MTL - Galerie FOFA Gallery / vernissage & lancement de la revue: The Echo Game - Baron Mag

MTL - Galerie FOFA Gallery / vernissage & lancement de la revue: The Echo Game

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FOFA Gallery, Concordia
1515 Ste-Catherine Street Ouest, EV 1-715, Montreal,
https://www.facebook.com/events/942810065812917/

Depuis plusieurs décennies, la Faculté des beaux-arts de l’Université Concordia organise une exposition annuelle afin de présenter les créations de ses étudiants de 1er cycle dans diverses disciplines. Ces dernières années, l’exposition se nommait Combine, reflet de l’approche collaborative entourant l’assemblage des œuvres, la rédaction des essais et la conception du catalogue.

Pour 2016, le titre Le jeu d’écho a été choisi pour illustrer l’éventail d’idées explorées par les artistes. En effet, ceux-ci ont fait appel à la répétition, au rythme et au simulacre pour symboliser l’écho dans leurs œuvres. Ils ont aussi eu recours à l’absurdité, à l’humour et au jeu dans des interprétations originales du portrait, du paysage, du corps et du monument.

L’installation Home (« becail ») d’Annika Steimle et de Rihab Essayh fait référence aux souvenirs fugaces que l’on a de son lieu d’origine. Lorsqu’ils sont déplacés et que le temps passe, les souvenirs du chez soi deviennent détachés, tel un écho déclinant dans le lointain.

Stephen Brace explore la même notion dans ses photographies de paysages portant sur la question de l’identité. L’étudiant y compare le fait de quitter sa patrie à l’expérience du « syndrome du membre fantôme ».

Dans The Land I Can Afford (« une terre à la hauteur de mes moyens »), Jonathan Theroux traite de géographie et de paysage. Au moyen de dioramas et de reproductions esthétiques à l’échelle de tableaux d’affichage, il met l’accent sur nos liens personnels et politiques avec le territoire.

Fannie Gadouas est l’écho de sa mère et de sa grand-mère. Trois générations de femmes sont présentées dans une vidéo au montage complexe. Ce portrait de famille s’engage dans l’absurde obsessif.

Les « anti-portraits » de John Shukin représentent des personnes qui l’inspirent. Ses manipulations numériques, qui transforment des lignes de tirets en formations de vagues, reflètent sa vision affective des personnes qu’il a choisi d’illustrer.

L’écho s’inverse dans la série de photographies de Coey Kerr. L’artiste s’approprie des images commerciales trouvées en ligne et les manipule en chambre noire, jusqu’à ce que leur sens et leurs propriétés esthétiques acquièrent un fini et un format artistiques.

Julie Villeneuve et Jacinthe Derasp ont toutes deux fabriqué des objets d’apparence corporelle familière, mais qui semblent reproduits à partir d’un manuel d’anatomie imaginé.

Terrance Richard offre au spectateur une rencontre amusante en transposant le langage visuel du sport dans le contexte de la galerie.

Jérémie Cyr monte un assemblage inattendu d’objets pouvant créer des sons apaisants grâce à des stimuli auditifs ou tactiles. Amplifiés à l’aide d’un microphone, ces éléments murmurés font doucement écho dans l’espace très public de la galerie.

Luisina Sosa Rey recourt elle aussi au chuchotement et explore l’intimité dans son installation Murmures. Comme en témoigne l’écrivaine Petra Höller dans sa description de l’expérience, « chaque rencontre intime laisse une impression qui est vague; s’en rappeler les détails revient à essayer de réunir les traces d’un souvenir fugace ou de discerner l’origine d’un écho ».

Dans son ensemble, l’exposition dévoile des œuvres physiques et obsédantes qui contemplent le caractère éphémère des choses et le passage du temps (l’écho). On y trouve une charmante combinaison de créations pleines d’esprit et de vitalité qui interpelle le spectateur et l’invite à jouer (le jeu). Cette présentation dynamique des explorations artistiques et des champs d’intérêt contemporains met en lumière la diversité des pratiques et le caractère novateur des approches des étudiants de 1er cycle de la faculté.