« Prenez votre temps! » - Alexandre Pouliot, fondateur du Groupe Artifice

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Qui a dit que de se faire une place dans l'industrie musicale était un rêve inatteignable? Certainement pas Alexandre Pouliot, qui a fondé en 2011 à Québec Groupe Artifice, sa propre agence de management et étiquette de disques indépendante. Si on pense à un parcours atypique, on peut prendre comme exemple cet homme d'affaires qui a créé son chemin par lui-même, son secondaire 5 et son côté fonceur en poche. Entrevue.

« Je n'ai pas baigné là-dedans quand j'étais jeune, je ne viens pas d'une famille de musiciens... Je suis autodidacte: j'ai appris sur le tas en allant à des formations, en lisant des livres... J'ai vraiment la fibre entrepreneuriale. » C'est en se liant d'amitié avec AUTOMAT - et en devant leur gérant - que celui qui s'est d'abord beaucoup investi dans le hockey s'est tourné vers la musique. « En côtoyant ce groupe-là et d’autres personnes de l’industrie, je me suis mis à apprécier le domaine. Après le management, je me suis mis à toucher au développement, aux relations de presse, etc. »

De son chemin unique, comment a-t-il réussi à intégrer une industrie qui, si elle n'est pas hermétique, est constituée de peu d'élus? « J'ai été un p'tit criss (rires). J'ai toujours été le gars qui avait pas trop d'affaire là. Je pense que ça apporte une certaine fraîcheur dans le milieu. J’ai l’impression que ça motive ceux qui sont passionnés depuis des années et si ça dérange, personne ne me l’a jamais dit. C’est positif de voir des jeunes arriver. » affirme sans prétention le fondateur du Groupe Artifice. « J’ai travaillé fort. Je suis allé chercher tout que j’ai maintenant. D’être sur le terrain, ça m’a permis de me faire une belle expérience. J’ai commencé tôt à faire des projets et j’ai réalisé que j’étais capable d’amener du monde. »

Les sentiers battus? Non merci.

À l’image de sa formation, Alexandre Pouliot se tient loin des chemins conventionnels dans sa manière de travailler. En plus de ne pas penser aux contrats et aux subventions, le travailleur culturel a une manière bien à lui d’aborder son entreprise. « Mon but, c’est de pousser mes artistes le plus que je peux. Je mise sur la confiance, le travail d’équipe. C’est l’essence même du Groupe Artifice: le rapport humain. » Tous les musiciens qu’il aide ont donc un point commun: ils ont développé une relation avec Pouliot avant de travailler avec lui. De qui on parle? AUTOMAT, David Paradis, Geoffroy, Ian Lee, Michael Sea, Pamela Lajoie, Pierre-Luc Lessard… « À la base, je dois aimer le projet. L’idée, c’est qu’on travaille dans la même direction. »

C’est dans cette optique que Pouliot encourage les musiciens à se connaître avant de se lancer dans cette industrie qui va plus vite que son ombre: « La scène indépendante va 200-300% mieux qu’il y a quelques années. Mais ça va vite. Prenez votre temps. J’ai tellement vu de gens se planter parce qu’ils avaient trop hâte de lancer leur truc. Il faut être certain de son projet. Si vous le faites que pour le plaisir, go for it. Sinon, pensez-y. »

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