« On aime aller vers les sentiers pas encore battus! » - Jeff Beaulieu, cofondateur et gestionnaire d'Hopeful Tragedy Records

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Derrière Hopeful Tragedy Records, il y a un groupe d'artistes qui a sa propre vision de la musique. Your Favorite Enemies, formation indépendante de rock alternatif, a vite réalisé qu'elle ne serait jamais mieux servie que par elle-même.

« On avait des offres, mais on finissait par déchanter assez vite. Pour nous, les corporations, les grosses compagnies, c'était moins intéressant. On a tellement de projets : on voulait se concentrer là-dessus plutôt que de valoriser le commerce » explique le guitariste de la formation, Jeff Beaulieu.

Forts de ces réflexions, les membres de Your Favorite Enemies - Jeff Beaulieu (guitare), Charles “Moose” Allicie (batterie), Alex Foster (voix), Sef (guitare), Miss Isabel (claviers), Ben Lemelin (basse) – ont décidé de fonder une maison de disques en 2006 : Hopeful Tragedy Records. Pourquoi? « On voulait faire notre musique à notre manière. Réinvestir les profits dans nos projets, aller vers des sentiers pas encore battus... Prendre nos propres décisions

De petite maison d'édition très modeste, Hopeful Tragedy Records est devenue une boîte solide qui en plus de s'illustrer internationalement, peut se permettre de soutenir quelques artistes : Salamant, Pinkie, DJ White, Carabine, Biosphere, Osaka Motel, Leeman et de nombreux autres. Un tour de force quand on réalise l'ampleur de la tâche : « On s'occupe de tout, de A à Z. C'est un drôle de défi, surtout en créant à côté! (Rires) Mais on y arrive, puisqu'on a divisé les tâches selon les forces de chacun. »

Demeurer indépendant, oui ou non?
Malgré la décision – qui semblait presque viscérale – de demeurer indépendant en tant que groupe, et donc de créer une maison de disques, comment Jeff perçoit-il l'envie de certains artistes de signer le fameux contrat? « Je comprends tout à fait: en commençant, le budget est presque inexistant. C'est certain qu'en recevant une enveloppe contenant cinq chiffres, le musicien peut s'enthousiasmer, croire que c'est la meilleure décision. Et ce l'est peut-être pour lui. Mais en y repensant à tête reposée, l'artiste va peut-être le regretter. Une partie de sa création sera nécessairement contrôlée. »

Du côté de l'indépendance, ce n'est pas tout rose non plus. « La clé, c'est d'être honnête avec soi-même. Est-ce que l'artiste est capable de travailler de longues heures? De parfois être seul avec sa création, sans trop de recul? C'est pour ça qu'avec Hopeful Tragedy Records, nous sommes allés chercher des partenaires. C'est toujours plaisant de pouvoir discuter avec des alliés, de se donner des conseils, des points de vue différents. On peut aller chercher de l'énergie chez l'autre. »

Une démarche qui peut sembler fastidieuse, mais qui peut apporter des bénéfices considérables : « On fait exactement ce qu'on veut. Dans Your Favorites Ennemies, chaque album est réfléchi, très songé. Chaque chanson est significative et fait partie d'un tout. C'est la liberté de création qui permet ça. L'important, c'est de trouver son propre équilibre. »