«La communauté est très importante.» - Yann Godbout, fondateur de A Billion Records

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A Billion Records, c'est une sorte d'OVNI sympathique qui survole l'industrie musicale. Yann Godbout, l'instigateur, s'est lancé dans cette aventure tout naturellement. « C'est grâce à mon groupe Half Baked que A Billion Records a vu le jour. On a eu besoin de produire nous-même le troisième album. Et depuis, on n'a pas arrêté ». Dans ses rangs, le label indépendant compte aujourd'hui des artistes comme Les Laser Faces, Lucy Loves Lenin, Union General et une dizaine d’autres.

Comment la sélection des artistes a-t-elle été faite? « Encore une fois, de façon naturelle. A Billion Records est devenu une plate-forme pour aider des amis, des musiciens avec qui ont a déjà joué. » On le devine assez vite: c’est une ambiance très familiale qui règne chez ce label. « La communauté est très importante. On est une gang d’amis qui s’entend bien et qui aime travailler ensemble. On collabore avec des gens qui sont déjà impliqués dans le milieu, qui ont des contacts, une expérience. Ça permet une entraide plus forte et solide. » Oui, et les artistes qui voudraient se greffer à ce collectif? « C’est vraiment du cas par cas. Ça dépend de ce que le musicien recherche. Mais j’avoue qu’en étant originaire de Sherbrooke moi-même, j’ai un petit parti pris pour ceux qui viennent de la même région.»

Parce qu’il faut savoir que A Billion Records, malgré son nom évocateur, n’a pas été créé dans une optique de profit. Quand je demande si le label se range dans la catégorie des organismes à but non lucratif, Yann hésite : « Ce n’est pas très clair. Tout l’argent qu’on amasse avec un projet est immédiatement réinvesti dans un nouveau. » Et quels sont les avantages aujourd’hui de travailler dans un cadre comme celui proposé par A Billion Records? «  Il y a beaucoup moins de frustration. On est toujours dans la création, le plaisir. On enchaîne les projets sans se poser de questions. C’est assez trippant, en fait. »

« Il faut faire de la musique par passion. »

Lorsque je lui demande ce qui constitue, selon lui, le premier mur que pourrait rencontrer un artiste indépendant, Yann répond rapidement: «  Le manque d’outils. En général - et je l’espère en fait-, l’artiste joue par plaisir. Ça demande énormément d’énergie et de temps d’enregistrer un album. Quand c’est fait, la plupart des musiciens ont tendance à se dire qu’il n’y a plus d’étapes. Que la sortie d’un opus est une fin en soi. Pourtant, c’est tout le contraire. Il faut ensuite se lancer dans la promotion: à qui faut-il envoyer l’album? Comment? Quand? Ça peut être impressionnant pour un artiste qui ne connaît pas ces aspects de l’industrie. » Que conseille-t-il pour ne pas y rester, dans ce mur ? « Il faut faire de la musique par passion. Être conscient que chaque étape de la sortie et de la promotion de l’album demandera sûrement plus de temps et d’énergie que prévu. Il faut également se fixer des objectifs réalistes par rapport à son budget, ses dépenses, échéances. C’est de cette façon que le chemin risque d’être beaucoup plus agréable. »