Mügluck: incursion toute en couleurs dans un champ des possibles

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Les illustrations de Mügluck foisonnent de couleurs et de détails, comme si une seule page ne pouvait contenir l’imaginaire débordant de la jeune femme née en 1988 en France. Rencontre passionnante avec une artiste inspirée à la carrière florissante.

« L’architecture m’inspire, mais la perspective m’ennuie », annonce celle qui se dit interpellée autant par les bâtiments que par les peintres cubistes et Picasso. « Pour moi, ça va être plus du domaine du sensible: je vais voir un bâtiment, je vais le ressentir, je vais voir des couleurs ou des formes, et puis après je le retranscris. Mais je ne vais pas faire de croquis réalistes. C’est plus une émotion, des associations d’idées. » En résultent des œuvres touffues, géométriques: « Plein de petites choses font partie de mon univers et se retrouvent dans mon dessin. »

Arrivée à Montréal il y a un peu moins de deux ans, celle qui a fait les beaux-arts à Épinal et complété sa formation à Metz avoue que ce changement de décor a marqué un changement décisif dans son art, « comme si j’étais passé d’un film en noir et blanc à un film en couleurs ». Elle qui se consacrait au monochrome, une fois « arrivée à Montréal, ça a été les couleurs, les détails, c’était tout explosé en fait. Ça a vraiment fait un tournant dans mon travail, et c’est pour ça que je ne veux pas partir! » raconte-t-elle.

« Je me sentais bloquée en France par plein de petites choses que je n’avais pas envie de subir ». Considérée trop jeune par les agents d’illustrateurs qui lui recommandent de s’armer de patience en peaufinant son art, elle décide avec son copain de faire le saut pour Montréal, avec en poche une acceptation par la galerie Skol pour une expo.

Peu de temps après être arrivée, elle contacte le New York Times qui retournera son appel peu après. Elle compte à ce jour trois collaborations avec le prestigieux magazine, en plus d’autres belles opportunités professionnelles. « C’est ça qui était drôle: un mois avant, j’avais l’impression que toutes les portes m’étaient fermées en France, puis arrivée ici, j’avais l’impression qu’elles s’ouvraient. »

Mügluck mène sa vie professionnelle avec audace et créativité, n’hésitant pas à contacter les gens qu’elle admire et ceux avec qui elle aimerait collaborer. Dans celles dont elle rêve, du côté des magazines figurent le New Yorker: « c’est un peu l’Everest pour un illustrateur », ainsi que le Reader’s Digest. Parmi les illustrateurs québécois, les noms de Benoit Tardif et Julie Delporte lui viennent en premier, alors qu’elle rêve également de travailler avec des designers de mode comme Atelier b, dont elle admire la démarche.

Une première union des mondes de Mügluck et des photographes Jolianne L’Allier Matteau et Alexandre Chabota vu le jour, et elle souhaite récidiver éventuellement. « J’aimerais ne pas me limiter à l’illustration [éditoriale ou pour la pub]. Je trouve ça tellement bien quand tu sors de ton médium pour réfléchir avec quelqu’un d’autre, à créer quelque chose d’original! » À constater l’étendue des projets qui animent Mügluck, nul doute que les belles réalisations de la part de l’illustratrice continueront d’être au rendez-vous.

Mügluck - site officiel