« Il faut aider la musique à se propager! » - Marilis Cardinal, attachée de presse chez Arbutus Records

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Ça a commencé dans un loft industriel d'Outremont: régulièrement, on pouvait y voir des groupes de la scène alternative y jouer. Mais à force d'accumuler les amendes, la salle de spectacles improvisée a fermé, laissant place à Arbutus Records. Maison de disques oui, mais surtout communauté artistique regroupant amis et collaborateurs, dont Grimes, Blue Hawaii et Sean Nicholas Savage.

La signature de cette boîte? « On travaille avec nos artistes depuis le tout début. On grandit et on apprend ensemble. » S'il n'y a pas de style musical mis de l'avant par Arbutus Records, Cardinal avance toutefois que ça tourne autour de la pop. « C'est ce qui est inspirant à Montréal: ce n'est vraiment pas rare de voir des mélanges d'électro, de folk, de techno ou autres chez les artistes et c'est ce qu'on recherche chez Arbutus : une liberté créatrice. » Et c'est ce qui fait la force d'Arbutus Records: l'union de plusieurs talents crée un ensemble qui attire beaucoup l'attention.

La maison de disques travaille en étroite collaboration avec ses musiciens : enregistrement, distribution, organisation de tournées, relations de presse, etc: « On veut donner le meilleur service possible! On reçoit plusieurs soumissions, mais on essaie de travailler avec un petit nombre d'artistes parce qu'on est une petite équipe. » Assistant les musiciens avec qui elle travaille à toutes les étapes, Marilis est catégorique : être un artiste indépendant peut être un travail de titan. «Aujourd'hui, les artistes peuvent travailler hors des cadres d'une maison de disques. C'est possible d'y arriver, mais c'est difficile. Il y a tellement de tâches à faire: c'est vraiment un travail à temps plein. Et tu ne peux pas être un expert dans tous les aspects de ce métier. Si un artiste met un excellent album en ligne, mais qu'il accompagne ça d'une campagne de publicité plutôt moyenne, ça peut avoir un gros impact. Il faut aider la musique à se propager!»

Une couverture spécialisée

S'occupant des relations de presse pour Arbutus Records, et pour Blue Skies Turn Black aussi d'ailleurs, Marilis a appris à s'adapter au climat médiatique actuel. « Avec le temps, j'en suis venue à savoir quoi envoyer à qui. Je sais souvent d'avance quel artiste risque d'accrocher un critique. Les journalistes plus conventionnels, qui travaillent souvent dans des médias traditionnels, auront moins tendance à couvrir des albums plus expérimentaux. Dans ces cas-là, je me dirige vers les blogues et les webzines, qui sont souvent plus ouverts, et même très réceptifs, aux artistes qui sortent des sentiers battus. »

Loin de voir la situation d'un œil négatif, l'attachée de presse voit ces deux pôles médiatiques comme des compléments. « Chaque journaliste doit aussi faire une sélection selon son lectorat. Au lieu de perdre mon temps, et de faire perdre celui du critique, je note les préférences. Et quand on sait bien manœuvrer, ça peut donner une couverture très riche. » Artistes indépendants, prenez des notes!