La valeur du crowdsourcing - Baron Mag

La valeur du crowdsourcing

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Le crowdsourcing fait partie de l’ADN de nombreux sites web conçus sur le principe de l’appel à tous afin d’obtenir, financements, produits et services. Si ces nouvelles plateformes web prennent de plus en plus de place, elle on certainement un impact grandissant sur le quotidien de nombreux créateurs et designers alors que des services et activités, traditionnellement réservés à des professionnels sont dorénavant ouverts à tous, professionnels et amateurs. Dans la diversité grandissante de ce type de plateforme, regard sur trois d’entre elles qui touchent directement le domaine créatif.

Le financement participatif

Dans la catégorie des plateformes visant à amasser des fonds pour la réalisation de projets divers, on connaît déjà Kickstarter qui grandit à l’international, mais plus près de chez nous, à Québec, il y a La Ruche. Cette communauté, initiée par le mouvement ‘Ça bouge!’ et dont la mission est de faire rayonner la ville de Québec, propose une plateforme visant à ramasser des fonds pour la réalisation de projets divers, tant créatifs, artistiques, sociaux ou qui visent le démarrage d’entreprises. L’idée est de réunir les efforts financiers individuels pour assurer la réalisation des projets sélectionnés par l’équipe de La Ruche, sur le principal critère de la crédibilité, et préalablement soumis par n’importe quel individu prêt à mener de l’avant son idée. Avoir son projet sur la Ruche, c’est d’une certaine manière, en devenir promoteur, car l’initiateur du projet doit en faire la promotion, que ce soit par un programme de récompenses, par de la diffusion sur les médias sociaux ou autres activités de représentation, afin d’amasser les fonds dans les délais prescrits. La Ruche repose également sur la participation de ses ambassadeurs, de jeunes personnalités de Québec, entrepreneurs, artistes, journalistes, etc. afin de soutenir les promoteurs des projets dans leurs démarches. À titre d’exemple, grâce à la Ruche les organisateurs du Bicycle Film Festival de Québec ont pu obtenir les fonds visés afin d’organiser des activités relatives à l’événement. D’autres utilisent La Ruche pour aller chercher l’argent nécessaire à l’enregistrement de leur album ou encore au démarrage de leur entreprise.

Design de logo

Un exemple touchant davantage les designers graphiques est celui designcrowd.com. Le site a été fondé par Alec Lynch, qui souhaitait opposer au design traditionnel, qu’il dit lent, dispendieux et risqué, un nouveau type de marché plus ‘ouvert’. Ainsi, designcrowd.com, qui regroupe une communauté de plus de 155 000 designers, se définit comme un marché dans lequel de potentiels clients peuvent soumettre à concours leurs besoins en design, soit de logo, de site web ou autre item graphique. À titre d’exemple, un client demande un design de logo pour sa nouvelle compagnie et offre 200$ en ‘honoraires’. Des designers de partout, professionnels ou amateurs, font leurs propositions de design, suivant les commentaires du client durant le temps alloué à la commande, généralement quelques jours. À la fin de cette période, le client choisit le design qui lui convient le mieux parmi les propositions. La personne dont le design est choisi percevra les 200$ prévus alors que les autres n’auront rien. La compétition est grande dans ce type de marché alors que les honoraires sont souvent bien maigres.

Le projet commun

Un dernier exemple, Hitrecord.org, est en fait une compagnie de production œuvrant dans le domaine artistique, que ce soit pour la production de spectacles de variétés, de musique, de livres ou autre. Ici, la communauté ne travaille pas à soutenir le projet d’un particulier ou la réalisation d’une commande d’un client spécifique, mais travaille plutôt en équipe à la réalisation de créations artistiques communes.  Les créateurs ne sont pas en compétition les uns contre les autres, mais plutôt en mode collaboration. Même si on ne se définit pas comme un artiste, il suffit d’avoir une bonne idée de livre, vidéo ou autre, pour lancer une collaboration et un appel aux artistes de la communauté qui s’affaireront à produire du contenu. Professionnels et amateurs peuvent donc participer à la création, en étant tout de même encadrés par l’équipe professionnelle de Hitrecord afin de diriger la communauté dans la vision artistique à suivre, laquelle évolue au fil de la collaboration. Les profits générés par la compagnie sont partagés 50/50, soit la moitié à Hitrecord pour financer les opérations et le site web et l’autre moitié à tous les artistes ayant contribués à l’œuvre ainsi produite. Fondée par l’acteur et réalisateur Joseph Gordon-Levitt, Hitrecord compte à son actif la réalisation de plusieurs courts-métrages, présentés dans de nombreux festivals, la publication de livres et même la production d’une émission de variétés sur la chaîne Pivot, un moyen de diffusion qui permet notamment au mouvement de sortir du web.

La force de ces modèles et du principe du crowdsourcing réside dans le nombre de personnes que chaque plateforme parvient à réunir, mais qu’en est-il de la qualité des créations qui en émanent? Les compagnies de design traditionnelles devront-elles diversifier leurs services afin d’offrir des services dans les plateformes de crowdsourcing?