« En 2015, il faut collaborer! » - Karl-Emmanuel Picard, fondateur de District 7 Production

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Quand on parle musique, on entend souvent parler de vocation, d’appel. Pour Karl-Emmanuel Picard, le fondateur de la boîte de production et de gérance District 7 Production, la passion s’est déclarée très jeune: « J'ai fondé cette compagnie quand j'avais environ 16 ans. À l’origine, mon père est traiteur à Québec pour des artistes depuis 35 ans et je l’accompagnais. J'ai eu la compagnie très jeune et j’ai vite eu envie d'organiser des spectacles. »

Picard se lance alors dans le projet. Et se rend compte que le public est au rendez-vous. « Quand j’ai vu que je remplissais des salles, j’ai vite compris que c’était mon domaine. » Celui qui se retrouve à la tête de District 7 Production depuis plus de onze ans a également été gérant de tournée pour sa cousine Pascale Picard pendant plus de cinq ans. C’est donc fort de ces expériences que le jeune homme se retrouve à travailler avec des artistes de la trempe de Claude Bégin, Joseph Edgar, One Republic, Danakil et de nombreux autres.

« On dirait que les gens sont moins intéressés à sortir qu’avant! »

Picard a beau adorer son métier, il est tout de même conscient des multiples obstacles qui jonchent le chemin vers le succès dans l’industrie musicale. « Quand j’étais jeune, j’allais voir les spectacles dont je recevais les flyers. J’étais vraiment intéressé à voir beaucoup de shows. Aujourd’hui avec YouTube, Facebook et compagnie, c’est plus compliqué pour les artistes de se démarquer. On dirait que les gens sont moins intéressés à sortir qu’avant, puisqu’ils ont tout à portée de la main. »

Une situation qui semble plus problématique à Québec qu’à Montréal, par exemple: « Ce n’est pas toujours facile! Mon point de référence, c’est Montréal. Dans cette ville, il y a beaucoup de petites salles comme La Vitrola, la Sala Rossa. Ça permet d’ouvrir des portes à des artistes de la relève. À Québec, les artistes établis jouent presque toujours au Cercle, à l’Impérial. Ce n’est pas mauvais, mais on essaie de les amener à performer ailleurs, comme au Palais Montcalm, par exemple. Ça permet de faire connaître ces salles au public. »

Dans cette optique, District 7 Production a même décidé de travailler avec Le Cercle, afin de joindre les forces. Voyant qu’ils avaient tendance à travailler sur le même genre de spectacles, le choix s’est fait tout naturellement. « J’aime collaborer avec les gens au lieu de créer une compétition. C’est tellement dur aujourd’hui de faire de l’argent en créant des spectacles que ce serait se tirer dans le pied de ne pas s’allier. Il faudra attendre un peu avant de voir les effets de cette association, mais nous sommes positifs. En 2015, il faut collaborer! »

Quelle vague de webzines et de blogues?

Si les dernières années ont vu naître un nombre impressionnant de blogues et de webzines culturels à Montréal, ce n’est pas le même son de cloche à Québec. « Des blogues musicaux à Québec? Tout de suite, je pense à ecoutedonc.ca. C’est pas mal tout, honnêtement. Sinon, on travaille avec les médias traditionnels. Je peux tout de même dire que je remarque une hausse d’intérêt de la part des radios commerciales. Ils réalisent de plus en plus qu’un artiste doit bien commencer quelque part! »

Dans ce contexte, est-ce un rêve un peu fou de rêver de percer à Québec pour un artiste indépendant? « Non, pas nécessairement. C’est envisageable. Mais il faut pousser ses limites, être original. Plutôt rare que les gens de l’extérieur viennent voir des spectacles à Québec. C’est important de sortir, d’aller à Montréal. Pour se faire voir ailleurs! »

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