé du beurre d'arachide! » - Jean Surette, directeur général de Musique NB

On découvre les coulisses de l'industrie de la musique au Nouveau-Brunswick.
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Le Nouveau-Brunswick n’est pas seulement la province natale de Lisa Leblanc et Les Hay Babies: c’est aussi le berceau de plusieurs talents. Musique NB l’a bien compris. L’association provinciale de l’industrie musicale est un organisme à but non-lucratif qui se donne le mandat de développer et promouvoir ses artistes locaux. Discussion avec un passionné qui a les deux pieds bien sur terre, Jean Surette.

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Le directeur général de Musique NB depuis maintenant 8 ans a plusieurs points de vue sur l'industrie musicale, et c'est ce qui en fait un atout majeur pour l'association. L'homme a une formation en musique classique, fait partie du groupe Les Païens, au son « jazz/rock/électro instrumental salé par des élans d’improvations bien enracinés dans leur acadie du Nouveau-Brunswick au Canada » depuis 1994, et a donné des cours de batterie durant quelques années. Autant dire qu'en matière de musique, il s'y connaît. Et que l'industrie musicale du Nouveau-Brunskwick n'a plus trop de secrets pour lui. « Moi aussi, j'en ai mangé du beurre d'arachide! »

« Les artistes ont besoin d'un plan. »

Ça tombe bien, puisqu'une des vocations principales de Musique NB, c'est « aider et promouvoir [ses] membres. » Qui sont ces fameux membres? « Il n'y a pas de critères: n'importe qui peut devenir membre. Même des jeunes au secondaire. C'est vraiment pas cher, ça vaut la peine. » Qui dit membres divers dit besoins différents. Comment rester à l'affût de ces possibles demandes? « On envoie régulièrement des sondages, des questions sur les médias sociaux. On a souvent l'heure juste. »

Quels sont les besoins les plus pressants de la plupart des artistes indépendants? Surette n'hésite pas une seconde: « Le plan de carrière. On essaie régulièrement de leur faire comprendre que leur carrière est en fait une petite entreprise. Les artistes ont besoin d'un plan. Où veulent-ils être dans trois ans? Veulent-ils faire de la tournée? En faire une carrière ou garder la musique comme un petit plaisir dans leur vie? » Bien souvent, les musiciens n'ont même pas conscience que ces questions – peu séduisantes, c'est vrai - sont importantes, même primordiales pour bien se lancer dans le monde de la musique. Si plusieurs membres de Musique NB ont de grandes aspirations, ils n'ont pas toujours les moyens de leurs ambitions. Et c'est le rôle de Jean Surette de leur indiquer ce qu'implique leurs choix.

Quitter le Nouveau-Brunskwick, le seul gage de succès?

À l'ère de la musique numérique, est-ce nécessaire de partir vers Montréal – ou ailleurs – pour espérer avoir une carrière digne de ce nom ou même, vivre un jour de sa musique? « C'est clair qu'on veut que les gens restent ici. Mais certains ne réussissent pas, pour plein de raisons. C'est difficile d'aller à Montréal juste pour une gig. Il faut penser au déplacement, à la nourriture, à la chambre d'hôtel... Les artistes qui ont fait de la tournée le savent. D'emblée, certains musiciens réalisent plus comment ça risque de se passer. Certains ont par contre besoin de plus d'informations. »

Surtout que le Québec n'est malheureusement pas connu comme étant le marché le plus facile à percer. « L'industrie est très développée au Québec. C'est normal de protégér ses acquis.Certains artistes ont même plus de facilité à se faire connaître en France, en Suisse... » D'ailleurs, Les Païens ont-ils lancé leur dernier album au Québec, en plus du Nouveau-Brunswick? « Non. (Rires) On a des familles, des jobs, d'autres priorités. Viser le Québec, il faut que ce soit stratégique, ciblé. » Voilà qui répond à la question.

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