Filles Missiles: fendre le milieu artistique avec une féminité tissée serrée - Baron Mag

Filles Missiles: fendre le milieu artistique avec une féminité tissée serrée

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Inspirées notamment par la scène littéraire alternative américaine, Sarah Hébert, Daphné B et Marie Darsigny ont créé la plateforme Filles Missiles, question de rassembler une communauté de femmes autour d'un contenu qui ne soit ni « cynique ni pastoral». On a pu apprécier les écrits de chacune des trois instigatrices dans différentes publications et plateformes (Hébert est notamment l'une des fondatrices de Caresses Magiques, alors que Daphné B publiait le recueil de poésie Bluetiful cet automne). Entrevue avec ces féministes assumées, moins d'une semaine avant le lancement du premier recueil papier.

Quelle est l’histoire derrière votre magazine?
Sara Hébert, Daphné B. et Marie Darsigny se sont un jour réunies pour discuter d’un rêve, un projet éditorial qui rassemblerait des femmes québécoises de la scène artistique, non seulement en rendant visible un travail souvent marginalisé, mais en permettant à ces femmes de tisser des liens entre elles et de collaborer.

Filles Missiles prend son nom d’un recueil de poèmes de Josée Yvon, publié en 1986 aux Écrits des Forges. FM, c’est d’abord un site Web qui diffuse des textes et de l’art visuel. C’est aussi un premier magazine papier qui sera disponible le 23 février 2016.

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Comment décririez-vous votre ligne éditoriale?
S’inspirant de la scène littéraire américaine alternative (alt lit) et de magazines comme Illuminati Girl Gang, nous souhaitons mettre de l’avant un contenu contemporain qui n’est ni cynique ni pastoral, mais qui témoigne plutôt d’un engagement critique avec le paradigme actuel; celui des médias sociaux et de l’ubiquité de l’image.

Pourquoi avoir choisi le média imprimé?
Filles Missiles prend le parti d’investir plusieurs médias, que ce soit le média imprimé ou numérique. Au-delà du débat numérique/papier, la publication d’un magazine permet un autre rapport au texte. Le magazine est un objet que l’on peut collectionner, prêter et faire circuler, une publication qui a aussi sa place en librairie. Finalement, les lancements deviennent prétexte à la rencontre, en réunissant collaboratrices et lectrices autour d’un même évènement.

Quelle est la réaction du public?
Nous recevons beaucoup d’encouragement et d’enthousiasme de la part des femmes et quelques man tears au passage.

Quelle est votre stratégie de vente et de croissance? Publicité ou co-branding?
Notre stratégie de croissance est simple: dominer le monde via le grrrl power!

Trève de blague… Notre premier magazine papier est financé par l’Université du Québec à Montréal, plus précisément grâce à l’AEMEL et l’AECSEL, deux modules du département d’études littéraires. Nous sommes des filles qui veulent rester libres: nous avons donc présentement un site Web sans publicité. D’ailleurs, le but de Filles Missiles n’est pas mercantile. Nous souhaitons stimuler la formation d’une communauté d’artistes femmes, un espace où celles-ci peuvent se rencontrer, échanger et collaborer sur la base d’affinités esthétiques.

Quels sont vos projets à venir?
En vrac: l’alimentation régulière de notre site Web, l’organisation de soirées de lectures et de performances, un deuxième magazine… Filles Missiles, c’est plus qu’une page Facebook que tu likes et qui se meurt dans ton feed: c’est une communauté de femmes qui veulent changer les choses et qui n’ont pas peur de trouver les outils pour le faire.

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