« Je pense que je ne pourrais vivre sans artichauts vapeur, chanterelles grillées et cressons de fontaine. » - Émilie Villeneuve, coauteur de Chef de famille - Baron Mag

« Je pense que je ne pourrais vivre sans artichauts vapeur, chanterelles grillées et cressons de fontaine. » - Émilie Villeneuve, coauteur de Chef de famille

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Vous êtes de nouveaux parents? Vous vous posez des questions face aux goûts et dégoûts de vos enfants? C’est exactement sur ce sujet que les deux mamans journalistes Émilie Villeneuve et Clémence Risler ont décidé d’enquêter dans le nouveau livre Chefs de famille. Alors qu'Émilie est aussi l’auteure de deux livres,Moutarde Chou et St-Tite: Une histoire tirée par les chevaux, Clémence est entre autres critique pour le Guide restos Voir depuis 13 ans. À travers Chefs de famille, les deux femmes passionnées de nourriture vont à la rencontre de professionnels du milieu gastronomique ayant des enfants pour comprendre les réalités de chacun. Voici leurs réponses à nos questions.

Quelle est votre relation avec la nourriture?
Emilie : Si je suis 100 % honnête, je dirais que je vis pour manger. Il m’est arrivé de ne pas manger, jusqu’à me rendre faible ou malade, parce que je n’avais pas envie de ce qui s’offrait à moi. Je cuisine beaucoup, tant par nécessité que par plaisir. Je mange de tout. Je ne pourrais me résoudre à une diète stricte. J’aime trop manger ce qui est bon. Point.

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Clémence : Je suis gourmande, oui, mais depuis quelques années, j’ai découvert que mon alimentation influençait beaucoup mon niveau d’énergie et ma santé en général. Même si j’essaie d’éviter certains aliments, le plaisir est toujours au rendez-vous. Pour moi, la nourriture est surtout un prétexte pour se retrouver ensemble. En amoureux, en famille et avec les amis.

Quelle est la relation de vos enfants avec la nourriture?
Emilie : Mon plus vieux, Hubert, s’intéresse plus ou moins à la nourriture. Je veux dire, il adore manger, mais ose peu la nouveauté. Le plus petit, Léopold, est curieux de tout. Goûte à tout. Adore les trucs intenses : moutarde Dijon, citron, kimchi. Et il mange comme un ogre.

Clémence : Augustine, 6 ans, a des goûts plutôt traditionnels: elle aime les nouilles, les nouilles et encore les nouilles. Mais avec le moins de sauce possible. Elle est réticente à la vue d’un nouveau plat et repère le moindre mini-morceau d’oignon et de céleri. Son petit frère de 4 ans, Laurent, lui est tout le contraire : il n’aime pas les pâtes et adore les trucs qui proviennent de la mer: la pieuvre, le poisson (cru) et les huîtres.

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Quelles sont les premières recettes que vous avez appris à faire? Pouvez-vous nous les expliquer?
Emilie : Excellente question. J’ai eu des bases en cuisine très jeune, parce que ma mère donnait des cours de cuisine à la maison. Je pense que la première recette que j’ai apprise est celle des pâtes fraîches que fait mon père sur la grosse machine industrielle ramenée d’Italie.

Clémence : Je me rappelle avoir appris à préparer du riz aux légumes et des biscuits dans mon cours d’économie familiale en secondaire 2. C’est lorsque je suis partie en appartement que j’ai véritablement commencé à cuisiner.

Est-ce que vos enfants aiment cuisiner? Si oui, quelles sont leurs spécialités?
Emilie : Hubert adore faire le tartare de saumon ou préparer le gravlax. Il aime aussi faire les gâteaux, surtout pour casser les oeufs. Léopold, lui, fourre son petit nez partout mais il est encore jeune pour faire autre chose que de mélanger des trucs à la cuillère.

Clémence : Oui, ils adorent cuisiner avec nous. La préparation des crêpes le dimanche matin est un incontournable : chaque enfant a son œuf à casser. Sinon, ils aiment râper du fromage, couper les légumes et inventer des recettes de smoothies.

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Quels sont les aliments dont vous ne pourriez jamais vous passer et pourquoi?
Et vos enfants
?
Emilie : Je pense que je ne pourrais vivre sans artichauts vapeur, chanterelles grillées et cressons de fontaine. Léopold, lui, ne pourrait vivre sans fruits. Hubert ne pourrait vivre dans saumon fumé.

Clémence : Je ne pourrais pas vivre sans poisson et sans fruits de mer. Laurent serait bien malheureux sans yogourt et Augustine ne pourrait pas se passer de… nouilles!

Qu’aimez-vous le plus cuisiner pour votre petite famille/amis ou pour impressionner?
Emilie : J’ai longtemps cherché à impressionner, je l’avoue, mais plus maintenant. Je cherche à rassembler. J’aime donc les plats à partager, les repas à se composer soi-même, les ingrédients au centre de la table et tout le monde se sert.

Clémence : Je me suis rendue compte avec le temps que pour impressionner, pas besoin de faire dans la haute voltige. La créativité en cuisine ne passe pas par des aliments dispendieux ou des préparations laborieuses. Quand je reçois, je mise aussi sur des plats à partager qui nous évitent de multiplier les aller-retour entre la table et la cuisine.

Quel est le pire repas que l’on vous ait servi?
Emilie : Un steak-frite dans un resto attrape-touriste dans le quartier Saint-Germain à Paris. Il y avait des morceaux de verre brisé sur ma viande et le serveur chiant m’a engueulé d’avoir même pu affirmer qu’il ne s’agissait pas de sel. Du grand n’importe quoi. J’étais jeune, j’ai réglé l’addition en pleurant. Plus jamais on ne m’y reprendra.

Clémence : Je ne compte plus les fois où, dans des restaurants, on m’a servi des plats fades et sans personnalité. Pour moi, c’est le comble de la frustration : dépenser du temps et de l’argent pour mal manger.

Je viens manger chez vous ce soir, qu’allez-vous me servir? Comment allez-vous le préparer?
Emilie : Ce soir, là là? Tu vas manger avec mon chum et nos petits, parce que je suis au lancement de Caribou. Il va leur faire des pâtes avec un coulis de tomate que nous avons mis en conserve l’automne dernier. Il y aura des crudités en entrée, une montagne de parmesan sur les spaghettis et pas de dessert.

Clémence :Ce sera soirée fajitas. Tous les ingrédients seront disposés sur la table. Chacun se composera son propre repas. Les enfants feront probablement des mélanges un peu louches, mais on les laissera faire.

Si je vous invite à souper, qu’est-ce que je devrais cuisiner pour vous impressionner et gagner des points?
Emilie : Ce qui gagne mon coeur de foodie, c’est la simplicité et la fraîcheur. Des légumes en saison, pas trop de viande et je suis heureuse, surtout du fait de recevoir une belle invitation!

Clémence : Je suis définitivement comme mon fils: un grand plateau garni de trucs provenant de la mer, très simplement présentés, me ravirait!

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