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Corey Shapiro : des entreprises bien taillées - Baron Mag

Corey Shapiro : des entreprises bien taillées

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Imaginez un moment la scène : un homme dans la cinquantaine portant veston cravate, un étudiant de cégep paumé, un jeune entrepreneur à qui tout réussi, et un adolescent arborant un afro à la coupe rétro, comme Will Smith à l’époque Fresh Prince of Bel-Air. Il se trouve un endroit, à Montréal, où on risquerait de croiser tout  ce beau monde ensemble : le salon de coiffure Notorious Barbershop. Un endroit où tous et chacun peuvent se retrouver pour avoir une coupe impeccable tout en relaxant.

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C’est le tout dernier projet de Corey Shapiro, déjà connu pour le succès qu’obtient sa boutique de lunettes de luxe vintages, The Vintage Frames Company, auprès des stars comme Rihanna, Lady Gaga et Pharell.

Shapiro s’est prêté au jeu pour nous expliquer l’inspiration derrière le concept de ce lieu unique et moderne.

Baron : En regardant ton style, il est évident que le hip hop t’a influencé. Quel est ton premier souvenir de hip hop ?

Corey Shapiro : En fait, quand j’étais à l’école secondaire, c’était un style de musique hautement stéréotypé. Les gens voyaient des personnes qui portaient tel style de vêtement et, automatiquement, ils se disaient : « Oh regarde comment il s’habille, celui-là doit sûrement écouter du hip hop. » Donc on m’a collé cette étiquette, mais au départ, ce qui m’a réellement attiré dans ce style musical, c’était le mouvement d’expression artistique.

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B. : De quelle façon est-ce que cela a influencé ton entreprise ?
C. S. : Notre salon de barbier n’est pas exclusivement un salon de barbier hip hop. C’est une place assez éclectique. Il y a des références, notamment au rapper Notorious B.I.G. vu son lien avec la marque Versace et le fait que nous avons construit l’espace avec beaucoup d’accessoires Versace. Je pensais au fait que cette musique est maintenant jouée dans des établissements reconnus. J’étais justement à Paris, hier soir, je mangeais dans un restaurant huppé et Wu Tang, Jermaine Dupri et autres trucs du genre jouaient à la radio. Je trouve ça intéressant que cette musique soit maintenant acceptée par des gens qui la rejetaient au départ.

D’un autre côté, Versace était la première marque non exclusive qui ne s’adressait pas uniquement à un type de clientèle de luxe. Quand Versace est mort, autant la communauté noire, que la communauté gaie, ainsi que Tupac, Sharon Stone et Silvester Stallone, bref des gens de tous les horizons sont venus lui rendre hommage. C’est dans cet esprit de créer un lieu où tous seraient les bienvenus qu’est née l’idée du salon. On voulait également offrir une expérience que peu de gens, à moins qu’ils soient de grands voyageurs, ont l’occasion de s’offrir.

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B. : Quel genre d’expérience souhaitez-vous créer ?
C. S. : C’est simple, on veut que les gens qui viennent ici prennent le temps de relaxer pour une heure. On veut qu’ils viennent et oublient leurs problèmes pour un instant.

B. : Ton salon accueille son lot de célébrités, qu’est-ce qui les attire selon toi ?
C. S. : Mis à part l’atmosphère, je dirais définitivement le fait qu’on ait les meilleurs barbiers au monde. Scott, Oli et Léo sont de loin les meilleurs. Chacun d’entre eux a ses habiletés distinctes. Ils ont tous leur propre bagage et c’est ce qui donne cette saveur unique à Notorious Barbershop.

B. : Est-ce que tu parviens à traiter tes autres clients de la même manière que tu traites les célébrités ?
C. S. : Pour moi, tous mes clients sont des célébrités. Je ne traite personne différemment. Un rappeur aurait beau faire son entrée ici, je ne veux pas que personne se sente meilleur qu’un autre. On ne commencera pas à déplacer le rendez-vous de quelqu’un pour lui plaire. Tout le monde doit prendre un rendez-vous et attendre son tour.

B. : Quel rôle joue l’art dans ton business ?
C. S. : Un rôle énorme. Les gars qui travaillent chez nous sont avant tout des artistes. L’un d’eux est tatoueur, l’autre peintre et le dernier fait des graffitis, donc l’art joue un rôle important dans leurs vies.

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B. : Te considères-tu plus comme un homme d’affaires ou un artiste ?
C. S. : Un homme d’affaires. Je suis un artiste quand ça concerne le design de ma ligne de lunettes. Pour ce qui est de cette entreprise, j’agis plus à titre d’homme d’affaires.

B. : Penses-tu que d’allier l’art aux affaires relève plus d’un combat ou est-ce que les deux vont bien ensemble ?
C. S. : Ça dépend, les choses sont compliquées quand tu les compliques. Donc ça devient un combat dans la mesure où tu le vois comme tel.

B. : Ton association avec certains membres de la communauté artistique, ainsi que tes diverses réussites entrepreneuriales ont fait parler de toi dans les journaux et tu voyages souvent. D’un regard extérieur, certains pourraient y voir un style de vie glamour. Quel est ton truc pour rester simple au milieu de tout ça ?
C. S. : Ben, en fait, c’est quoi une vie glamour ? C’est ce sur quoi tu mets l’accent dans ta vie. Personnellement le succès n’est pas tant ce que je valorise que ma famille. Ma job est un moyen de rentrer à tous les jours chez moi satisfait et non pas frustré parce que je déteste ce que je fais. C’est le but.

B. : Et ton but d’ici 10 ans, quel est-il ? Où te verrais-tu ?
C. S. : Idéalement, d’ici-là, j’aurai pris ma retraite. Je travaille vraiment fort, donc j’ai juste envie de relaxer. J’ai un fils et je préfère sa compagnie à n’importe quoi d’autre. J’ai plusieurs entreprises, dont une dans l’immobilier, je travaille sur l’ouverture d’un bar à jus prochainement… Peut-être que retraite n’est pas le bon mot, mais dans 10 ans, j’aimerais ne plus avoir à m’impliquer dans de nouveaux projets.

www.vintageframescompany.com
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